Les actions d’Alphabet, le conglomérat détenu par Google, ont chuté de près de 5 % au quatrième trimestre 2019. Bien que les résultats financiers de la société aient battu toutes les estimations et que les données financières de YouTube, très attendues, aient enfin été révélées, le chiffre d’affaires d’Alphabet n’est pas à la hauteur.

 

Bénéfice par action : 15,35 $ (contre des estimations de 12,53 $ selon Refinitiv).

Chiffre d’affaires : 46,08 milliards (contre des estimations de 46,94 milliards).

Bien que seul un léger manque à gagner ait été enregistré au quatrième trimestre, le chiffre d’affaires d’Alphabet, hors traffic acquisitions costs (la somme, en pourcentage du chiffre d’affaires, versée par Google aux fabricants afin qu’ils choisissent ses services par défaut et ainsi générer du trafic vers ses pages), s’élevait à 37,57 milliards de dollars, contre 38,38 milliards prévus par Wall Street.

Il s’agit des premiers résultats depuis que Sundar Pichai a pris la direction d’Alphabet, après le départ de son cofondateur Larry Page en décembre dernier. Certains analystes espéraient que le changement de direction apporterait plus de détails sur les autres activités de l’entreprise, et celle-ci a tenu parole en fournissant de nouvelles informations sur le cloud computing et les publicités sur sa plateforme vidéo YouTube.

L’an dernier, YouTube a réalisé un chiffre d’affaires annuel de 15 milliards de dollars (révélé pour la première fois par la société), soit une croissance de 35,8 % par rapport à l’année précédente. Contrairement aux publicitaires sur les moteurs de recherche, Alphabet ne conserve qu’une petite partie de ces revenus : la directrice financière Ruth Porat a en effet déclaré, à l’occasion de la publication des résultats, que la société versait « une majorité » de son chiffre d’affaires à ses créateurs. Elle a également donné un aperçu des revenus non publicitaires de YouTube, révélant un rythme annualisé de 3 milliards de dollars pour les abonnements à ses services premium et TV.

En revanche, les services de cloud ont pour leur part enregistré un chiffre d’affaires annuel de 8,9 milliards de dollars, soit une hausse de 53 % par rapport à l’année précédente. Le rythme annualisé est de 10 milliards de dollars, en hausse par rapport aux 8 milliards de dollars annoncés au deuxième trimestre. L’entreprise n’a cependant pas publié le bénéfice avant intérêts et impôts ou, le cas échéant, les pertes subies par YouTube et Google Cloud Platform. Ainsi, les investisseurs ne connaissent que la rentabilité globale de Google, et non celle de ses entreprises individuelles.

Pourtant, les analystes ont été ravis des nouvelles révélations. Heather Bellini, analyste chez Goldman Sachs, déclare : « Il s’agit de la meilleure communication de la part de Google ou Alphabet depuis que je couvre l’entreprise. Vous nous avez donné beaucoup d’informations ».

Le service cloud de Google devrait être l’une des plus importantes sources de revenus de la société à l’avenir. Cette dernière a d’ailleurs déclaré que Google Cloud Platform se développait plus rapidement que son activité G Suite, qui propose des versions professionnelles des applications traditionnelles, comme la messagerie (Gmail) et le stockage (Google Drive). Pourtant, les 2,6 milliards de dollars générés par Google pour ses activités de cloud au quatrième trimestre sont loin derrière Amazon (9,95 milliards de dollars au quatrième trimestre) et Microsoft (11,9 milliards de dollars au quatrième trimestre). À noter que les chiffres sont difficiles à comparer, car les trois entreprises présentent leurs finances différemment.

La publicité représente toujours la part du lion des revenus d’Alphabet : 37,93 milliards de dollars pour le trimestre, soit 82 % de ses revenus totaux. Ceci dit, sa croissance de 16,7 % d’une année sur l’autre n’est pas aussi importante qu’elle a pu l’être, avec autrefois un taux de 20 %. En dehors du cloud, les autres revenus de Google, comme les ventes de matériel et d’applications, ont atteint 5,3 milliards de dollars, soit une hausse de 10,3 % par rapport à l’an dernier. Ruth Porat, la directrice financière, a mentionné une baisse des ventes de matériel lors de l’annonce des résultats, mais n’est pas entrée dans les détails.

Par ailleurs, Alphabet a indiqué que ses efforts à plus long terme (comme l’unité de véhicules autonomes Waymo et la société de soins de santé Verily, entre autres) avaient permis d’enregistrer un chiffre d’affaires de 659 millions de dollars pour l’année entière (soit 11 % de plus que l’année précédente), avec des pertes d’exploitation à hauteur de 4,8 milliards de dollars pour l’année, contre 3,4 milliards de dollars en 2018. Google cache également un élément comptable, appelé « Other bets » (paris divers), qui comprendrait plusieurs projets variés, aujourd’hui déficitaires, mais que les investisseurs considèrent comme la clef d’un avenir radieux pour la société. Pour compenser les dépenses de l’entreprise, Sundar Pichai a déclaré qu’Alphabet cherchait de plus en plus à s’associer étroitement avec d’autres acteurs et investisseurs du secteur, faisant référence à la façon dont Verily, une de ses filiales scientifiques, est parvenue à lever 1 milliard de dollars en fonds extérieurs l’an dernier.

 

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