On le sait, Paris est le centre économique, politique, administratif et même démographique de la France. Plus que la commune elle-même, c’est l’ensemble de la couronne parisienne – et même l’Île-de-France – qui joue ce rôle de « mégalopole » française. En effet, un Français sur sept habite en région parisienne : une densité de peuplement très importante ! Il n’est donc guère étonnant que l’habitat y soit dense, et que l’offre immobilière vienne s’adapter à cette demande sans commune mesure.

 


Vivre à Paris en 2020 ?

Pourtant, beaucoup de Français seraient étonnés d’apprendre que… Paris intra-muros perd chaque année des habitants !

Ainsi, le journal Capital annonçait ces derniers jours que la capitale perdait près de onze mille habitants chaque année : c’est l’exact opposé symétrique des années 2000, où la population parisienne croissait d’une dizaine de milliers d’âmes annuellement. Cela peut paraître peu par rapport à l’ensemble de la population de cette ville, mais c’est loin d’être négligeable : c’est une perte équivalant au poids démographique d’une sous-préfecture rurale, dont l’effet peut être palpable si la tendance dure trop longtemps.

Et c’est là ce qui peut étonnant : cette dynamique est déjà observable depuis quelques années. Le 3 janvier 2019, BFM TV faisait le point sur la période 2012-2017 : une perte sèche de cinquante-trois mille habitants en cinq ans. Aucun autre département français (car Paris, en plus d’être une commune, a le rang de département) ne connaît un tel déficit démographique. Ici, sur une période comparable à un quinquennat, le chiffre devient davantage cinglant : c’est comme si toute la population des 2e et 4e arrondissements s’étaient évanouie en l’espace de la présidence de François Hollande… !

En outre, il faut bien se figurer que ce chiffre représente un solde, c’est-à-dire une différence entre les départs et les arrivées. Comme il y a toujours des entrées, cela signifie que les sorties sont d’autant plus nombreuses : serait-ce une fuite généralisée de la capitale ? Non, bien sûr ! 

 

Le marché locatif parisienne mute constamment

La location à paris concerne beaucoup de monde. Même si la population intra-muros diminue officiellement, Paris demeure et restera longtemps une métropole d’ampleur mondiale. Il y aura peut-être un choc psychologique si son recensement passe en deçà du seuil des deux millions de Parisiens, mais on n’en est pas encore là.

Pour l’heure, professionnels, étudiants, vacanciers, commerçants et autres se pressent à Paris, pour quelques mois, pendant plusieurs années ou bien pour la vie. Naturellement, c’est la ville de France où les prix sont les plus élevés, à l’achat comme à la location. L’offre est cependant assez large pour que des appartements et studios à louer puissent demeurer raisonnables, surtout pour les étudiants pouvant faire de la colocation ou bénéficier d’aides boursières.

Pour les familles, et ce encore davantage si elles sont nombreuses, il sera en revanche difficile de trouver tout l’espace nécessaire, chaque mètre carré supplémentaire ayant une valeur précieuse. Cela explique que, si la population baisse à Paris, elle augmente parallèlement dans des départements limitrophes comme l’Essonne et la Seine-Saint-Denis, où les naissances sont nombreuses.

Là où le contexte a changé, c’est au niveau du tourisme et de l’origine des habitants intra-muros. Il est évident qu’il est de plus en plus difficile pour des Parisiens modestes de fonder une famille en restant au sein de la capitale. À ce niveau-là, il y a mouvement vers la périphérie – voire vers la campagne pour ceux qui veulent se couper un peu plus de l’urbanité. À l’inverse, des fortunes étrangères (ou de province) s’installent à Paris, d’où la diminution progressive du taux de résidences principales (passé de 85,30 % à 82 % entre 2012 et 2017).

Paris étant une ville touristique par excellence, attirant des voyageurs venus des quatre coins du monde, les locations meublées se sont multipliées. C’est un investissement rentable pour les propriétaires, mais cela représente autant de logements non loués ou habités à l’année. En la matière, l’équilibre sera difficile à trouver !