SmartHab vient de lancer une ICO (Initial Coin Offering). Elle doit permettre l’émission de 8 milliards de jetons cryptographiques. Fondée il y a deux ans par Godefroy Jordan et Thibault Dutreix, la start-up propose des solutions de logements intelligents (sécurité, énergie, bien-être et pilotage) pour des immeubles neufs. Avec cette ICO, l’entreprise ambitionne de lever 13 millions de dollars pour développer un service de notarisation des données sensibles collectées par les objets connectés et reposant sur la blockchain. L’objectif est de remettre de la confiance dans la Blockchain.

Il veut instaurer de la confiance dans le monde de la blockchain. Godefroy Jordan, cofondateur de SmartHab avec Thibault Dutreix, a lancé au mois d’août une ICO. L’Initial Coin Offering, cette méthode de levée de fonds qui fonctionne par l’émission d’actifs numériques – ou jetons – échangeables contre des cryptomonnaies (puis éventuellement contre de l’argent sonnant et trébuchant). Le tout se déroule grâce à la blockchain. Problème, par manque de connaissance ou par quasi absence de réglementation, les établissements bancaires font la moue devant les acteurs du secteurs.


L’ICO de SmartHab doit permettre l’émission de 8 milliards de jetons cryptographiques HAB destinés aux transactions sur la plate-forme et la création de « boîtes noires » cryptographiques pour conserver de manière sécurisée les données collectées dans les objets connectés des villes intelligentes.

Godefroy Jordan explique : « Aujourd’hui dans le monde, il y a trois milliards de capteurs connectés. Or, les données sont collectées par les entreprises qui les installent, ils sont juge et partie. La blockchain est donc la solution. »

 

Son idée : qu’un property manager enregistre sur la blockchain les données produites par les objets connectés des immeubles dont il a la gestion. Sur la blockchain, les jeux de données deviennent des coffres-forts et les utilisateurs peuvent choisir le niveau de confidentialité. « C’est de l’économie circulaire puisque pour tout cela, ils achètent des Hab », précise Godefroy Jordan. Un smart contract est également noué et permet d’établir un nouveau niveau de sécurité. « En cas d’incendie, les experts n’auront plus qu’à ouvrir les boîtes noires des objets connectés pour connaître la responsabilité de chacun. » Comme avec un avion.

« Attention, le but n’est pas de se dédouaner, au contraire ! Il s’agit d’éviter la destruction de preuves par exemple. L’idée est de remettre de la confiance. » Et de proposer un monde mieux sécurisé, affirme l’entrepreneur. Si sa technologie est pensée pour les situations d’accident ou d’incendie, il compte également la poster en amont. « Sur un chantier, il peut arriver qu’en cas de mauvais temps et en raison de retard dans la livraison, le chef demande à son grutier de monter et poursuivre les travaux. Avec ce système de smart contract, si un vent trop fort est enregistré par le capteur, la grue sera verrouillée, par mesure de sécurité. »

ICO

Mais voilà, pour lancer cette technologie de la boîte noire des objets connectés, SmartHab veut aller au bout de la démarche en lançant une ICO, méthode de levée de fonds encore peu utilisée et réglementée. « En un an, les ICO se sont professionnalisés avec des fonds d’investissements spécialisés qui posent exactement les mêmes questions que lors d’une levée classique », remarque Godefroy Jordan.

En parallèle de sa levée de fonds en ICO, SmartHab lance une levée en série A. « Une ICO finance un produit, alors qu’une série A finance l’entreprise, les deux sont complémentaires. » Mais l’entrepreneur regrette de voir si peu d’ICO en France en raison, selon lui, « d’un écosystème petit et d’une méconnaissance du secteur. »

Pour faire avancer la cause des ICO, Godefroy Jordan prend la décision d’anticiper les dispositions de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). « Ce cadre proposé est très bien et nous avons décidé de nous l’appliquer, notamment le fait de demander un label pour s’auto-réguler », explique Godefroy Jordan. « Quand le visa sera en place, cela rassurera en enlevant les peurs sur les porteurs de projets. » Car pour l’instant, difficile pour une start-up ayant réalisé une ICO d’ouvrir un compte en banque.

Selon Les Echos, trois députés LaREM, Valeria Faure-Muntian, Christine Hennion et Eric Bothorel, ont déposé un amendement pour offrir un cadre juridique aux prestataires de services du monde des crypto-monnaies. « L’amendement propose à tous les acteurs établis en France – et non plus seulement aux émetteurs de tokens -, de solliciter un agrément auprès de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) », précise le quotidien. Le « visa » sera cependant optionnel, mais « gage de crédibilité ». Et surtout, permettra l’ouverture d’un compte bancaire. L’homologation sera quant à elle obligatoire pour les plate-forme d’échange de monnaies.


« Pour faire de Paris une capitale des ICO, il faut un cadre légal, un cadre fiscal, et des intermédiaires pour éduquer le marché », estime Godefroy Jordan. Pour cela, il souhaite un allègement de la fiscalité (les ICO étant assujetties pour l’instant à la TVA). « A défaut, les ICO continueront à être principalement menées depuis des Etats en mesure de proposer une fiscalité attractive. »