Dans une vidéo au contenu raciste publiée sur les réseaux sociaux vendredi 3 janvier, des salariés du Slip français ont été reconnus le visage peints en noir. C’est toute la jeune pousse qui a dû s’expliquer. Retour en quatre temps sur la polémique. 

 


Etape 1 : la vidéo du scandale

Une jeune femme en boubou bleu et le visage peint en noir vient chercher ses convives à la descente du train, en ne manquant pas de les saluer en “imitant” un accent qui ferait passer les sketchs de Michel Leeb pour des spots de communication de SOS Racisme. Puis dans un appartement, on entend “Saga Africa”, son sur lequel un des convives s’agite déguisé en singe. N’en jetez plus. Ces scènes apparaissent dans une vidéo relayée sur Instagram par le compte @décolonisonsnous, un compte qui cherche à “déconstruire l’héritage post-colonial de l’inconscient collectif”. Et le compte de préciser en description : “Ne nous détrompons pas. TOUT le monde connaît le sens d’un blackface aujourd’hui. C’est suffisamment médiatisé pour que l’on sache qu’y avoir recours est plus que problématique. C’est raciste.” Le compte révèle que des employés de la start-up le Slip Français, connue pour ses sous-vêtements made in France, apparaissent dans la vidéo. Et leurs identités sont révélées sans autre forme de procès par le compte.

Etape 2 : Indignation et appel au boycott 

Vendredi 3 janvier, c’est donc un étonnant hashtag qui s’est positionné en top tendance sur Twitter : #boycottSlipfrançais. De nombreuses voix, exposées ou anonymes, ont condamné la vidéo, dont Dominique Sopo, président de SOS Racisme : “Il y a peu a été diffusée 1 vidéo de 3 personnes qui font du #blackface, imitent un accent “africain” & se déguisent en singe. Raciste? “Non, c’est une soirée Africa” répond l’une d’elles. Le + désolant: ce sont des jeunes qui ne comprennent même pas qu’ils véhiculent le racisme.”

De nombreuses personnes sont allées bien plus loin en demandant le boycott pur et simple de la marque. Le fait que la soirée ait été organisée dans un cadre privé n’y change rien. A force de vouloir faire rentrer les individus dans la “culture d’entreprise”, on fait désormais rentrer la culture d’entreprise dans les individus. Il faut dire aussi que les “valeurs” de responsabilité et d’éthique prônées par le Slip français passent pour de l’hypocrisie face aux propos relayés dans la vidéo. Comme si la Twittosphère se rendait compte des arguments marketing ne valaient pas une charte éthique…

Etape 3 : La réponse du Slip français

La jeune pousse a donc répondu par communiqué et assure avoir pris des sanctions contre ses deux employés : “Nous sommes choqués et nous condamnons fermement ces actes. Nous prônons et prônerons toujours des valeurs d’égalité et de respect qui sont à l’opposé de ce comportement. Toute manifestation raciste ou à caractère discriminatoire n’est pas acceptable pour notre entreprise. Les salariés concernés ont été convoqués et sanctionnés par la direction du Slip Français. Nous avons rassemblé tous les employés pour réaffirmer nos valeurs d’égalité, de respect et rappeler la responsabilité de chacun dans son rôle de citoyen dans la sphère publique comme dans la sphère privée.”

Etape 4 : Le retour d’indignation

Si l’indignation face à la vidéo semble faire l’unanimité, certaines réactions sont pointées du doigt comme excessives sur les réseaux. D’une part, l’appel à boycotter le Slip français est présenté par certains internautes comme peu approprié : en somme, pourquoi pénaliser une entreprise pour des faits réalisés par ses salariés dans un cadre privé ? D’autre part, l’annonce des sanctions prises par le Slip contre ses salariés a été pointée du doigt comme une réponse hâtive à la “vindicte” populaire en ligne. Contrairement à ce que clame la marque, pour changer le monde, il ne faut mieux pas commencer par changer de slip…

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