Hier, la NASA a annoncé qu’elle avait sélectionné 12 entreprises commerciales pour 19 partenariats dans le cadre de son projet de mission vers Mars partant depuis la Lune, qui débutera en 2024 avec le programme Artemis qui renverra une mission habitée à la surface de la Lune.

Les sélections comportent six domaines clefs pour le développement futur, ainsi qu’une catégorie pour d’autres technologies d’exploration. Parmi elles : les communications avancées, la navigation et l’avionique ; l’entrée, la descente, et l’atterrissage ; la fabrication et l’assemblage dans l’espace ; les matériaux avancés ; le carburant ; et la propulsion.


 « Nous avons identifié les domaines de technologie dont la NASA a besoin pour ses futures missions, et ces partenariats public-privé permettront d’accélérer leur développement afin que nous puissions les mettre en place plus rapidement, » a déclaré Jim Reuter, administrateur associé de la direction de mission de technologie spatiale.

Les entreprises sélectionnées incluent :

La société SpaceX d’Elon Musk dont la NASA indique qu’elle travaillera avec le Centre Spatial Kennedy en Floride afin de perfectionner la technologie permettant l’atterrissage vertical de fusées volumineuses sur la Lune ; une autre mission sera d’améliorer les modèles afin d’évaluer l’interaction du panache du moteur avec le régolithe lunaire. SpaceX collaborera également avec la NASA sur le perfectionnement des technologies nécessaires au transfert du propergol en orbite, que l’agence spatiale considère comme une étape importante dans le développement du véhicule spatial Starship élaboré par SpaceX.

L’entreprise Blue Origin de Jeff Bezos collaborera avec la NASA sur l’élaboration de systèmes de navigation et de guidage avancés afin de permettre des alunissages sécurisés et précis. La NASA indique que l’entreprise sera aussi son partenaire sur l’amélioration d’un système électrique fonctionnant grâce à une pile à combustible pour son module d’atterrissage Blue Moon. Le système, selon la NASA, pourrait fournir de l’électricité en continu durant la nuit lunaire, qui dure près de deux semaines sur la plupart des sites.

La société Advanced Space basée à Boulder, Colorado, fera équipe avec la NASA sur l’amélioration d’un système de navigation entre la Terre et la Lune qui pourrait enrichir le Deep Space Network (réseau de communications avec l’espace lointain) de la NASA et soutenir les futures missions d’exploration.

La Spirit Aerosystem, Inc. de Wichita au Kansas travaillera avec la NASA sur l’amélioration de la durabilité de fusées low-cost réutilisables confectionnées grâce au soudage par friction malaxage. Cette méthode de soudage, qui est déjà utilisée pour le Space Launch System de la NASA, permet de faire des joints plus résistant et moins défectueux.

La société Maxar Technologies de Palo Alto en Californie collaborera avec la NASA à la construction d’une platine d’expérimentation – un dispositif permettant de réaliser le prototype d’un circuit électronique et de le tester – pour une antenne radio déployable et semi-rigide. Selon l’agence spatiale, l’assemblage en orbite de structures conséquentes, telles que les antennes, optimisera la performance des objets spatiaux.

Enfin, Lockheed Martin fera équipe avec le Centre Spatial Kennedy pour tester les technologies et les opérations pour des systèmes autonomes de cultures végétales dans l’espace. L’idée est qu’intégrer la robotique aux systèmes de croissance des plantes pourrait aider la NASA à récolter des plantes sur de futures plateformes de l’espace lointain.

 

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Illustration d’un système d’atterrissage humain et d’un équipage sur la surface lunaire, la Terre visible à l’horizon. / CREDIT : NASA

 

Tout ce travail a pour but de permettre à la NASA de retourner sur la Lune via la robotique et des véhicules habités.

Artemis 1, un vol inhabité pour tester en même temps le Space Launch System et Orion (un véhicule d’équipage), est prévu pour 2020, nous informe la NASA, tandis qu’Artemis 2, le premier vol habité, se profile pour 2022.

La NASA a déclaré qu’elle prévoit d’envoyer des astronautes sur la Lune d’ici 2024 au cours de la mission Artemis 3, et environ une fois par an par la suite. L’objectif de ces missions sera en partie d’apprendre à vivre et à manœuvrer sur la surface d’un autre corps céleste. Là-bas, à seulement trois jours de la Terre, il sera plus facile de tester les technologies nécessaires avant d’envoyer des astronautes en mission sur Mars, ce qui peut prendre jusqu’à trois ans pour un aller-retour.

L’objectif est de débuter les missions habitées vers Mars d’ici les années 2030.