Ce vendredi 27 janvier, le Conseil de surveillance de Publicis Groupe a tranché. Arthur Sadoun succédera dès le 1er  juin 2017 à Maurice Lévy à la Présidence du groupe, mettant fin à des mois de suspens.

C’est officiel. Maurice Lévy cède les rênes du géant publicitaire Publicis. Celui-ci s’est réjoui de ce choix qui lui paraît le plus « juste » et le plus « judicieux » pour « le groupe et son avenir ». En trente ans à la tête de Publicis Groupe, le « Napoléon de la publicité » a hissé l’entreprise du 15ème rang mondial à celui de numéro 3, juste derrière les géants anglo-saxons Omnicom et WPP. D’un chiffre d’affaires de 220 millions d’euros et de 3000 employés, les effectifs sont passés à plus de 80 000 personnes pour un chiffre d’affaires avoisinant les 10 milliards d’euros (9,6 milliards d’euros en 2015).

Sous son règne, Publicis a connu un coup d’accélérateur à l’international, avec des prises de participation dans le monde entier et de nombreuses acquisitions, comme le groupe américain Sapient pour 3,5 milliards d’euros en 2015.  Un héritage, et pas des moindres, confié à Arthur Sadoun. Ce publicitaire de formation qui a rejoint Publicis en 2006, a, tout comme Maurice Lévy, rapidement creusé son trou. Président de Publicis France en 2009 puis de Publicis Communications en 2016, il est loin d’être un novice. Il peut notamment compter sur une solide expérience acquise par la fondation d’une agence au Chili. Par ailleurs, c’est lui qui, en 2016, a scellé un accord avec le géant Walmart : un succès.

Une transition en douceur

« La succession n’est pas un exercice facile, et c’est pourquoi j’ai beaucoup insisté auprès de Maurice Lévy pour qu’il accepte de rester à nos côtés afin d’accompagner Arthur Sadoun dans sa difficile tâche. J’ai ainsi proposé qu’il rejoigne le Conseil de Surveillance et (…) qu’il en soit nommé Président » a déclaré Élisabeth Badinter, principale actionnaire de Publicis et fille du fondateur. En effet, le Conseil de Surveillance a proposé à Maurice Lévy, dès la fin de son mandat, de le rejoindre et d’en assurer la Présidence.

Si les actionnaires décident de nommer l’ex-directeur, celui-ci sera ainsi élu pour quatre ans à la tête du Conseil de surveillance. Un « full time job » afin de veiller à « transmettre les relations directes [qu’il a nouées] avec les grands clients de Publicis », a-t-il déclaré. « L’un des secrets de la réussite de Publicis depuis 30 ans, a été l’osmose parfaite qui a régné entre Marcel Bleustein-Blanchet et moi, puis entre Elisabeth Badinter et moi », ajoute-t-il. Une osmose qu’il souhaiterait recréer avec son successeur, qu’il « prépare depuis des années en lui ouvrant toutes les portes ». Élisabeth Badinter confiait ce matin avoir « confiance dans cette équipe pour mener à bien les tâches qui l’attendent ».