Le Mobile World Congress 2018 était étrange. Toute l’innovation était réservée au secteur du réseau et du côté des nouveaux smartphones, c’était l’ennui total. Alors que les défenseurs de la 5G discutaient de partage du réseau, de la radio duplex, d’ondes millimétriques et d’énormes systèmes MIMO (entrées multiples sorties multiples), les vendeurs de téléphones parlaient, quant à eux, d’appareils photo, de bords d’écrans et d’émojis. 

Les téléphones n’ont pas toujours été comme ça. Avant le MWC de Barcelone, il y a avait le 3GSM, que les spécialistes avaient surnommé le festival de Cannes du téléphone. Chaque fabricant de téléphones avait quelque chose de nouveau et d’intéressant à présenter. Il y avait le 8810, le Razr ou le P800, des téléphones très innovants pour l’époque. Mais il y avait aussi le N-gage, le V.box ou encore le Serenata, qui étaient beaucoup moins intéressants, mais qui avaient le mérite de tenter leur chance.

Et ensuite, est apparu le mythe selon lequel Apple a inventé le smartphone. Un récent documentaire radiophonique diffusé sur la BBC expliquait : « Le pays qui a inventé le smartphone cherche maintenant un remède ». La BBC serait-elle en train de dire qu’Apple est l’inventeur du smartphone ? Le smartphone est bien une invention américaine, mais elle vient d’IBM, avec son SIMON. La BBC a donc raison, sans le savoir. SIMON est le premier smartphone a avoir été inventé, il avait même la saisie intuitive et un écran tactile, treize ans avant que Steve Jobs n’en fasse un produit marketing. Le smartphone 2G d’Apple présentait de graves problèmes de réseau, un Bluetooth défaillant et il ne pouvait pas envoyer d’images par SMS.

Ce téléphone ne présentait rien de nouveau et on le considère souvent comme l’ancêtre des appareils qui se trouvent aujourd’hui dans nos poches. Apple nous a démontré que le marketing est plus important que la technologie. Le secteur de la téléphonie mobile subit les conséquences de ce modèle commercial. Apple a attiré tous les revenus du secteur, en plus d’imposer de gros défis technologiques en ne respectant pas les normes.

Nous sommes passés d’un monde fait de téléphones monoblocs, à clapet, coulissants, tournants, qui avaient tous un design particuliers qui permettait de reconnaître le fabricant au premier coup d’œil, à un monde où tous les téléphones sont noirs et rectangulaires.

Mais, ce n’est pas faute d’idées. Planet Computers, une startup britannique ambitieuse, a développé le Gemini et le Monohm Runcible. Et il existe d’autres concepts intéressants comme par exemple l’Arcphone, inspiré par le Razr de Motorola.

Il y a donc de l’espoir, et pas seulement parce que de petites entreprises font des choses intéressantes, car la majorité des projets soutenus par Planet ne voient malheureusement jamais le jour.

L’espoir se situe plutôt avec le déclin du smartphone. En réalité, l’aspect intelligent va s’échapper du téléphone pour devenir omniprésent dans nos vies. L’une des tendances présentes au MWC de cette année, c’était l’assistant virtuel augmenté. Samsung développe un appareil nommé Bixby, T-Mobile a son Magenta, et Telefonica a annoncé la commercialisation d’un produit similaire. Tous ces appareils marchent dans les pas d’Alexa et de ses confrères. Et le public aiment beaucoup cette nouvelle technologie.

Alors que votre cuisinière, votre télévision et même votre baignoire se dotent d’une intelligence, vous aurez de moins en moins besoin de votre smartphone. Les téléphones continuent d’évoluer et un jour, ils redeviendront cet appareil dont on se servait uniquement pour téléphoner.

De tels changement générationnels sont normaux. Si l’on revient aux premières années de la téléphonie mobile grand public, les marques les plus connues étaient Motorola et NEC, sont ensuite arrivées Nokia, Ericsson et Motorola. Il est donc peu probable qu’Apple et Samsung continuent de régner en maître encore très logntemps sur le marché..