Après des études contestées, Philip Morris International a annoncé l’autorisation par la “Food and Drug Administration” américaine de la commercialisation de son tabac chauffé aux Etats-Unis. Cette autorisation ouvre la porte à un tout nouveau marché totalement différent de celui que l’on connaît tous, la cigarette électronique. Ouverture oui, mais qui questionne sur les risques des futurs pratiques du tabagisme.

 

La cigarette du futur montre petit à petit le bout de son nez. Après la cigarette électronique, c’est au tour du tabac chauffé de se faire une place sur le marché. Tout comme la vapoteuse, cette nouvelle façon de consommer sa dose de nicotine pose des questions au niveau du risque existant pour la santé des fumeurs.


Mais pour avoir l’accord de l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, le groupe Philip Morris International a décidé de mener une étude afin de démontrer que le tabac chauffé est beaucoup moins nocif que la cigarette mais aussi, et surtout, pour s’inscrire dans un tout nouveau chapitre pour le groupe, celui de la production de produits “sans fumée”.

 

Que dit cette étude ?

D’après les informations du site Stop Tabac de l’Université de Genève, l’étude aurait été menée sur des périodes de deux semaines à trois mois. Les premières conclusions montrent que le tabac chauffé présenterait moins de risques qu’une cigarette classique puisque qu’il contiendrait environ 90% de substances toxiques en moins.

Pour expliquer cette réduction des risques, il faut comprendre la différence entre le tabac chauffé et la cigarette. Contrairement à la cigarette, il n’y a pas de combustion nécessaire pour consommer le tabac, l’appareil le chauffe sans le brûler, rendant ainsi moins toxique sa consommation. Un point essentiel que Philip Morris International a mis en avant pour pouvoir obtenir de la part de la FDA une autorisation à la vente sur le sol américain et la qualification de son produit comme “tabac à risque modifié”.

 

Tabac chauffé, moins de risque pour la santé ?

Selon une étude menée en parallèle par des chercheurs lausannois et publiée dans le JAMA Internal Medicine, les taux de substances toxiques dans la fumée du tabac chauffé ne seraient pas réduits mais au contraire bien supérieurs aux taux annoncés par Philip Morris International. Le tabac chauffé ne serait donc pas différent de la cigarette classique et dégagerait les mêmes composants nocifs dans sa fumée que dans celle de la cigarette conventionnelle.

Une découverte contestée par le groupe Philip Morris International qui a tenu à répondre à cette étude en plusieurs points, reconnaissant tout de même la présence de pyrolyse et de CO (monoxyde de carbone) lors de la consommation du tabac chauffé. Pour eux, la différence des taux de substances toxiques réside dans la différence des méthodologies employées. En effet, les chercheurs lausannois n’auraient pas utilisé une cigarette standard spécifique à la recherche comme celle développée par les fabricants et non commercialisée.

Pour l’heure, le tabac chauffé du groupe Philip Morris International devrait être vendu sur le sol américain par le biais d’une licence exclusive avec le groupe Altria Group. Une nouvelle a laquelle André Calantzopoulo, CEO de Philip Morris, a réagit : « La FDA établit des lignes directrices claires de commercialisation, y compris en termes d’exigences marketing, qui maximisent la possibilité pour les adultes d’arrêter les cigarettes, tout en minimisant les risques que ce produit soit accessible aux non-fumeurs. Nous soutenons pleinement cet objectif. La FDA a posé un haut degré d’exigence et nous sommes impatients de travailler avec elle afin de nous assurer que le produit vise les bonnes personnes : les fumeurs adultes actuels ».

Un lancement qui ne fait pas peur au géant de l’industrie du tabac, qui connaît le marché américain. En mars dernier, le groupe avait démontré qu’environ 7,3 millions de fumeurs adultes dans le monde entier avaient arrêté de fumer pour passer à son produit de tabac chauffé.