La French Tech Est Encore Plus Belle Que L’On Croit
Je couvre la technologie, le e-commerce, et les innovations intéressantes

Under Armour | Flickr

Une fois encore, les start-up françaises dépassent toutes les attentes et sont plus que bien représentées parmi les lauréats des Innovation Awards du CES 2017.

En arrivant au CES cette année, je ne pensais rien découvrir de nouveau. D’une certaine façon, je croyais avoir tout vu : je pensais que même s’il y avait des innovations incrémentales, il n’y aurait rien de disruptif. Oh que je me suis trompé ! C’était sans compter ce « je ne sais quoi » que les Américains utilisent en français dans le texte pour décrire un « French flair » qui est loin d’avoir exprimé toute sa force.  Car au-delà d’une représentation en constante augmentation de la French Tech au CES, qui suit une croissance importante mais régulière, le nombre de gagnants des Innovation Awards suit, lui, une croissance exponentielle, justifiée par une recherche constante du mieux, du plus beau, dans des secteurs aussi diverses que la santé, la maison, ou l’éducation. Le CES Unveiled du mardi 3 janvier en faisait la démonstration indubitable.

 

La santé connectée : la French Tech qui améliore notre vie

Kerastase et Withings se sont associés pour lancer une brosse à cheveux connectée. Withings, déjà leader dans les produits de santé connectés, propose ainsi avec le leader des produits professionnels de santé des cheveux ce nouveau produit. Au premier abord, on pourrait penser à un gadget inutile, ou un énième objet connecté. Mais là encore, la French Tech surprend : car s’il y a bien un secteur où personne n’a encore trouvé le remède miracle pour lutter contre le vieillissement (prématuré ou pas) et son impact (autant physique que psychologique) pour les hommes (mais aussi les femmes), c’est bien les problèmes de calvitie, mais même de la santé capillaire en général ! Et cette brosse permet de suivre l’évolution de cette santé et de mettre en place des programmes de prévention, de traitement, qui peuvent aider à lutter contre tous les problèmes capillaires.

Dans la même veine, Kolibree montrait au CES Unveilled sa nouvelle brosse à dents Ara. Après avoir montré au Unveiled de 2016 une brosse à dents et une app dédiées aux enfants pour les aider à mieux et plus brosser leurs dents, Kolibree sort cette année la toute première brosse à dent dotée d’une intelligence artificielle (AI, en anglais). La AI prend toute son ampleur cette année au CES, en étant l’un des 5 thèmes majeurs mis en avant par la Consumer Trade Association (CTA) lors de sa présentation avant le Unveiled. Et donc, retrouver de la AI dans une brosse à dents permet à cet appareil du quotidien d’apprendre : car voilà toute la beauté de l’AI, plutôt que juste communiquer avec un smartphone via une app, l’intelligence artificielle permet à la brosse à dents de changer pendant le brossage le programme ou les indications pour que le brossage soit plus efficace immédiatement. La Ara peut aussi communiquer avec le dentiste pour l’informer des problèmes relevés. Une vraie révolution !

Enfin, une start-up en plein dans l’air du temps, c’est le cas de le dire : Plumelabs, le « Waze de la pollution ». Plumelabs lance le Flow, un capteur personnel de pollution, qui permet de mesurer la pollution ambiante de l’air à n’importe quel moment, et donc d’aider le propriétaire du Flow à s’éloigner de ladite pollution. A terme, Plumelabs veut réduire l’impact de la pollution sur la santé en récupérant toutes les données collectées par les utilisateurs des Flows (comme Waze, donc) afin de les informer en temps réel des endroits plus ou moins pollués. Au-delà de ces applications plus B2C, Plume veut aussi récupérer les informations d’organismes tels qu’Airparif, afin de les revendre avec des analyses à des partenaires industriels pour l’immobilier (un jour peut-être, on parlera autant des zones inondables que des zones à forte pollution) ou aux fabricants de produits cosmétiques. Vu les alertes aux particules fines de ces dernières semaines, Plumelabs a de beaux jours devant lui !

