I Squared Capital est un fonds d’investissement indépendant, basé à New York, qui gère aujourd’hui plus de douze milliards d’actifs à travers le monde. Ils concentrent leurs activités sur les secteurs de l’énergie, des transferts et du traitement de l’eau, des télécommunications et des transports. Nouveaux investissements en France, objectifs sur le long terme… Forbes a soulevé tous ces points lors d’un entretien avec le CEO d’I Squared Capital, Sadek Wahba, un homme d’affaires d’origine égyptienne notamment diplômé de l’université d’Havard.

Forbes : Pouvez-vous vous présenter, ainsi que I Squared Capital ?

Sadek Wahba : Je suis le CEO de I Squared Capital, un fonds privé, focalisé sur l’infrastructure. Nous gérons aujourd’hui un peu plus de douze milliards d’actifs. Nous investissons essentiellement dans l’infrastructure, et plus précisément dans quatre domaines : l’énergie, les utilités (eau, traitement d’eau, déchets, distribution, électricité et gaz), les transports, et les télécommunications. Comme par exemple le système de fibre optique dans les villes.

Notre fonds est global, cela veut dire qu’il investit dans ces quatre secteurs et dans plusieurs pays et régions. Aux Etats-Unis, en Europe (Grande-Bretagne et en République d’Irlande, via la société TIP numéro deux français dans les services de location, d’entretien et de réparation de semi- remorques) mais aussi – chose qui nous distingue d’autres stratégies – dans les pays émergents comme l’Asie, l’Amérique latine, et dans quelques pays européens. Les pays OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) représentent environ 70% de nos investissements.

Le solaire et l’énergie sont deux autres domaines sur lesquels nous nous focalisons. Nous avons ainsi investi en Inde (autoroutes et énergie solaire) ; en Chine, dans des compagnies de traitement d’eau où nous avons une très belle expertise.

De quel désir est né I Squared Capital ?

I Squared Capital a été créé en 2012, avec pour but d’investir dans le secteur des infrastructures et de développer une stratégie globale, qui permettrait  aux investisseurs d’avoir une ouverture sur les quatre secteurs  avec un portefeuille bien établi.

Un autre élément important est d’amener de la valeur ajoutée. Nous passons beaucoup de temps à améliorer les actifs, donc les performances opérationnelles et financières. Aussi, toutes nos infrastructures ont un côté ‘bien public’. Pour nous c’est une variable très importante, d’ailleurs nous nous focalisons particulièrement sur les questions ESG (Environnement Social et Gouvernance).

Combien de personnes travaillent aujourd’hui pour I Squared Capital ?

A travers les compagnies que nous détenons généralement en majorité, nous sommes environ 5 200. Mais nous desservons surtout plus de  150 millions de consommateurs à travers nos actifs, que ce soit en Chine, ou ailleurs, en matière de traitement d’eau, d’autoroutes…

(Les collaborateurs du groupe sont notamment basés à Houston, New York, Miami, Londres, New Delhi, Singapour et Hong Kong, ndlr.)

Pourquoi vous intéresser à la  France aujourd’hui ?

De façon générale, nous investissons en Europe, comme nous l’avons fait avec TIP. Par définition nous avons donc investi en France.

Je pense qu’aujourd’hui la France a un potentiel énorme en termes d’investissement dans l’infrastructure. Nous voyons ce potentiel dans la nouvelle politique française, dans les riches idées, dans la volonté de développer des partenariats avec le secteur privé, mais de façon intelligente. On ne parle pas ici de privatisations comme dans les années 1980. Tout est réalisé avec beaucoup de réflexion de la part du gouvernement, des collectivités, des acteurs… Cela encourage énormément, à mon avis, le secteur privé à investir.

Quels sont les objectifs de I Squared Capital pour les années à venir ? Souhaitez-vous investir dans d’autres domaines, élargir votre champ d’investigation ?

Tout à fait. Je pense qu’un domaine essentiel  en matière d’infrastructure, c’est l’énergie. Aujourd’hui, il faut qu’elle soit renouvelable. Nous avons déjà investi en Espagne, dans le solaire, et nous pourrions faire de même en France où il y a des opportunités. Nous avons aussi investi en Italie, et nous misons aujourd’hui sur l’éolien (au Royaume-Uni aussi bien qu’en Irlande), sur la production d’électricité (les centrales à gaz), les transports (comme TIP) où nous relevons un élan de croissance plutôt important, grâce à une meilleure intégration des services de transport et de logistique en Europe.

Nous investissons aussi beaucoup sur tout ce qui est infrastructure de télécommunications, comme avec la fibre optique, qui prend de plus en plus d’importance.

Qu’aimeriez-vous particulièrement mettre en avant aujourd’hui ?

D’une façon très objective quand on regarde les opportunités en Europe, on voit l’évolution des marchés, des politiques internes. C’est important de comprendre qu’un fonds global comme le nôtre, qui a la capacité d’investir partout (en Chine aujourd’hui, demain aux Etats-Unis, après-demain en Inde) examine toutes les possibilités. Nous allons là où nous voyons de la croissance, du capital humain… Et c’est le cas de la France, car elle dispose aujourd’hui d’un potentiel énorme : des technologies de pointe, qui sont à même de se développer à l’international et un capital humain formidable, grâce aux grandes écoles, à l’esprit de start-up, de création, et à grâce à ce « savoir-faire » typiquement français.

Qu’on s’intéresse au marché français aujourd’hui me semble donc plutôt positif. Beaucoup de gens ont dit que la France était en crise, qu’elle se portait mal, et ce n’est pas le cas. Il y a un potentiel extraordinaire, un renouveau, auquel nous voulons participer.