L’emblématique PDG de Renault, Carlos Ghosn, également architecte de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, voit son mandat arriver à échéance en mai prochain et les spéculations sur sa succession vont bon train.

Une nouvelle histoire semble bel et bien en train de s’écrire chez  Renault.  Dans son édition du jour, le quotidien Les Echos dévoile les coulisses de la succession de Carlos Ghosn et il avance plusieurs pistes concernant l’avenir du maître d’œuvre de l’Alliance Renault-Nissan – récemment élargie à Mitsubishi -. Ainsi, plusieurs sources affirment que la succession de l’emblématique dirigeant de 63 ans est en route, Renault ayant déjà lancé « les grandes manœuvres » pour préparer la suite, divers chasseurs de tête ayant été mandatés en ce sens.  « Les candidats sont en train d’être auditionnés », avance même le quotidien économique. Ainsi, le dauphin du patron franco-brésilien devrait être désigné au conseil d’administration en février prochain, pour que les actionnaires puissent se prononcer lors de la prochaine assemblée générale du constructeur automobile, programmée le 15 juin, et dont les résolutions doivent être publiées en avril.

Mais Carlos Ghosn, qui, rappelons-le, a hissé au premier semestre l’Alliance en tête des ventes mondiales devant Volkswagen et Toyota,  ne quittera pas totalement le groupe au losange, les fonctions de directeur général et de président pourraient être dissociées, lui permettant de « garder un pied » dans le vaisseau-amiral Renault. Quid de l’Alliance que Carlos Ghosn a polie et façonnée jusqu’à la hisser au firmament en ce premier semestre 2017 comme sus-mentionné ? Là aussi plusieurs scenarii sont sur la table, le dirigeant ayant déjà passé la main de la direction opérationnelle de Nissan pour n’en conserver que la présidence, mais aucune échéance n’est sortie du chapeau. Toutefois, à terme, le successeur de Carlos Ghosn chez Renault devra également avoir l’envergure et les épaules pour relever le défi de l’Alliance et assurer la succession, non sans pression, de celui qui a œuvré à son émergence et à son insolente réussite. Un portrait-robot qui s’apparente à la quête de l’oiseau rare.

Candidature interne ou externe ?

Car le postulant devra répondre à des critères particulièrement exigeants, et non des moindres, comme être en mesure de travailler de concert avec les partenaires japonais mais également être l’homme idoine aux yeux de l’Etat, premier actionnaire du groupe au losange. Et c’est ici que des dissensions commencent à poindre. Si Renault privilégie clairement la piste interne, en apôtre du « changement dans la continuité », Bercy envisage de faire appel à des compétences extérieures à l’entreprise de Boulogne-Billancourt.

Citons pêle-mêle Didier Leroy, actuel président de Toyota Europe… mais également une « vieille connaissance » de Renault en la personne de Carlos Tavares, numéro 1 de PSA et « ex-dauphin » de Carlos Ghosn chez Renault jusqu’en 2012, qui avait à l’époque fait part de ses velléités de devenir numéro 1, créant des tensions avec le dirigeant franco-brésilien.  Mais ces deux profils sont respectivement âgés de 60 et 59 ans. Autre candidat potentiel, Patrick Pélata, âgé de 62 ans, mais lui aussi ancien numéro deux de Renault, qui avait dû quitter ses fonctions en 2012 à cause de l’affaire d’espionnage qui avait ébranlé le constructeur français.

Les candidats estampillés « Renault-Nissan » fourbissent leurs armes

Du côté des candidatures internes, plusieurs hauts dirigeants de Renault et Nissan auraient d’ores et déjà fait montre de leur intérêt pour le poste. Comme l’Espagnol Jose Munoz, directeur délégué à la Performance de Nissan, le Japonais Yasuhiro Yamauchi, directeur délégué à la compétitivité du groupe nippon, l’Allemand Stefan Mueller, homologue de Jose Munoz chez Renault, et le Français Thierry Bolloré, homologue de Yasuhiro Yamauchi dans le groupe au losange. Parmi les autres candidatures internes, Les Echos avancent celle de l’actuel directeur commercial de Renault, le Français Thierry Koskas. Car la nationalité du successeur de Carlos Ghosn a son importance. L’Etat, favorable à une candidature extérieure, rappelons-le, privilégie un profil français.  Quoi qu’il en soit, cette succession pour le plus grand constructeur français s’annonce palpitante et il n’est pas exclu qu’une autre personnalité vienne coiffer tout le monde au poteau. Mais rien ne se fera sans l’imprimatur de Carlos Ghosn qui pourrait donc rester président. Une « tutelle » dont devra s’accommoder son successeur.