 

La maison connectée : la French Tech qui améliore notre quotidien

Netatmo s’est associé avec le leader mondial des fenêtres, Velux, mais aussi avec Legrand, l’un des leaders des installations électriques, afin de proposer des produits pour la maison. Legrand renouvelle ainsi sa gamme phare, Céliane, avec des interrupteurs ou prises connectés pour offrir toute une série de services, de la gestion de l’éclairage à distance à la programmation de commandes dédiées. Netatmo sort ainsi du régulateur de température connecté similaire à Nest pour s’associer avec des entreprises présentes dans plusieurs secteurs, en particulier des leaders dans le bâtiment et la maison. Ce n’est pas pour rien que Netatmo sera sans doute la prochaine licorne française.

SevenHugs commercialise officiellement la première télécommande avec positionnement dans la maison, après avoir montré le premier prototype l’année dernière. Non seulement la télécommande est assez intelligente pour savoir si l’on pointe vers un store à fermer ou une ampoule à allumer, mais elle peut aussi être « augmentée » avec des apps dédiées. Le design de cette télécommande est unique, aussi beau que les Wistiki designés par Stark.

The Lovebox arrive aussi sur le marché juste à temps pour le CES. J’avais eu la chance de voir les premiers prototypes à la Cité de l’Objet Connecté à Angers, et la version finale est encore plus belle qu’attendue ! Fabriqué dans du bois de la ville de Saint-Amour, dans le Jura (cela ne s’invente pas), cette boîte permet à une personne d’envoyer des messages privés qui apparaîtront dans la Lovebox pour l’amoureux ou l’amoureuse loin de l’auteur du message. La boîte s’animera alors pour indiquer qu’un message est prêt à être lu. C’est un objet tout simple, avec une seule et unique fonction : rapprocher les amoureux transis. Mais vu que c’est un objet connecté, le but même de connecter des gens via un message d’amour est simple mais assez unique sur le marché.

 

Les enfants connectés : la French Tech qui protège et éduque nos enfants

Xooloo a lancé déjà deux apps, l’une pour mesurer le temps passé par les enfants sur leur propre smartphone ou tablette ; l’autre pour protéger le smartphone du parent qui prête son appareil à son enfant et ne veut pas se retrouver avec un appel important auquel son enfant répond. Les deux apps ont des règles intelligentes pour contrôler certaines fonctions, mais aussi des indicateurs clés, pour mesurer le temps passé sur les réseaux sociaux, les sites vidéo, etc. Mais au-delà de ces mesures, les apps permettent aussi de comparer les temps passés par votre enfant au temps passé par la moyenne nationale, ce qui donne des arguments aux parents pour limiter le « screen time » si l’enfant argumente que ses « copains ont plus de temps que lui » alors que l’indice national de l’app montrer le contraire.

Memoo by C-Way est une radio connectée qui donne accès aux enfants à 8 fonctionnalités distinctes, parmi lesquelles la messagerie, la météo, la musique, les histoires pour dormir, etc. Le design est alléchant, doux, ludique, et coloré, et donne envie de l’offrir à ses enfants !

Dans le même style, mais aussi avec sa propre personnalité, on trouve le REMI de UrbanHello, qui en plus d’avoir un design doux et sympathique, a aussi des expressions de style émoticons affichées sur le réveil, qui permettent aux enfants, même ceux qui ne savent pas encore lire l’heure, quand c’est l’heure de se réveiller ou de se recoucher. L’idée du REMI est vraiment d’aider les enfants à optimiser leur temps de sommeil, plus qu’à être un énième objet connecté. Et ceci n’est que le début. Ces dix start-up ne sont qu’un échantillon de ce que le CES réserve cette année, et vu leur qualité, les 250 et quelques autres présentes au Eureka Park et French Village, mais aussi au Unveiled, valent le détour, voire un autre article cette semaine.