Selon une étude menée par OpinionWay pour l’Union des auto-entrepreneurs, six jeunes français sur dix (de 18 à 29 ans) veulent créer leur propre entreprise. Ils sont par ailleurs 79% à souhaiter que l’école les prépare mieux à l’entrepreneuriat.
Les raisons de cet engouement sont multiples : recherche de plus d’autonomie, de liberté, d’épanouissement personnel ainsi qu’une volonté de s’adapter à la transformation du marché du travail. Bien entendu, les success stories de startupers ayant révolutionné leur secteur renforcent encore le phénomène.

Il faut néanmoins garder en tête que la volonté et l’énergie ne sont pas les seules garanties du succès d’un projet entrepreneurial. Et une “idée” de départ brillante ne donne pas forcément naissance à une entreprise disruptive, en mesure de se différencier et de croître. La capacité à lever des fonds non plus.

Voici 3 leçons apprises lors de mes diverses expériences entrepreneuriales dans les nouvelles technologies :

1 – Innovation technologique ne va pas toujours de paire avec succès commercial
Une entreprise technologique est avant tout… une entreprise! Ainsi, l’objectif numéro un sera de trouver un marché, de répondre à un besoin et de vendre un service ou produit.

Il existe en particulier deux raisons qui pourraient vous faire perdre cet objectif de vue :

  • Oublier qu’une entreprise a une vocation commerciale avant d’être un laboratoire de R&D. Même si le coeur de votre projet repose sur une innovation technologique, et que le gros des effectifs est constitué d’ingénieurs, veillez à proposer une innovation qui trouve sa place dans le marché. Le secteur des objets connectés est un bon exemple : de nombreuses startups innovantes se sont lancées en proposant des offres qui dans de nombreux cas n’ont pas su trouver leur public. La raison est double : une utilité des produits discutable et un coût élevé.
    Ne négligez donc pas votre efficacité commerciale en consacrant trop de temps à l’obtention de financements à travers la participation aux dizaines de concours ou challenges de startups. Choisissez-en quelques-uns avec soin car ils restent importants à minima pour votre notoriété, mais réservez toujours un maximum de temps et d’énergie à ceux qui restent le premier facteur de succès d’une entreprise : vos clients.
  • Un échec s’explique aussi parfois par un problème de timing : votre innovation arrive trop tôt pour un marché pas assez mature ou à l’inverse trop tard et vous êtes largement dépassé par vos concurrents. Un bon time-to-market est un paramètre crucial pour la réussite de votre activité commerciale.

Si vous évitez ces deux écueils, votre levée de fonds n’en sera que plus facile.   


2 – Écouter le marché et accepter de s’adapter ce n’est pas trahir son projet

L’énergie et la motivation requises pour défendre votre projet et le mener à bien nécessite la conviction profonde qu’il en vaut la peine et apportera de la valeur.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille rester fixé sur la toute première version de votre business plan. Ce dernier évoluera au gré de vos rencontres avec vos premiers clients et prospects : pour être certains de répondre à leurs besoins et à fortiori de leur vendre votre solution, il faut savoir les écouter. Les investisseurs et vos pairs startupers avec qui vous serez amenés à échanger seront aussi de bons conseils. C’est bien grâce à la prise en compte de ces échanges que vous évitez entre autre les pièges mentionnés plus haut.  Ainsi, ne vous crispez pas à l’idée de faire évoluer votre vision et votre produit, cela pourrait même être la meilleure chose qu’il puisse vous arriver : saviez-vous qu’avant de connaître le succès, Criteo a dû faire évoluer son business model du tout au tout? Et ils ne sont pas les seuls puisque ce sont 9 startups sur 10 qui sont obligées de “pivoter” dans les mois qui suivent leur démarrage.

3 – Le choix des associés et des premiers collaborateurs se fait avec grand soin

Une personne seule ne fait pas une entreprise, il va donc falloir composer votre dream team! Sachez vous entourer des bonnes personnes aux profils adéquats. Déterminez tout d’abord vos besoins : un responsable financier, un commercial, un ingénieur…et assurez-vous de partager la même vision et de pouvoir compter sur leur engagement sur le long-terme. Bien sûr, les compétences sont fondamentales mais ne sous-estimez pas le facteur relationnel. Les personnes qui vont embarquer dans l’aventure, notamment à son démarrage, doivent former une équipe véritablement soudée, complémentaire et à l’entente parfaite. L’entrepreneur Stéphane Degonde évoque la question des proches collaborateurs dans un blogpost qui donne par ailleurs de bons conseils pour éviter un “divorce douloureux”. Entreprendre est difficile et certains moments seront rudes : épargnez-vous les incompatibilités d’humeur et autres crises pour votre bien et celui de votre (future) entreprise.

Ces 3 leçons tirées de mon parcours pourraient paraître facilement évitables. Et pourtant de nombreux chefs d’entreprises, y compris moi-même, sont susceptibles de tomber dans le piège, pris par le tourbillon d’énergie et d’excitation que constitue ce type de proje