IBM, NVIDIA et le Département américain de l’énergie (DOE) ont récemment annoncé qu’ils avaient terminé les phases de tests du super-ordinateur le plus rapide du monde, le Summit, situé dans le Laboratoire national d’Oak Ridge à Oak Ridge dans le Tennessee (Etats-Unis).

 

Culminant à 200 pétaflops (200 millions de milliards d’opérations par seconde), le Summit est composé de 4 600 nœuds IBM Power 9, connectés par près de 300 km de câblage en fibre optique. Chaque nœud est équipé de 6 GPU TensorCore Volta de NVIDIA, fournissant un débit huit fois plus rapide que son prédécesseur, Titan, pour les tâches à double précision et cent fois plus rapide pour les tâches à précision réduite qui sont monnaie courante dans les domaines du deep learning et de l’intelligence artificielle. La Chine détenait la première place du top 500 des ordinateurs les plus puissants depuis cinq ans, mais cette année, la couronne du HPC (high performance computing) revient aux États-Unis. 

Certaines de ces caractéristiques sont tout à fait incroyables. Par exemple, le système a besoin de l’équivalent en eau de neuf piscines olympiques pour refroidir ses systèmes, et tout comme un super-ordinateur d’intelligence artificielle, Summit a déjà atteint le statut d’exascale, fournissant 3 exaflops de performance de précision pour l’intelligence artificielle. Cependant, ce qui compte réellement, c’est la science que ce nouveau système permettra d’étudier. Il est d’ailleurs déjà au travail pour la recherche pharmaceutique avec la chimie quantique, l’analyse des douleurs chroniques et l’étude de l’ADN mitochondrial.

Pour ceux qui ne peuvent pas s’offrir un superordinateur mature à 100 millions de dollars, NVIDIA a également présenté son nouveau châssis HGX-2, disponible chez de nombreux vendeurs, et pouvant être connecté à un serveur classique pour une intelligence artificielle en boîte de qualité. Le HGX-2 est compatible avec le GPU 16 Volta, interconnecté via le nouveau réseau NVSwitch pour jouer le rôle d’un seul GPU massif, afin de fournir deux pétaflops de performance pour l’intelligence artificielle et l’HPC. Comme vous pouvez le voir, NVIDIA semble obsédé par l’idée d’utiliser l’intelligence artificielle avec l’HPC.

Les avancées scientifiques dans le domaine des réseaux neuronaux profonds (DNN) pour l’HPC étaient le sujet principal de l’annonce. Les DNN ont de grosses promesses pour l’HPS, et pas seulement concernant Facebook. Les DNN peuvent être entraînés à l’aide d’immenses ensembles de données créés en lançant des simulations traditionnelles sur les super-ordinateurs. L’intelligence artificielle ainsi générée peut être utilisée afin de prédire les résultats de nouvelles simulations avec une précision surprenante pour un coût et dans un délai sensiblement moins importants. La bonne nouvelle pour NVIDIA, c’est que le supercomputing, ainsi que l’intelligence artificielle sont alimentés par ses GPU. Les scientifiques disposent donc d’outils supplémentaires pour utiliser les équipements de GPU et développer les logiciels de GPU grâce aux nouvelles plateformes de NVIDIA.

Ce n’est pas une surprise que le Summit ait été présenté comme étant le super-ordinateur le plus rapide au monde. En tant que projet public financé par le DOE américain, Summit a été le sujet de nombreuses discussions. Ce qui est important, c’est que NVIDIA et le DOE pensent que l’avenir du HPC sera incorporé à l’intelligence artificielle pour fonctionner sur le même équipement. Les GPU de NVIDIA délivrent 90 % de la performance de Summit, consolidant la légitimité et le leadership du calcul informatique accéléré par le GPU. Le HGX-2 rend donc cette technologie accessible pour beaucoup de chercheurs et de fournisseurs de cloud, alors que Summit démontre l’art du possible grâce à sa plateforme publique de recherche. Lorsqu’ils sont combinés, l’intelligence artificielle et le HPC ouvrent également la voie à une future croissance de NVIDIA.