Un juge de Barcelone vient d’annuler une amende de 30.000 euros infligée par les autorités régionales de Catalogne contre Airbnb. C’est donc une première victoire judiciaire que la plateforme de location en ligne remporte ainsi en Espagne. En France, un amendement a tout juste été adopté, qui obligera les plateformes collaboratives à déclarer les revenus engrangés par les particuliers. Avec, à terme, une saisie possible de l’Autorité de la concurrence. On le voit, dans tous les pays, les législateurs tentent de s’adapter à cette économie du partage, qui court-circuite les modèles existants.

Ces diverses tentatives de réglementation arrivent, comme souvent, de manière un peu décalée. Par ailleurs, elles sont souvent vaines : réguler un phénomène transnational répondant à de vrais besoins de la population relève en effet de la gageure.

Il convient de s’interroger sur les raisons qui expliquent que l’économie du tourisme s’est laissé dépasser. D’abord, de nombreux acteurs allaient trop bien pour se poser la question de la transformation ; un remplissage mécanique des chambres d’hôtel sur certaines zones touristiques attractives ne favorisant pas un esprit de remise en cause. Ensuite, beaucoup ont minimisé l’impact des nouveaux entrants de l’économie collaborative, comme si ce n’était qu’une mode de plus. Enfin, la réglementation française, plus contraignante que dans d’autres pays européens, mobilise tous les investissements au détriment du développement d’une expérience client singulière.

Le tourisme est pourtant une industrie stratégique. Il représente plus de 7% de la richesse de la France et emploie près de deux millions de personnes. Il est donc temps de se saisir proactivement du sujet pour éviter qu’une crise ne s’installe durablement, par une réponse structurellement inadaptée aux attentes actuelles des clients. Réagir est urgent et l’une des solutions est de co-construire les offres avec les millennials, car ce sont les voyageurs de demain.

J’ai contribué à un récent rapport dans le cadre de l’Institut Montaigne pour proposer des propositions concrètes et opérationnelles. Mais aussi pour sensibiliser sur l’urgence d’agir. L’économie collaborative est une opportunité, si on la considère comme une condition nécessaire au renouvellement de la base de clients, et donc comme un moteur à la croissance du secteur du tourisme. Les cartes sont entre nos mains !