TikTok, le réseau social contagieux dont tout le monde parle, a récemment supprimé une vingtaine de comptes qui diffusaient sur la plateforme de la propagande pour l’État islamique. C’est le Wall Street Journal qui a dévoilé cette information lundi, affirmant que l’organisation terrorise cherchait à séduire les utilisateurs les plus jeunes.

Selon le Wall Street Journal, les comptes concernés postaient régulièrement des vidéos montrant des cadavres dans les rues, des soldats de l’État islamique armés et des femmes se définissant comme « djihadistes et fières ». Les vidéos avaient été éditées pour séduire les plus jeunes, avec notamment des emojis de fleurs et de cœurs rajoutés, ou encore de la musique accrocheuse. Certains comptes avaient plus de 1000 followers.


TikTok a des règles strictes contre les organisations terroristes qui utiliseraient l’application, mais même leurs équipes de modérateurs de contenu, basées aux États-Unis et en Chine, ainsi que les algorithmes poussés, n’ont pas réussi à détecter les comptes de l’État islamique avant que le Wall Street Journal ne les repère.

Les entreprises de réseaux sociaux, comme Facebook et YouTube, ont déjà consacré d’importantes ressources à la modération de contenu, en renforçant leurs algorithmes et en créant des bases de données partagées permettant d’endiguer la propagation de l’extrémisme sur leurs plateformes. Mais l’application de ces règles représente toujours un défi de taille.

Dans un e-mail à Forbes, un porte-parole de TikTok a déclaré : « Il s’agit d’un défi à l’échelle de tout le secteur dont la complexité est accentuée par des acteurs malveillants qui cherchent à contourner les mesures de sécurité par tous les moyens, mais nous disposons d’une équipe dédiée à la protection contre les comportements frauduleux sur TikTok ».

TikTok avait gagné en popularité cette année, attirant des millions de jeunes utilisateurs qui utilisent la plateforme pour partager de courtes vidéos. Il s’agit même de la troisième application la plus téléchargée sur l’App Store, mais elle a fait l’objet d’une censure de son contenu pour satisfaire le gouvernement chinois. Le propriétaire de TikTok, Bytedance, est en effet une entreprise chinoise.

Alors que Facebook a fait l’objet de nombreuses critiques pour son ingérence électorale, ayant facilité la diffusion de fausses informations avant les élections présidentielles américaines, TikTok a fait le choix de bannir complètement de sa plateforme les publicités politiques.