Le coliving, c’est le principe du coworking appliqué au résidentiel. Des immeubles suréquipés et partagés qui permettent aux jeunes de se loger pas cher en centre-ville ! Une petite révolution.

Le coliving, c’est la nouvelle tendance forte en immobilier résidentiel. L’idée est de proposer à des colocataires de partager des immeubles « nouvelle génération » avec espaces partagés (pièce de travail, salle de fitness, laverie, toit-terrasse, bar) et accès à une kyrielle de services : conciergerie, ménage, changement de linge, repassage. Cette nouvelle tendance venue des États-Unis est de plus en plus plébiscitée par les jeunes actifs urbains en recherche d’une vie en communauté, tout en conservant un espace qui leur est propre.


Va-t-elle se développer en France ? Oui, répond le spécialiste des transformations de l’immobilier CBRE dans sa dernière étude. Car le coliving propose un accès à des espaces communs et un haut niveau de services et de prestations mais surtout une flexibilité forte recherchée par les jeunes : préavis court, durée de séjour, gestion de l’ensemble de l’offre de services sur une application dédiée à l’immeuble, etc.

Selon CBRE, le coliving s’adresse donc aux jeunes actifs… mais pas que ! Il séduit également les étudiants en fin de formation, les actifs en transition ou en mission de courte ou moyenne durée loin de leur domicile, voire les quinquagénaires qui se retrouvent seuls, suite au départ de leurs enfants du domicile !

Surtout, il permet aux colocataires de réaliser une économie mensuelle moyenne de 155 € sur le budget logement. Par rapport à un résidentiel classique meublé qui revient à 1 005 € par mois en moyenne à Paris, le coliving (850 € par mois) permet de réaliser une réelle économie.

« En France, il y a dix fois plus de demandes en coliving que de places disponibles », estime Amaury Courbon, cofondateur de Colonies, un opérateur spécialisé dans le coliving.

De quoi éveiller la curiosité des investisseurs. Le coliving est en passe de devenir un investissement immobilier alternatif à fort potentiel.

Du coup, les projets se multiplient. Lime, créé par Agathe Duboureau, a été précurseur en proposant, dès 2017, cinq suites en plein centre-ville de Bayonne.

Colonies s’est ensuite lancée avec un immeuble de treize appartements à Fontainebleau conçu pour les étudiants de l’Insead puis un deuxième dans le XXe arrondissement de Paris avant de s’attaquer au quartier au Marais et à La Défense. Grâce à sa dernière levée de fonds de 11 millions d’euros, la start-up envisage maintenant de doubler ses effectifs en passant de 15 à 30 salariés et de développer son offre dans plusieurs villes françaises de province comme Bordeaux, Lille, Toulouse ou Marseille. Avant d’attaquer l’Europe.

Mais attention, le ticket d’entrée est important pour les investisseurs car les résidences sont vendues en bloc. Soit un budget minimum de 1 million d’euros. Avec Colonies, le propriétaire signe un bail commercial pour confier l’exploitation à cet opérateur. « On dessine les plans, on gère la société en charge des travaux, on livre le produit, on s’occupe de la mise en location», confiait Amaury Courbon au Figaro.

C’est pourquoi d’autres opérateurs proposent aux particuliers de financer ce type de projet via les plateformes de crowdfunding. C’est le cas d’Axis à Marseille qui a réhabilité les anciennes Galeries Lafayette de Marseille pour créer The Babel Community. Un projet qui mixe coliving et coworking. On y trouve des studios et des deux-pièces (avec chambre séparée), mais aussi des bureaux individuels, des postes de travail en open space, des bureaux multipostes et des salles de réunion, ainsi qu’un restaurant et une salle de sport. D’ailleurs, ceux qui le souhaitent peuvent même louer une chambre en colocation dans un grand appartement (cinq chambres) de cet immeuble.

Preuve que le marché est en plein boom, les promoteurs de SCPI (Société civiles de placement immobilier), notamment La Française REM, commencent aussi à se positionner sur des projets de coliving.