En pointe, depuis près d’une quinzaine d’années, sur les thématiques relatives à l’égalité hommes-femmes par l’intermédiaire de son réseau « Accent sur Elles », le géant du conseil dévoile, en exclusivité pour Forbes France, son nouveau programme « Equals by Accenture ». Objectif : impulser une nouvelle dynamique via des propositions concrètes et chiffrées, publiées en parallèle d’un manifeste afin de combattre les stéréotypes et autres clichés en entreprises, et de promouvoir l’égalité hommes-femmes au-delà des murs d’Accenture. Christian Nibourel, Président d’Accenture France et Benelux, a répondu à nos questions.

Pouvez-vous nous esquisser les contours de votre nouvelle initiative « Equals by Accenture » qui s’inscrit dans la droite ligne de votre réseau « Accent sur elles » et que vous lancez en cette Journée Internationale des droits des femmes ? 

Cela fait plus de dix ans maintenant que nous menons des initiatives en faveur de l’égalité hommes-femmes avec, notamment, comme vous l’avez mentionné, « Accent sur Elles » qui est un réseau abritant en son sein plus de 1 300 personnes, que ce soit en interne ou en externe. Avec « Equals by Accenture », nous souhaitons impulser une nouvelle dynamique pour l’égalité et la diversité qui sont, à mon sens, des facteurs d’innovation, de performance et de créativité au sein de l’entreprise. Mais ce programme va au-delà des frontières d’Accenture, et a pour ambition de réaffirmer un certain nombre d’objectifs. Autre volonté, et non des moindres, de cette initiative : peser sur les écosystèmes (formation et éducation) afin de favoriser la diversité et combattre les stéréotypes, notamment grâce à des outils totalement innovants.

Lesquels, par exemple ?


Nous avons recours à la technologie pour répondre aux problématiques relatives à l’égalité et la diversité. Nous avons récemment mis en place un « serious game » en réalité virtuelle baptisé « Gender Swap » pour lutter contre les stéréotypes à l’intérieur de l’entreprise. Ces outils sont notamment testés par nos cadres dirigeants, à titre de formation, avant les entretiens d’évaluation. Le « joueur » va ainsi incarner un manager en ignorant s’il s’agit d’un homme ou d’une femme qui discute avec un de ses collègues de l’opportunité de promouvoir une collaboratrice. Une mise en situation mettant en exergue plusieurs stéréotypes tels que : les femmes n’aiment pas le conflit, elles sont moins enclines à prendre des décisions dans une situation difficile, etc. A l’issue de la partie, le salarié obtient un résultat qui lui permet de constater s’il déjoue les stéréotypes ou s’il a davantage tendance à véhiculer involontairement des clichés sur les femmes. Cela permet de favoriser l’empathie, d’avoir un niveau d’écoute et de recul plus développé par rapport à des décisions qui sont prises dans les réunions « réelles ». Cela nous met face à la réalité.

Quels sont les engagements que vous avez pris pour soutenir cette diversité que vous appelez de vos vœux au sein même d’Accenture ?

La diversité, sous toutes ces formes, est un objectif chez Accenture. Concernant plus spécifiquement la diversité hommes-femmes, nous recrutons, à l’instant T, un peu plus de 39% de jeunes femmes au sein d’Accenture en France. Je souhaite que nous parvenions à 50% à horizon 2020. Mais cela ne dépend pas que de nous. C’est un travail global, au sein de l’ensemble des écosystèmes, qui doit être mené en amont comme je vous l’évoquais en préambule. Par exemple, les jeunes filles représentent moins d’un tiers des effectifs dans les classes préparatoires scientifiques.  L’écosystème de formation ne permet donc pas toujours de remplir nos propres objectifs. Je souhaite également l’instauration de la stricte parité au sein de mon équipe de direction, toujours dans les 3 ans à venir. En revanche, nous n’avons aucun problème d’égalité salariale entre les hommes et les femmes. Aucun écart de salaire à grade égal et à expérience égale chez Accenture. Alors que, selon une étude que nous avons menée au niveau mondial, il y a encore un écart salarial significatif entre les hommes et les femmes : les hommes gagnent en moyenne 40% de plus que les femmes, c’est-à-dire que lorsqu’une femme gagne en moyenne 100 euros, un homme gagne 140 euros.

Au-delà de ces engagements, quelles actions concrètes avez-vous déjà mises en place en faveur de l’égalité hommes-femmes ?

De nombreuses procédures de vigilance existent pour s’assurer de promouvoir, en pourcentage, autant d’hommes que de femmes. Nous avons également mis en place le télétravail pour les hommes et pour les femmes (en vertu de l’accord en vigueur au sein d’Accenture depuis 2010) pour faciliter l’organisation du travail. Nous poussons les hommes à prendre leurs 11 jours de congé paternité avec une prise en charge à 100%. L’objectif primordial, je le répète, est d’avoir à terme autant d’hommes que de femmes au sein de l’entreprise. Outre le fait que nous avons des journées « portes ouvertes » à destination des familles, nous avons beaucoup de réunions et de séminaires sur ces questions à travers notre réseau « Accent sur Elles ». Différentes thématiques sont abordées comme la nécessité de développer son réseau à l’intérieur de l’entreprise, de demander des promotions. Les hommes ont cette propension à réclamer des augmentations, mais les femmes beaucoup moins. Ce qui m’intéresse, dans le cadre de cette Journée Internationale des droits de la femme, c’est que les entreprises prennent des positions ainsi que des engagements visibles et tangibles en faveur de l’égalité. Il s’agit, à mon sens, du seul moyen de faire bouger les lignes. Et Accenture s’y emploie au quotidien.

Page suivante. Le manifeste “Equals by Accenture”

  • Pages :

  • 1
  • 2