Des nouvelles recherches démontrent que les données de localisation de Twitter permettent de prédire les crimes et sont donc un excellent outil de prévention.

Les chercheurs de l’Université de Cincinnati ont récemment annoncé leur projet concernant l’examen des rapports de crimes et la comparaison avec les posts publiés sur les réseaux sociaux. Selon eux, le personnel chargé de l’application des lois pourrait utiliser les données de localisation de Twitter pour prédire où les crimes se produisent et pourquoi ils se produisent dans des zones moins peuplées.

Le Bureau du recensement aux États-Unis ne se penche pas sur ce que les chercheurs ont appelé les tendances de la « population ambiante ». Le terme « ambiant » est ici défini comme un comportement mobile et transitoire, comme le fait que les gens se rassemblent dans un point chaud, tard dans la nuit, ou ont tendance à choisir un coin de rue spécifique pour se rassembler. Lorsque ces données sont corrélées, elles peuvent révéler des tendances. Par exemple, on sait que les petits vols sont plus susceptibles de se produire dans une zone très fréquentée.


« Dans certaines cultures, les gens ont tendance à se rassembler très tard le soir, à manger et à boire ensemble et souvent ils finissent pas se battre. Avec les données des réseaux sociaux, on peut être en mesure d’évaluer quand et où cela se déroule », explique le Dr. Lin Liu, professeur et chercheur au Département de géographie et au SIG de l’Université de Cincinnati, en s’adressant à Forbes.

Le Dr. Liu et un étudiant diplômé nommé Minxuan Lan ont déployé leurs efforts dans la recherche.

« Les informations spatio-temporelles contenues dans les tweets peuvent être un atout potentiel pour l’analyse du modèle de criminalité », explique le Dr. Liu. « Elles ont le potentiel de mesurer la répartition démographique de façon dynamique. Un utilisateur peut twitter dans son quartier résidentiel, dans les quartiers adjacents, sur son lieu de travail ou encore à d’autres endroits qu’il a l’habitude de fréquenter. Par conséquent, les informations de mobilité intégrées peuvent être révélées par les tweets. »

Cependant, les chercheurs savent qu’il y a des limites. Le Dr. Liu affirme que seulement 4% des utilisateurs de Twitter donnent accès à leurs données de localisation en permanence. De plus, Twitter n’est pas représentatif de l’ensemble de la population américaine et tend à attirer les jeunes utilisateurs, déclare-t-il. Des questions subsistent également concernant la précision de la localisation.

Toutefois, le principal avantage, dit-il, est que les forces de l’ordre pourraient utiliser les données sur les tendances comme un moyen de prédire les comportements déplacés. Cela pourrait permettre par exemple à la police de déployer davantage de membres de son équipe à certains moments, et ainsi empêcher le crime s’il en est encore temps.

Le traçage reste un sujet très controversé car il est souvent activé par défaut et on sait qu’il existe souvent des failles dans la confidentialité. Cependant, si les utilisateurs pouvaient participer à révéler les tendances, en utilisant Google Maps ou autres, cela pourrait être utile à l’analyse et à la recherche. « Dans ce schéma, le potentiel des réseaux sociaux réside dans l’explication de la criminalité et peut également aider à prédire la criminalité future », explique le Dr. Liu.

Twitter peut être un véritable refuge à trolls. En concentrant leurs efforts, les chercheurs et les forces de l’ordre pourraient prédire les crimes et ainsi les empêcher.

 

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