Désireux de faire office de véritable entremetteur entre les milieux d’affaires chinois et hexagonaux, le Chinese Business Club, dirigé d’une main de maître par Harold Parisot, peut s’enorgueillir, quatre années seulement après sa sortie de terre, d’avoir remporté haut la main cet ambitieux pari.

« Une histoire hallucinante. Il y a quatre ans, lorsque j’ai monté ce qui n’était encore que les prémices du club, j’avais pour ambition de créer un petit club informel de networking. Aujourd’hui, il s’agit d’un hub incontournable pour les décideurs des deux rives ». Les yeux pétillants de fierté, Harold Parisot ne cache pas une certaine satisfaction, à juste titre, lui qui a réussi ce que personne n’a eu la « présence d’esprit » d’imaginer avant lui : la mise en place d’une véritable plateforme d’échanges et de relations d’affaires entre les décideurs chinois et les forces vives de l’économie hexagonale. Un club « premium » où les responsables des deux pays peuvent « faire du business » en toute liberté et en toute décontraction sous les ors des plus beaux palaces de la capitale, du Peninsula au Shangri-La en passant par l’hôtel Intercontinental. « Les Chinois adorent tout ce qui brille », souligne, malicieux, Harold Parisot qui a peaufiné et ciselé ce projet en ligne directe avec son activité première : l’immobilier de prestige off market.


Le prestige comme vertu cardinale

Ciblant une clientèle de riches étrangers issus du Moyen-Orient, de Russie – même si les clients russes sont désormais plus rares – de Chine continentale et de Hong-Kong désireuse d’investir dans des biens en toute discrétion, Harold Parisot remarque que sa clientèle asiatique est résolument désireuse de rencontrer et d’échanger avec des décideurs français. « Ils voulaient, en effet, rencontrer des responsables publics, des chefs d’entreprises et même des journalistes », abonde-t-il. Estimant qu’il y a là une opportunité à saisir, le fringant quadragénaire, qui cultive une certaine discrétion inhérente à son métier, n’en est pas moins un redoutable homme de réseaux.  « J’en ai parlé autour de moi, notamment à Laurent Dassault, et en septembre 2012, au Polo Club de France, le Chinese Business Club voyait officiellement le jour », se remémore Harold Parisot. En cette fin d’été, seule une cinquantaine de personnes répondent à l’invitation. Mais petit à petit, le club va se forger une réputation qui va dépasser les frontières hexagonales, devenues déjà trop étroites.

Des Falcon vendus pendant le déjeuner

Un coup d’essai qui va se transformer en coup de maître. Fort de réseaux savamment disséminés dans toute la capitale – des palaces parisiens, aux guides touristiques en passant par l’Ambassade de Chine -, de plus en plus de responsables économiques ou politiques chinois ou Hongkongais ne quittent pas Paris sans une halte au « club ». Dongfeng – qui a sauvé Peugeot de la faillite -, le fonds d’investissement Fosun qui a certainement fait de même avec le Club Med, et les plus hauts ambassadeurs de la « Tech chinoise » comme Huawei et Lenovo, y ont leur « rond de serviette ». Au même titre que les membres français comme AccorHotels, Bouygues, Dassault Aviation ou encore Richemont qui devront bientôt débourser 9 500 euros annuels (contre 7 500 euros jusqu’à présent) pour assister à une dizaine d’événement par an.

Un coût, certes peu important pour les grands groupes susnommés, mais qui est loin d’être négligeable pour les start-up et autres PME également membres. Mais la réponse du « maître de cérémonie » est implacable. « 100% des membres ont renouvelé leur adhésion depuis quatre ans ». Fin de citation. Un positionnement premium qui marche, des échanges enrichissants et des déjeuners résolument fructueux. « Certaines ventes de Falcon privés (appareil phare du groupe Dassault) auprès de riches hommes d’affaires hongkongais se sont déroulées pendant ces déjeuners même si je ne suis pas au courant de tout », glisse Harold Parisot dont les rendez-vous traversent les cieux. Prochaine étape : un dîner organisé en Chine, le 8 avril prochain, avec des membres du gouvernement de Xi Jinping. 

Les politiques assidus

Fort de cette réussite incontestable et incontestée, après quoi court encore Harold Parisot ? L’intéressé, à la manière d’un responsable politique, déroule sa feuille de route en trois points : 1) faire venir plus d’étudiants chinois en France, 2) attirer davantage de touristes chinois sur le territoire dans l’intérêt de notre économie et de toutes nos marques françaises et 3) faire de la France une terre d’investissements chinois. « Sinon je pars du principe que toute cette manne et ce potentiel économique iront à Londres, Berlin ou Genève », souligne le quadragénaire qui loue le pragmatisme des Chinois dans le business, et dont les Français devraient, selon lui, largement s’inspirer. « Lors d’un déjeuner avec des décideurs chinois, on rentre immédiatement dans le vif du sujet quand cela tourne davantage en rond avec les Français, au point d’aborder les questions cruciales uniquement au moment du dessert ». Un propos un poil caricatural mais qui a le mérite de mettre en lumière le manque d’allant et de prises de risques des décideurs français. 


Auréolé de ces « fameux » retours d’expériences, Harold Parisot distille même quelques conseils aux entreprises désireuses de se rendre attractives aux yeux des consommateurs chinois et en particulier des internautes. « C’est un vivier potentiel de 800 millions de clients, or j’ai du mal à comprendre qu’il y ait si peu de marques françaises présentes sur des réseaux sociaux locaux comme WeChat par exemple ». Un discours offensif auquel souscrivent allègrement les responsables publics venus déjeuner au Chinese Business Club, à l’instar d’Emmanuel Macron, alors à Bercy, ou encore Nicolas Sarkozy et, plus surprenant, le chantre du « Made in France », Arnaud Montebourg, lorsqu’il était aux commandes du ministère du Redressement productif. « Même lui soulignait à ce moment-là l’importance d’intensifier les liens franco-chinois », sourit Harold Parisot.  Entre les discours et les actes, le Chinese Business Club a fait son choix.