Le très médiatique classement de Shangaï, qui présente chaque année un palmarès mondial des meilleures universités, a été publié le 15 août. Il couronne une fois de plus les universités de Harvard et de Stanford (Etats-Unis) puis Cambridge (Royaume-Uni). Il faut attendre la 40ème place pour voir une université française, la parisienne Pierre-et-Marie-Curie. Seules trois françaises apparaissent dans le top 100. Mais la France se place 6ème au Top 500.

Chaque année, c’est le même refrain : le classement de Shangaï est peut-être autant critiqué qu’il est scruté, analysé et commenté. Depuis 2003, l’université Jiao Tong de Shangaï propose un classement académique des universités mondiales.  


Et comme chaque année, les universités américaines dominent le classement : seize sont dans le top 20 et 48 dans le top 100. Ainsi, les université de Harvard (Massachusetts) et de Stanford (Californie) maintiennent leur première et deuxième place respective. Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) monte à la quatrième place, contre cinquième l’an passé, et l’Université Californienne de Berkeley recule à la cinquième, la troisième position lui étant raflée par l’anglaise Cambridge, première européenne.

La France, 6ème dans le top 500

Si la France conserve sa 6ème position dans le top 500, elle n’y compte plus que vingt établissements contre 22 l’an passé. Quant au top 100, la France perd une place, passant du 7ème rang en 2016 au 8ème en 2017. Dans ce top 100, elle n’y compte que trois établissements, quand les Etats-Unis en ont 48, le Royaume-Uni 9, l’Australie 6, la Suisse 5 et les Pays-Bas, le Canada et l’Allemagne 4.   

La première université française est la parisienne Pierre-Et-Marie-Curie (UPMC), à la 40ème position. Mais elle ne cesse de perdre du terrain : elle était classée 36ème en 2015 et 39ème en 2016. En revanche, les deux autres universités françaises qui apparaissent dans le top 100 grimpent : l’université Paris Sud est 41ème cette année contre 46 en 2016, et l’Ecole Normale Supérieure, qui avait dégringolé de quinze places l’an passé, passe cette année à la 69ème contre 87ème en 2016.

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, se concentre sur la place de 6ème conservée par la France dans le Top 500, y voyant là un signe de « stabilité ». Il semble expliquer le peu d’universités présentes dans le haut du classement mondial par les regroupements d’universités encore à l’œuvre aujourd’hui. La loi Fioraso de 2013 prévoit en effet des Communautés d’universités et d’établissements (ComUE) dont l’objectif est de regrouper les centres de recherche publics afin de les rendre plus forts à l’international. Mais l’exemple de Paris Saclay, un projet qui devrait rassembler 15% de la recherche française semble être dans l’impasse, selon un avis de la Cour des Comptes émis en février.

Top 800

Pour la première fois cette année, l’Academic Ranking of World Universities qui réalise le palmarès a publié la liste des établissements de 501 à 800, pour mettre en avant les universités qui ont le potentiel d’entrer dans le top 500 dans les années à venir. Mais là encore, les Etats-Unis sont très présents avec 55 universités dans ce top des « candidates », comme la Chine. La France de son côté en compte dix, dont Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, Rennes 1 et Paris-Sorbonne.

Un classement critiqué

Aussi scruté soit-il, ce palmarès mondial est vivement critiqué en raison du très faible nombre de critères pris en compte pour le réaliser : nombre de prix Nobel et de médailles Fields parmi les anciens élèves et les chercheurs, nombre de chercheurs les plus cités dans leur discipline, articles publiés dans les revues Nature et Science durant les cinq dernières années, articles indexés dans Science citation index et Humanities citation index, et performances académiques au regard de la taille de l’établissement.

Avoir un prix Nobel, c’est bien beau, mais ils n’auraient pas tous la même valeur. En effet, en France, la recherche s’effectue bien souvent dans des unités mixtes de recherche qui associent université et CNRS. CNRS qui n’est pas comptabilisé dans le classement de Shangaï. Même logique pour les publications dans des revues scientifiques. Autre problème, la recherche en sciences humaines et sociales se fait très fréquemment en français, excluant de fait la présence de ces travaux dans les revues anglophones prises en compte pour le classement.