Si les compagnies aériennes hexagonales ont le vent en poupe et récoltent un satisfecit auprès des usagers, les aéroports français ont davantage de difficultés à satisfaire une clientèle de plus en plus exigeante.

Première et dernière image de notre pays pour les 186 millions de voyageurs ayant visité, traversé, transité, arpenté les chemins hexagonaux en 2016, l’aéroport fait véritablement office de vitrine et son usage ainsi que la qualité de ses services sont particulièrement scrutés par une « clientèle » issue des quatre coins du monde. Mais, malheureusement, selon une étude publiée par l’association de consommateurs « UFC Que Choisir », la « vitrine » est quelque peu poussiéreuse, notamment en ce qui concerne la région parisienne où les aéroports de Roissy Charles de Gaulle (9 terminaux, 4 pistes et 157 compagnies aériennes présentes) et Orly (+5,3 %, à 31,23 millions de passagers, avec un low cost représentant 36 % des passagers) traînent leur peine en queue de classement, respectivement à la 31e et 29e place avec des notes – 13,9 et 13,7/20 – qui leur permettent tout juste d’obtenir la mention « passable ».


Dans le détail, les deux plateformes parviennent tout juste à surnager pour la qualité du téléaffichage (15,1/20), mais  cristallisent de nombreuses critiques sur la qualité des bars et des restaurants (un mal qui touche l’ensemble des aéroports, comme le démontre l’enquête de l’UFC) et sur les zones de repos ou d’attente, qui ne satisfont pas les passagers (nombre de sièges, présence de prises, etc.). Une image « écornée » relativement dommageable lorsque l’on sait que ces deux grands pôles franciliens drainent à eux seuls plus de la moitié du trafic – 52,1 % plus précisément – grâce notamment à l’apport des visiteurs étrangers.

Croissance des passagers en dépit de la menace terroriste

En dépit de la menace terroriste planant sur notre territoire, le nombre de passagers sur les vols intérieurs et internationaux s’est apprécié de 3,1 % sur l’année (à 186 millions de passagers comme évoqué en préambule). Sur dix ans, entre 2006 et 2016, la croissance du trafic des aéroports français, dans leur ensemble, grimpe de 25,4 %. Principal enseignement : si la destination France est toujours aussi prisée, malgré une année 2015 cauchemardesque pour l’image du pays, ses « plateformes » d’accueil souffrent d’un déficit d’équipements et de structures qui lui permettraient de rivaliser avec les plus grands aéroports européens. Avant de venir se confronter aux « poids-lourds » internationaux.

Mais pour l’heure, Orly et Roissy sont à des « années-lumière » de pouvoir tenir la dragée haute aux références du secteur même si des progrès notables sont à souligner, notamment du côté du premier aéroport français, Roissy Charles de Gaulle. Même si ces efforts demeurent encore insuffisants.  En effet, comme mis en exergue par le classement de référence en la matière et publié par le site Skytrax, l’application et la volonté de “Roissy-CDG” pour améliorer la qualité de service lui ont permis de progresser, en 3 ans, de 62 places (de la 95e à la 33e place).

Singapour et Munich en tête… Beauvais continue de grimper

En outre, le palmarès UFC Que Choisir reprend peu ou prou les grandes lignes du classement Skytrax. Ainsi, c’est Singapour qui truste la tête des deux palmarès, avec, dans sa roue, l’aéroport de Munich. Cependant, concernant le « patient français », le jugement de Skytrax est encore plus cinglant puisqu’il faut descendre à la 92e place pour trouver un second aéroport français (celui de Nice). Ils sont, en revanche, 7 à être présents au sein du classement UFC Que Choisir (accueillant entre 3 et 15 millions de passagers).

A noter tout de même, la jolie performance du « petit nouveau » Beauvais-Tillé, qui peut se targuer de la plus forte progression toutes plateformes confondues dans le monde. Fort de ses quatre millions de passagers, qui sont 99 % à emprunter des compagnies low-cost, les « stratèges » de l’aéroport peuvent se réjouir, dans la mesure où sa note est passée, en 3 ans, de 11,8 à 13,1/20. Sorti de terre dans les années 1930, rappelons qu’il a frôlé la faillite il y a une vingtaine d’années, faute de trafic suffisant…