Les voitures électriques sont de plus en plus utilisées tout autour du monde et selon l’Agence internationale de l’énergie, il devrait y en avoir plus de 300 millions en circulation après 2040. Sur la voie de l’électrification, UPS vient d’annoncer un partenariat avec Workhorse pour la construction de 35 000 fourgons électriques pour étoffer sa flotte de véhicules de livraisons, car dorénavant, il est de plus en plus facile de recharger ce genre de véhicules.

 

La problématique de la recharge est primordiale car, à l’heure actuelle, le pétrole utilisé par les moyens de transport (95 % d’essence, de diesel et kérozène) représente un tiers de nos ressources primaires. Le pétrole est rarement utilisé pour produire de l’électricité à part dans quelques pays comme l’Arabie Saoudite, l’arrêt de la production d’électricité à partir de pétrole n’aurait donc pas un gros impact sur l’environnement.


Le seul moyen de réduire clairement la consommation de pétrole est de remplacer les véhicules à moteur à combustion par des véhicules à moteur électrique, sans quoi il sera impossible de contrer les effets les plus néfastes du changement climatique.

Mais ces véhicules électriques doivent être alimentés par une énergie propre, c’est-à-dire, qui n’est pas produite à l’aide de ressources fossiles, sinon, ils seront tout aussi polluants que les véhicules conventionnels.

Par exemple, un véhicule électrique dans le Kentucky aux États-Unis, émettra autant de CO2 qu’une voiture essence car il sera alimenté principalement avec de l’électricité produite par une centrale à charbon. Ce type d’électricité représente 93 % de la production de l’État.

Alors qu’une voiture électrique de l’État de Washington, aux États-Unis, aura des émissions de CO2 similaires à une voiture essence consommant 0,25 litre au 100 km, car 90 % de l’électricité produite dans cet État n’est pas fossile, elle provient de centrales nucléaires, éoliennes ou hydrauliques. 

Certains pensent que les véhicules électriques seront majoritaires sur les routes dans quelques décennies. Mais certaines prévisions plus raisonnables sont moins optimistes.

Aujourd’hui, il y a plus d’un milliard de véhicules à combustions internes en circulation dans le monde, et 100 millions supplémentaires sont produits chaque année. Nous en compterons donc plus de 2 milliards en 2040, surtout si les inégalités énergétiques mondiales se réduisent, alors que 90 % des voitures devraient être électriques si nous souhaitons diminuer les émissions de CO2 du secteur des transports. Donc 300 millions de véhicules électriques, ça ne suffira pas à inverser la tendance. 

De nombreux pays sont déterminés à interdire les véhicules dotés de moteurs à combustion interne, notamment l’Angleterre, l’Allemagne, la France, la Norvège et même la Chine. Cette dernière est le pays le plus important car il a besoin de plus de voitures et il fabrique plus de voitures électriques que les autres pays mis bout à bout.

La Norvège affirme qu’elle interdira la vente de véhicules consommant des combustibles fossiles en 2025, alors que les autres gouvernements visent 2040. Pour sa part, la Chine n’a pas encore arrêté de date.

C’est très bien mais c’est peu probable étant donné les limites de la croissance de la production de véhicules électriques, la nécessité de meilleures batteries et le prix du lithium qui s’envole depuis quelques années.

Par ailleurs, les voitures électriques sont plus faciles à fabriquer et à entretenir. Ces dernières ne comptent qu’une vingtaines de pièces mobiles contre 2 000 pour les véhicules classiques.

Selon les chercheurs James Arbib et Tony Seba, les voitures électriques peuvent faire plus de 300 000 km en ne changeant que les pneus. Par exemple, une Tesla S a fait plus de 800 000 km avec la même batterie.

Malheureusement, nous avons du mal à produire de l’électricité propre. Et si nous n’arrivons pas à recharger nos voitures électriques avec de l’électricité produite avec peu d’émissions de CO2, nous ne pourrons pas atteindre nos objectifs en matière de climat.

La Norvège en est l’illustration parfaite. Les ventes de véhicules électriques augmentent plus rapidement que partout ailleurs, avec une croissance annuelle moyenne de 90 % depuis 2010. Les voitures électriques représentent aujourd’hui 5 % du parc automobile norvégien et l’été dernier, 40 % des voitures vendues dans le pays étaient électriques. Alors pourquoi la consommation norvégienne de pétrole a sensiblement augmenté sur cette même période ?

Ajouté à cela, le rapport de l’Académie nationale des sciences américaine sur les coûts cachés de l’énergie, qui explique que l’impact environnemental d’une voiture électrique, émissions de CO2 à part, peut être plus important que celui d’une voiture essence conventionnelle, même si elle n’émet pas de gaz à effet de serre lorsqu’elle fonctionne.

Il ne faut pas oublier que tout ce que nous faisons a un impact sur l’environnement et qu’en réalité, la pratique est toujours plus compliquée que la théorie. Ce dont nous sommes sûrs pour l’instant, c’est que le déclin de la voiture conventionnelle n’est pas pour demain.