Mené par un pilote, Big Blank se présente comme le start-up studio d’Air France-KLM chargé de trouver de nouvelles idées pour réinventer la mobilité et le voyage. Mis en place il y a six mois, et lancé officiellement aujourd’hui, le start-up studio se réjouit d’avoir déjà propulsé sur les rails quatre projets, d’en avoir deux en phase de prototypage, deux autres en validation et un en phase de lancement. Et encore une quinzaine d’idées dans les bagages. Revue de détail avec son créateur Hubert Riondel.

Il a la tête dans les nuages. Aujourd’hui il propulse aussi des idées. Entré il y a dix ans chez Air France KLM comme pilote, Hubert Riondel est désormais à la tête de Big Blank, le start-up studio de Air France-KLM. Rythme de croisière à atteindre : « lancer quatre à cinq start-up chaque année. »


L’idée a germé il y a un an et demi. En parallèle de son activité de pilote, Hubert Riondel a pris le temps de reprendre des études à l’ESCP Europe et après avoir mené plusieurs projets innovants en interne, c’est tout naturellement que le pilote se retrouve à mener le train des nouvelles idées. « J’ai cette double casquette, avec un côté proche du terrain, et un côté innovant. » Et depuis juin dernier, Big Blank a pour vocation de recevoir, analyser et concevoir de nouvelles idées pour imaginer le voyage du futur.

Outre le pilote, l’équipe est composée d’une petite douzaine de personnes, tous entrepreneurs. « Pour mettre en route ce start-up studio il nous fallait une équipe ayant une expérience de l’entrepreneuriat, une vision du voyage, une méthode d’accompagnement des entrepreneurs, une connaissance de l’écosystème et une capacité de financement pour supporter les projets. » Côté financement, c’est Air France-KLM qui s’y colle. Sans dévoiler l’enveloppe globale allouée à Big Blank, Hubert Riondel indique que les projets seront soutenus « entre 500 000 et 800 000 euros ».

Partir des problèmes

Pour l’équipe, il s’agit de piloter le processus de création, la phase de prototypage, le développement du produit et des services, de chercher de nouvelles opportunités… Quatre grandes étapes ont été définies : « collecter de nouvelles idées, vérifier le potentiel derrière l’idée (voir s’il y a un marché, une dimension internationale, voir si une start-up peut résoudre le problème…), prototyper pour avoir la preuve de construction d’un produit et d’un business model, et enfin, lancer la start-up et veiller à sa croissance. »

En six mois, déjà quatre projets sont sur les rails avec une équipe et un entrepreneur qui planchent sur l’idée, deux projets sont en phase de prototypage, deux en phase de validation et un est sur le point d’être lancé. « Et nous avons encore quinze à vingt idées en validation », souligne Hubert Riondel. La première entreprise devrait être officiellement lancée au premier trimestre 2019, avant de prendre le rythme de croisière de quatre à cinq créations par an. « Nous autoriserons le pivot, le rebond, certains projets n’iront pas jusqu’au bout, mais en nourriront d’autres. »

Rien d’étonnant à ce qu’un grand groupe comme Air France-KLM recherche l’aide des start-up. Leur agilité, leur innovation et leur capacité à se concentrer sur un problème en particulier sont particulièrement appréciés. Hubert Riondel souligne : « nos projets doivent partir du problème à résoudre et pas de la solution, car le problème est souvent permanent quand la solution peut évoluer. »