Selon le rapport Global Powers of Luxury Goods 2018 concocté par Deloitte, La France continue de dominer de la tête et des épaules le marché mondial du luxe, parvenant à hisser dans le wagon de tête ses plus éminents représentants.

LVMH, Kering, L’Oréal, Hermès. Un quatuor « 100% tricolore » qui pèse à lui seul près d’un quart des ventes totales (24,3% pour être précis) des 100 plus grandes entreprises de luxe dans le monde, selon un palmarès élaboré par Deloitte. Colossal. Dans le détail, ce rapport répertorie les 100 plus grandes entreprises de produits de luxe à l’échelle mondiale, et traite des principales tendances qui façonnent le marché du luxe. A tout seigneur, tout honneur, c’est la plus grande capitalisation boursière du CAC 40 qui s’installe en tête de ce classement établi à partir des ventes de chaque entité, à savoir LVMH. Le groupe de l’avenue Montaigne, dirigé par Bernard Arnault, devance l’Américain Estée Lauder, parvenu à chiper la seconde place au groupe helvétique Richemont. Toutes nationalités confondues, les cent plus grosses entreprises du luxe dans le monde ont réalisé un total de 217 milliards de dollars de ventes en une seule année. De son côté, Kering (Gucci, Bottega Venetta), éternel rival de LVMH, maintient son rang à la cinquième place, devançant l’Oréal d’une courte tête.


Hors Top 10, nous retrouvons Hermès, célèbre pour ses carrés de soie et ses sacs Birkin, qui figure au douzième rang. Sur les 100 entreprises recensées par  ce classement, la France parvient à placer neuf de ses plus éminents représentants. Citons dans l’ordre décroissant : Dior Couture (26e), Clarins (32e), le groupe SMCP (Sandro, Maje, Claudie Pierlot, 52e), Longchamp (57e) ou encore Nuxe (94e). Enfin, comme l’année dernière, l’Italie abrite le contingent le plus important d’entreprises du secteur avec 24 fleurons et non des moindres comme Luxottica (lunettes) ou encore Prada. En revanche, la progression la plus importante, par rapport à la précédente édition, est à mettre à l’actif de la société canadienne Canada Goose, notamment réputée pour ses parkas et doudounes avec des ventes s’envolant de 63% sur son marché national. Et visiblement les choses sont parties pour durer. « En 2016, la croissance s’était vraiment tassée pour la vente de produits de luxe. 2017 est une bien meilleure année, et on s’attend à ce que 2018 soit très positive aussi », a détaillé Bénédicte Sabadie, associée en charge du secteur Luxe chez Deloitte France.

Perspectives prometteuses pour 2018

Et de poursuivre. « C’est vraiment une tendance globale. Le tourisme a un poids très élevé dans la consommation de produits de luxe, et ce sont surtout les Chinois qui ont porté cette croissance en 2017 et vont continuer de la porter en 2018. Ils se sont mis à beaucoup consommer sur leur marché domestique, et, par ailleurs, ils se sont remis à voyager ». Et le début d’année 2018 est là pour l’attester. La preuve par l’exemple.  Avec un chiffre d’affaires de 10,85 milliards d’euros sur les trois premiers mois de l’année, LVMH a dépassé les attentes du marché et du consensus Inquiry Financial qui se situait aux alentours de 10,64 milliards d’euros.  Dans le détail, les ventes ont enregistré une progression significative de 13% en croissance organique (9% attendu par les analystes), après 12% au quatrième trimestre 2017, signe que LVMH continue sur sa belle lancée du « millésime » 2017. Le « cœur du réacteur » Louis Vuitton, plus important foyer de profits du groupe, a été fortement mis à contribution pour obtenir une telle performance mais l’ensemble des divisions du groupe au 70 marques ont également brillé de mille feux.

De son côté, Kering a aussi impressionné les observateurs en cette première moitié d’année. L’ex-PPR  a encore appuyé sur l’accélérateur pour tenir la dragée haute à son « meilleur ennemi » LVMH en 2018. Dans le détail, sur les trois premiers mois de l’année, Kering a vu ses ventes grimper de 36,5% à taux de changes constants à 3,10 milliards d’euros. Une progression très largement supérieure aux estimations des analystes qui tablaient sur « seulement » 24% de croissance sur la période.  Une performance impressionnante à plus d’un titre qui est surtout à mettre à l’actif de Gucci (qui pèse pour 60% des ventes) qui a, une fois de plus, signé un premier trimestre de toute beauté. En effet, la griffe italienne, en dépit d’une base de comparaison particulièrement exigeante – la croissance organique avait atteint 48% l’an passé à pareille époque -, a vu ses ventes s’envoler de… 49% à changes constants. Loin des 32% attendus par le marché… mais également des 45% enregistrés sur l’ensemble de l’exercice 2017. De quoi augurer des lendemains qui chantent pour le luxe à la française.