Au moment de l’écriture de cet article, le coronavirus touche 28 pays et plus de 89 000 patients ont été contaminés. Ces chiffres continuent de grimper, et la menace de la pandémie se rapproche de plus en plus de nos frontières.

Selon le rapport hebdomadaire du Chinese Center for Disease Control and Prevention (China CDC), 1 023 décès sont survenus des suites du Covid-19 en Chine. Cela représente un taux de mortalité par cas de 2,3 %, car seuls 44 672 cas de syndrome viral avec pneumonie se sont avérés être dus au coronavirus, les autres étant liés à une pneumonie. La Chine, et plus précisément la province du Hubei, est le foyer principal de l’épidémie à ce jour. Si n’importe qui, n’importe où, sur terre ou en mer, peut contracter cette infection, le degré des symptômes et le risque de mortalité varient considérablement en fonction de plusieurs facteurs démographiques.


1. Les personnes âgées s’en sortent moins bien. Sur les 1 408 cas de Covid-19 chez des patients de plus de 80 ans, 208 décès ont été constatés, pour un taux de létalité (nombre de décès par nombre de cas) de près de 15 %. En revanche, aucun décès n’est à déplorer parmi les 416 cas chez des enfants de 0 à 9 ans, et un seul décès parmi les 549 cas chez des enfants et adolescents de 10 à 19 ans.
2. Les personnes souffrant d’autres maladies chroniques sont plus touchées. On recense environ 5 000 cas de personnes ayant déclaré une maladie comorbide connue, comme l’hypertension artérielle, le diabète, une maladie cardiaque, une maladie pulmonaire chronique ou un cancer. Le taux de mortalité moyen dans ces groupes se situe entre 5 et 10 %, alors que pour les autres, le taux de mortalité se situe à moins de 1 %.
3. Il vaut mieux l’attraper ce mois-ci que le mois dernier. Les personnes ayant été contaminées avant le 10 janvier ont eu un taux de mortalité allant jusqu’à 15 %, alors que pour celles ayant été contaminées après le 1er février, le taux de mortalité était inférieur à 1 %. Cela est probablement dû à une prise de conscience du potentiel de contamination, avec pour conséquence une détection et des interventions plus précoces.
4. Les femmes s’en sortent mieux que les hommes. Selon un article paru cette semaine dans le New York Times, malgré le fait que les hommes et les femmes aient été contaminés à part à peu près égale (51,4 % des cas sont des hommes), les taux de mortalité diffèrent considérablement : 2,8 % pour les hommes et 1,7 % pour les femmes.
 
Si l’on se réfère aux données du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) et du MERS (syndrome respiratoire du Moyen-Orient), qui étaient tous deux également des coronavirus pathogènes, les hommes avaient également des taux de mortalité plus élevés que les femmes. Des expériences menées sur des souris contaminées par le SRAS et le MERS ont montré que les souris mâles étaient plus vulnérables que les souris femelles, et que l’ablation des ovaires ou le blocage des œstrogènes chez les souris femelles augmentaient leurs chances d’être contaminées et de mourir des suites de l’infection. La nature protectrice des œstrogènes est toujours à l’étude, tout comme le rôle des chromosomes. Chez la femme, la présence de deux chromosomes X, qui portent les gènes de l’immunité, peut entraîner une réponse immunologique différente par rapport aux hommes, qui ne portent qu’un seul chromosome X.

Autre facteur, les maladies pulmonaires chroniques dues au tabagisme, qui jouent sans doute un rôle dans la morbidité et la mortalité de l’épidémie de coronavirus. En effet, un tiers des fumeurs de la planète vit en Chine. Par ailleurs, plus de la moitié des hommes chinois fument, alors que c’est le cas de seulement 2 % des femmes chinoises. Du point de vue sanitaire, les femmes ont tendance à se tourner plus facilement vers des institutions médicales que les hommes, ce qui augmente leurs chances d’être dépistées et traitées suffisamment tôt. En outre, si se laver les mains n’empêche pas totalement la propagation d’une maladie, cela réduit sans aucun doute le risque de contagion à grande échelle. Pourtant, certaines études montrent que les hommes sont beaucoup moins susceptibles de se laver les mains au savon que les femmes.

Mais il existe un revers à la médaille du système immunitaire robuste des femmes, qui explique qu’elles sont plus susceptibles de contracter des maladies auto-immunes comme le lupus, l’arthrite rhumatoïde et certaines formes de maladies thyroïdiennes. Dans les maladies auto-immunes, les anticorps du patient attaquent certaines cellules, ce qui entraîne des réactions inflammatoires et des maladies chroniques dans un ou plusieurs organes. Les femmes sont en effet plus de trois fois plus sensibles aux maladies auto-immunes que les hommes.

L’épidémie de Covid-19, qui pourrait bientôt atteindre le stade de pandémie, ne semble pas ralentir, bien au contraire. Une prise de conscience sur l’importance du dépistage précoce du coronavirus, en particulier chez les hommes âgés, pourrait aider les autorités sanitaires à contrôler la progression de la maladie, du moins dans une certaine mesure.

 

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