Désireux de s’immiscer dans le mano a mano entre Apple et Samsung sur le tant convoité marché des smartphones, Google a mis la main sur une partie des activités du taïwanais HTC, notamment celles en charge de « Pixel », le mobile développé par le géant américain.

Google à la rescousse de HTC. Ce sont, en substance, en ces termes que pourrait se résumer « l’alliance » du jour entre le géant américain Google et le Taïwanais HTC. Montant de la transaction : 1,1 milliard de dollars. Dans le détail, d’une part, l’accord porte sur les licences de propriété intellectuelle du Taïwanais et d’autre part, le processus de rachat sera achevé début 2018 après feu vert du régulateur, selon HTC. Cette opération concerne plus spécifiquement la moitié des équipes de HTC employées dans la recherche, soit environ 2 000 personnes, dont bon nombre travaillent déjà sur le smartphone Pixel du géant de la Silicon Valley. Désireux de rattraper le retard accumulé sur les deux géants du secteur, en l’occurrence Apple et Samsung, Google a fait le choix de rapatrier dans son giron une partie des activités de HTC, groupe traversant de fortes turbulences sur le plan financier. En outre, le Taïwanais continuera néanmoins à produire d’autres smartphones pour ses clients.

Mais le fabricant de smartphones a vu sa part de marché fondre comme neige au soleil (actuellement un combiné sur 10 vendu au monde) à cause non seulement de la concurrence d’Apple et de Samsung évoquée en préambule, mais également des constructeurs en provenance de Chine continentale qui « cassent » allègrement les prix, empêchant d’autres acteurs comme HTC de trouver leur place.  En espérant que Google puisse réussir « l’intégration » de HTC de meilleure manière que celle de Motorola qui s’était soldée par un échec cuisant. En effet, la filiale d’Alphabet avait fait tomber dans son escarcelle Motorola en 2012 pour un montant frisant les 13 milliards de dollars, avant de le revendre en catastrophe, deux ans plus tard, au chinois Lenovo, pour la somme « dérisoire » – au regard du prix d’achat – de trois milliards de dollars.

HTC, « belle endormie »

Sous le haut patronage de Google, HTC espère ainsi retrouver « indirectement » de sa superbe, le groupe taïwanais  ayant été l’un des principaux fers de lance du marché du smartphone, il y a quelques années, avant de décliner irrémédiablement face à la puissance de feu d’Apple et Samsung. Ces deux derniers ont d’ailleurs (re)mis la barre très haut avec, pour le Coréen, la « phablette » Galaxy Note 8, destiné à faire oublier les moutures précédentes et leurs batteries explosives, tandis que la firme de Cupertino a lancé en grande pompe son iPhone 8 et son modèle anniversaire, l’iPhone X.

Doté d’un large écran sans bordure et d’un système de déverrouillage par reconnaissance faciale, ce « collector » disposera également d’un système de chargement sans fil et intégrera des applications de réalité augmentée. L’iPhone X sera disponible en précommande le 27 octobre pour un lancement prévu le 3 novembre. Prix annoncé : 999 dollars, mais il faudra débourser 1 150 euros pour sa version 64 Go et 1 329 euros pour disposer de 256 Go, ce qui en fait le smartphone le plus cher au monde. 

Le nouveau « Pixel » sur rampe de lancement

Autre spécificité longtemps attendue : les nouveaux appareils d’Apple pourront se recharger sans fil. « Comme il ne requiert aucun câble de chargement, l’iPhone X inaugure véritablement un avenir sans fil » proclame Apple, pas peu fier de cette nouvelle trouvaille, pourtant sans surprise. Ajoutant qu’il suffit désormais de « charger son iPhone à l’aide des stations de chargement sans fil disponibles dans les hôtels, les cafés et les aéroports du monde entier ». Des innovations dont semblent être encore loin les équipes de HTC qui ont planché ces derniers mois sur la seconde génération du Pixel qui devrait être dévoilée début octobre. En attendant, la cotation de HTC a été suspendue à la Bourse de Taïwan. Le salut de la firme de Taïpei passe plus que jamais par la Silicon Valley.