A l’occasion du Web Summit qui se tient à Lisbonne au Portugal, Eric Morand, directeur du département Tech & Services de Business France, expose à Forbes France l’importance de se projeter à l’international pour les jeunes pousses de la Tech nationale. 

Forbes France : En quoi le Web Summit est-il un événement primordial pour la Tech française ? 

Eric Morand : C’est tout simplement un événement majeur de la Tech mondiale. Ce n’est pas qu’un événement européen, il y a n notamment beaucoup d’exposants américains. C’est un des plus grands, un des plus anciens aussi, qui attire naturellement beaucoup de monde. C’est aussi un salon qui couvre un grand nombre de sujets autour de la Tech, de la transition numérique à la commercialisation. C’est un rendez-vous très important pour toutes les entreprises notamment dans le domaine du B2B et du B2B2C et qui sont arrivées à un niveau assez avancé de maturité. Elle pourront y rencontrer des clients potentiels, valider leurs solutions software mais aussi hardware, démarcher des partenaires… Pendant longtemps, le Web Summit a aussi été un lieu pour recherche des investisseurs. C’est moins le cas depuis quelques années. Les VC se font plus discrets… Mais on y vient aussi pour avoir une grande visibilité médiatique. 

Que voulez-vous mettre en valeur concernant la Tech française ? 

Nous n’allons déjà pas au Web Summit tout seuls, mais nous sommes accompagnés par le « pavillon French Tech ». A cet égard, nous y allons pour valoriser le Next 40, les quarante jeunes pousses qui sont les fleurons de la Tech française, qui ont été révélées en septembre dernier. Notre objectif est de faire rentrer ces jeunes pousses sous le radar des gens qui comptent. Tout en mettant en avant le bel écosystème français qui a énormément progressé ces dernières années et qui est capable de faire sortir de bonnes sociétés. Un des autres points majeurs est de mettre en avant la politique d’ouverture de la France en matière de Tech, avec notamment des visas facilitant l’installation des entrepreneurs étrangers sur le sol français. Nous voulons faire venir des entrepreneurs de talent pour qu’ils fassent venir ou grandir leur société en France. En outre, nous espérions pouvoir développer l’activité internationale de nos entreprises, en leur faisant rencontrer le bon commercial qui saura les faire pénétrer dans le marché chinois, ou le bon responsable marketing qui saura adapter un produit au marché sud-américain. 

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Mais se lancer à l’abordage à l’étranger, n’est ce pas trop risqué ? Les exemples d’Uber et de WeWork notamment remettent ce système en question. 

Si on se déploie à l’étranger n’importe comment en effet, c’est dangereux. Mais quand on est une entreprise innovante, se projeter à l’international est important. Et hélas, on voit peu de sociétés françaises qui, dès le début de leur activité, se développent en anglais par exemple. Mais pour croître rapidement, viser l’international n’est pas optionnel, c’est indispensable. On pense qu’avec notre marché de 70 millions d’habitants on va s’en sortir, mais ce n’est pas suffisant. C’est pour ça aussi que les entreprises de la Tech aux Pays-Bas ou en Israël par exemple sont bien plus agressives sur le marché international : elles ont de tout petits marchés. Evidemment, nous préparons nos fleurons de la Tech à s’exporter. On ne les laisse pas partir la fleur au fusil. Et après tout, quand on entreprend, c’est un risque d’échouer. Il faut savoir le prendre.