À 86 ans, Warren Buffett est probablement le plus grand investisseur que la Terre a jamais porté. Retour sur une méthode dont les entrepreneurs peuvent s’inspirer.

 


L’oracle d’Omaha. Le génie du Nebraska. Le prophète de la finance. Les superlatifs ne manquent pas quand on évoque les réussites de Warren Buffett. Et on se demande bien comment il pourrait en être autrement. 51 ans après la création de Berkshire Hathaway, le chiffre d’affaires de l’entreprise a grandi de 2 850 000 %. Aujourd’hui, Warren Buffett détient des participations dans les plus grandes entreprises du monde : American Express, IBM, Coca-Cola et dernièrement Apple.

Un secteur qu’il avait pourtant l’habitude d’éviter. Mais Warren Buffett n’est pas un investisseur comme les autres. En quelques mois, il a déjà largement rentabilisé sa prise de participation. Le titre Apple a en effet progressé de 16,5% depuis le début de l’année 2017. Ce qui a déjà généré une plus-value de 1,1 milliard de dollars. Impressionnant. Surtout que l’action Apple a piqué du nez un petit moment après la sortie de Carl Icahn en avril 2016.

Mais, Warren Buffett sait ce qu’il fait. Retour sur une méthodologie qui est à la portée de n’importe quel entrepreneur.

 

« Le risque existe quand on ne sait pas ce que l’on fait »

Warren Buffett se trompe rarement. Et ce pour une raison très simple : il n’investit que dans les entreprises qu’il comprend. Si le modèle économique et les objectifs de celles-ci sont obscurs à ses yeux, il passe son tour. Les investisseurs particuliers devraient d’ailleurs faire de même à ses yeux.

C’est la raison pour laquelle il choisit d’investir sur des valeurs sûres comme Coca-Cola et See’s Candies. Une démarche qu’il aime résumer en une phrase : « Dans le monde des affaires, le rétroviseur est toujours plus clair que le pare-brise. » D’où sa frilosité concernant les start-up numériques aux modèles économiques très fragiles.

 

« Soyez craintif quand les autres sont avides. Soyez avide quand les autres sont craintifs »

Tout le génie de Warren Buffett se trouve dans cette phrase. À la différence de la bourse, par nature très volatile, l’oracle d’Omaha se fait son avis tout seul. Il préfère, d’ailleurs, se concentrer sur les entreprises qui n’intéressent personne et, la plupart du temps…  qui sont sous-évaluées. C’est ce qu’il a fait avec Berkshire Hathaway, à l’époque une entreprise de textile, qu’il transformera de fonds en comble. Aujourd’hui, c’est une des sociétés les plus rentables de la planète.

Son secret ? Chaque jour, l’entrepreneur ingurgite une quantité phénoménale d’informations : notes, articles de journaux, magazines, dossiers. Chaque fait d’importance est surligné et entre dans son processus de décision. En une journée de travail, il est capable de lire entre 600 et 1000 pages d’informations par jour.

 

« N’achetez que ce que vous seriez parfaitement heureux de conserver si le marché fermait pendant 10 ans »

Warren Buffett fonctionne sur le temps long. Le reste n’est qu’agitation et fébrilité. Il raconte d’ailleurs à chaque fois cette anecdote. À 11 ans, l’aspirant investisseur achète ses premières actions à 6 dollars pièce. Dans la semaine, le titre descend en flèche. Il tient bon, mais décide de vendre quand son titre dépasse son prix d’achat. Oui, sauf que peu de temps après, l’action a explosée pour croître de 500%. De 40$, le titre est grimpé jusqu’à 200$.

Le jeune Warren Buffett n’a jamais oublié cette leçon : il faut garder son calme et, si possible, ses billes. Surtout, si vous estimez que l’entreprise a gardé des fondamentaux économiques sains. C’est la raison pour laquelle, il ne devrait jamais lâcher des entreprises comme Coca-Cola. D’autant plus que Warren Buffett adore la junk-food. « Si un médecin me dit que je vivrais une année de plus à ne manger que du brocoli, je refuserais net. Je préfère un sac de Cheetos et le Coca ».

 

« Vous n’avez pas raison parce que d’autres sont d’accord avec vous. Vous avez raison parce que vos faits sont exacts et que votre raisonnement est juste »

Il faut aussi être visionnaire et opportuniste. En 1966, le natif du Nebraska observe la dégringolade d’American Express. Une histoire qui peut arriver à tout le monde. À cause d’un mauvais placement, l’entreprise se retrouve du jour au lendemain lésée d’un montant de 175M$. La punition sur le cours de bourse est immédiate. Elle perd 50% de sa valeur en quelques semaines. Une occasion unique aux yeux de Warren Buffett.

Voici son raisonnement : « American Express est une société très performante. Ce n’est donc pas possible que son cours ne remonte pas à court et moyen terme ». Et c’est ce qui arrive. Sa mise de départ à hauteur de 13M$ en vaut aujourd’hui plus de 8Mds$. Comme il le dit aussi très souvent : « J’investis dans des entreprises tellement merveilleuses qu’elles peuvent être gérées par un idiot. Car tôt ou tard, ça arrivera ».

Une phrase plutôt encourageante quand on y pense.

 

@TancredeBlonde