Les véhicules neufs des trois marques de PSA, en l’occurrence Peugeot, Citroën et DS, pourront désormais trouver preneur en ligne, à la manière d’un véritable site de e-commerce. Une première en France.

La digitalisation de la vente de véhicules est en marche. Le groupe de Carlos Tavares est convaincu que ce modus operandi, déjà largement en cours pour pléthore de produits du quotidien, peut désormais parfaitement s’adapter à la vente de voitures neuves. « Cette offre s’appuie sur l’expérience acquise des sites e-commerce déjà opérationnels pour Citroën au Brésil depuis novembre 2016, pour Peugeot au Royaume-Uni depuis janvier 2017 et du site DS7 Crossback, actif dans 8 pays en Europe depuis mars 2017. Elle sera progressivement étendue en Europe », souligne PSA dans un communiqué. Un processus qui a, visiblement, déjà fait des adeptes outre-Manche. « Au Royaume-Uni, les ventes Peugeot en phygital (physique et digital) ont augmenté de 75% sur le premier semestre 2017 avec un taux de conquête de près de 40%. Au Brésil, plus de 200 commandes ont été réalisées en ligne », souligne le groupe.

Pour le moment, en France, le client peut, au-delà de l’achat simple du véhicule, simuler son financement, la reprise de son ancien véhicule et dans ces différents cas finaliser sa commande en point de vente. Mais PSA se veut un pionnier en la matière. La vente en ligne de véhicules neufs fait partie intégrante du plan stratégique du groupe – pour la période 2016-2021 – baptisé « Push To Pass » et dont les trois grands principes sont la responsabilité sociale de l’entreprise, la culture interne et enfin la transformation digitale. Ce dernier point est d’ailleurs particulièrement prégnant dans le plan stratégique du groupe – qui succède au « Back to The Race » qui a largement porté ses fruits. Objectif du volet digital : devenir une entreprise plus proche de ses clients grâce à des processus digitaux efficients, pour une expérience client optimale. Au premier rang de ces « processus » : la vente en ligne des véhicules neufs. « De groupe industriel, nous allons devenir une entreprise centrée sur les data », soulignait d’ailleurs Brigitte Cantaloube, Chief Digital Officer lors de la présentation de ce plan.

Le « Phoenix PSA »

Après des années d’atermoiements, de plan(s) stratégique(s) et autres mesures économiques, le constructeur hexagonal est bel et bien de « retour dans la course », pour paraphraser la dénomination de son premier plan « Back to the Race ». Un retour au premier plan symbolisé par le rachat, en mars dernier, de son homologue allemand Opel, arraché de haute lutte à l’américain General Motors. Une opération qui a permis à PSA de poursuivre son recentrage sur le Vieux Continent et ainsi se hisser à la seconde place du marché européen – en s’octroyant 17% de celui-ci -, derrière l’indétrônable Volkswagen. Un « mariage » qui avait d’ailleurs failli être célébré dès 2012 mais qui n’avait pas pu se faire, à l’époque, au regard des situations financières des groupes.

« On ne pouvait pas valoriser les actifs qui ne valaient plus grand-chose. C’était l’alliance du borgne et du paralytique » se remémore un négociateur de l’époque cité par Les Echos. Mais la feuille de route établie par l’état-major français est désormais clairement définie : rendre le free cash flow d’Opel opérationnel à nouveau positif d’ici 2020, et viser pour Opel/Vauxhall une marge opérationnelle courante de 2% d’ici 2020 et 6% d’ici 2026. Un objectif somme toute raisonnable, notamment au regard des ventes de véhicules qui retrouvent de leur vigueur et sont proches de leurs niveaux d’avant la crise de 2007.

+24% en Bourse depuis le 1er janvier

Ainsi, selon les données publiées par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), le nombre de véhicules immatriculés en juin dans les pays de l’Union européenne et ceux de l’Association européenne de libre-échange (Islande, Norvège et Suisse) s’établit à 1,54 million, soit une hausse de 2,1% par rapport au même mois de 2016. Sur l’ensemble du premier semestre, la hausse s’établit à 4,7% avec 8,46 millions de nouveaux véhicules immatriculés. L’Italie affiche la meilleure progression (+8,9%) devant l’Espagne (+7,1%), L’Allemagne (+3,1%) et la France (+3,0%). Seul le Royaume-Uni affiche un léger recul (-1,3%) sur la période. Concernant l’Hexagone « stricto sensu », les ventes de Renault se sont appréciées de 3% tandis que celles de PSA ont légèrement surperformé les ventes du groupe de Carlos Ghosn avec une progression de 3% sur le seul mois de juin. La route est tout aussi dégagée sur le front boursier puisque le titre  Peugeot, de retour dans le CAC 40 depuis mars 2015 après une petite traversée du désert, a grimpé de près de 24% depuis le 1er janvier.