Les managers se déclarent de plus en plus confiants dans le possible recours à l’intelligence artificielle (IA) pour gérer les finances – que ce soit en entreprise ou à titre privé.  Menée dans 14 pays auprès de 9.000 dirigeants, une enquête réalisée par Farnoosh Torabi, experte en gestion financière, à la demande de l’éditeur de logiciels Oracle, révèle que les solutions utilisant l’IA (intelligence artificielle) gagnent en crédibilité. 

L’essentiel de l’étude a porté sur le rapport à l’argent et aux finances. Ainsi, cette question : parmi les outils de gestion utilisées, peut-on faire confiance aux algorithmes de l’IA ? 

56% des cadres dirigeants interrogés en France déclarent faire plus confiance à une solution automatisée qu’à un humain pour gérer leurs finances ! Leur opinion est plus prudente que la moyenne internationale qui affiche 67% de convaincus.

Toujours en France, 73% des cadres dirigeants affirment qu’ils feraient plus confiance à une application IA qu’à eux-mêmes pour gérer leurs finances personnelles. Et ils sont un peu plus nombreux encore, 76%, à penser que leurs équipes financières, dans leur propre entreprise, ne feraient pas mieux. 

 

Plus de 6 dirigeants sur 10 font plus confiance à l’IA qu’à leurs conseillers bancaires

Autre question : est-ce que l’IA pourrait faciliter leur mission de dirigeant ? Oui, répondent-ils à 86%. Et comment ? En détectant les fraudes (29%), en produisant des factures (20%) et en effectuant rapidement des analyses coûts/bénéfices (21%).

Au vu de ces chiffres, il n’est pas surprenant qu’à l’égard des conseillers financiers, l’opinion des dirigeants se révèle peu flatteuse : 63% des dirigeants, sur le panel international, déclarent qu’ils feraient plus confiance à une application d’IA qu’à un conseiller (bancaire ou autre).

Et pour la gestion de leur portefeuille financier personnel, ils sont deux-tiers (66%) à penser que des solutions reposant sur des algorithmes leur seraient certainement utiles à plusieurs titres : pour détecter les fraudes (33%), pour réduire leurs dépenses (22%) et pour sélectionner des investissements boursiers (15%).

« Les résultats de cette étude menée fin 2020 sont fortement impactés par le contexte de la crise Covid », nous explique Patrick Waché, directeur Comptes stratégiques chez Oracle France. « Ces chiffres traduisent sans doute une certaine morosité. Ce qui peut expliquer aussi une relative perte de confiance dans le conseil humain en matière de finances et un intérêt croissant pour les solutions d’intelligence artificielle ». 

Beaucoup de professionnels, selon lui, estiment que le rôle des équipes financières a déjà changé et va encore évoluer : « Il existe une pression énorme des directions générales qui souhaitent avoir le maximum de visibilité sur l’impact de la pandémie sur leur activité. Nous voyons de plus en plus d’entreprises qui vont chercher des données à l’extérieur afin de mieux évaluer la situation du marché, ou afin de mesurer les tensions apparaissant chez leurs fournisseurs, et ainsi établir une sorte de notation».

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