OPINION// Face à la montée en puissance des États-Unis et de la Chine et pour assurer le leadership européen, il est urgent de développer le partenariat public-privé suivant un nouveau modèle intégrant davantage les start-up françaises.

 

En quelques années, l’exploitation de l’espace, et particulièrement de l’orbite basse, est devenue indispensable au déploiement de nouvelles applications et de nouveaux services avec des enjeux économiques colossaux. SpaceX, Rocket Lab, Firefly… Selon Morgan Stanley, l’industrie spatiale mondiale pourrait générer des revenus de plus de 1 100 milliards de dollars en 2040, contre 350 milliards de dollars actuellement. Si nous voulons faire émerger des leaders européens et ne pas avoir à faire face à court terme à une alternative sino-américaine unique, il est urgent de changer rapidement de stratégie dans le partenariat public-privé.

 

Privilégier la commande publique à la subvention

A ce jour, les programmes régaliens sont systématiquement fléchés vers des grands acteurs bien établis alors que les nouvelles entreprises du spatial sont également en mesure de fournir des solutions opérationnelles. Ces start-up ont dépassé les phases critiques des débuts, sont bien financées et ont pour ambition de devenir des leaders mondiaux de leurs secteurs. Elles sont aujourd’hui légitimes pour se voir confier des contrats opérationnels pluriannuels, non plus uniquement des petits contrats de développement ponctuels. L’enjeu à court terme est double : soutenir le développement des start-up françaises du spatial sans qu’elles soient contraintes de partir à l’étranger et garantir la souveraineté française dans un secteur d’avenir.

 

Encourager une saine compétition entre les acteurs par la création de contrats de taille intermédiaire.

Favoriser une concurrence saine entre les acteurs a contrario de la politique du champion unique menée jusqu’alors, est tout aussi indispensable. Cela passera par la création de contrats publics de taille intermédiaire (1M€-50M€). La « compétition par stade », partant de quelques centaines de milliers d’euros vers un contrat final de plusieurs dizaines de millions d’euros assure une compétition initiale intense et la victoire d’un prestataire final sur un contrat majeur. C’est la stratégie de l’Allemagne, qui a récemment mis en compétition plusieurs start-up du secteur du lancement pour attribuer au vainqueur un premier contrat de 11M€. Ce type de compétition pourrait être utilisé en France dans de nombreux domaines comme les services spatiaux, les satellites, les lanceurs.
Avec les talents qu’elles attirent, les capitaux qu’elles peuvent mobiliser, leur approche agile du développement et leur capacité à prendre des risques, les nouvelles entreprises françaises du spatial peuvent contribuer de façon significative à la souveraineté de la France et au maintien de l’Europe dans le groupe des leaders mondiaux du spatial.

 

Tribune rédigé par Nicolas CAPET, David HENRI, Antoine de CHASSY, Arnaud GUERIN et Clément GALIC

 

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