Le géant européen de l’aéronautique a réalisé un chiffre d’affaires de 64 milliards d’euros en 2018. Un chiffre cohérent avec les exercices précédents. Mais ces bons résultats sont noyés par l’annonce de l’arrêt de la production de l’A380, son modèle phare. 

Jeudi 14 février, jour de Saint-Valentin, Airbus a annoncé par la voix de son PDG Tom Enders, la fin de son idylle avec l’A380. Le géant européen de l’aéronautique civil et militaire va arrêter d’ici 2021 la production de cet avion de ligne très gros porteur. La raison : la baisse des ventes de l’avion ces dernières années. La rupture n’est pas pour autant définitive, Airbus a assuré aux acquéreurs de ce modèle qu’il continuera à s’occuper de la maintenance des avions en circulation. Lors de l’interruption définitive de la production de l’A380 en 2021, 250 exemplaires seulement auront trouvé preneurs. Bien loin des 1 572 exemplaires du 747 que Boeing a déjà écoulés (certes en 50 ans d’existence) ou des 1 421 exemplaires du 787 “Dreamliner” de Boeing, entré en service en 2009, soit quatre ans après lA380.  “Compte tenu des 7 600 avions que compte notre carnet de commandes, nous entendons accélérer notre montée en cadence. Toutefois, au vu du manque de demande de la part des compagnies aériennes, nous devons réduire la production de l’A380“, a ainsi affirmé Tom Enders.

Le dernier déboire en date est venu de Dubaï où la compagnie Emirates, principale cliente de l’appareil, a informé Airbus qu’elle ne voulait plus d’exemplaires supplémentaires du très gros porteur long courrier et qu’elle allait réduire son carnet de commandes à 39 A380. 

Une année record en termes de rentabilité 

Cette déclaration a estompé l’annonce des bons résultats financiers d’Airbus pour l’année 2018. Son chiffre d’affaires a été de 64 milliards d’euros, soit moins que les trois derniers exercices (avec un pic à 67 milliards en 2017) mais plus qu’en 2014. C’est la première baisse de chiffre d’affaires d’Airbus depuis au moins cinq ans. Mais dans le même temps, son résultat net et son résultat d’exploitation ont significativement augmenté. 

Même si 2018 fut une année de défis, nous avons respecté nos engagements, avec un niveau record de rentabilité grâce à une excellente performance opérationnelle, en particulier au quatrième trimestre“, a déclaré Tom Enders.  “La robustesse de nos résultats 2018 est reflétée par notre proposition d’un dividende record. En somme, Airbus est sur une solide trajectoire de croissance et nos activités Helicopters et Defence and Space sont également en bon ordre de marche, alors que la nouvelle équipe de direction s’apprête à prendre le relais sous la commandement de mon successeur Guillaume Faury.” Ce dernier remplacera Tom Enders en mai 2019. Fragilisé par des enquêtes pour soupçons de corruption en Europe contre Airbus, le patron allemand avait décidé fin 2017 qu’il ne briguerait pas de nouveaux mandat. Son histoire avec Airbus aura été décidément mouvementée.