Melanie Matheu est PDG de Prellis Biologist, un laboratoire qui travaille à développer des organes artificiels. Dans un récent podcast publié sur le site américain de Forbes, elle présente sa vision du futur de la médecine, riche en nouvelles technologies, et nous aiguille sur le sujet de l’impression 3D d’organes et de systèmes circulatoires.

 


Cette technique novatrice permet de changer entièrement la façon que nous avons d’appréhender certaines maladies endémiques, comme le diabète, et d’autres lésions des organes, tels que le foie et les reins, et même des systèmes plus complexes comme le système nerveux, afin d’annuler les délais qui accompagnent souvent la transplantation d’organes.

Et si la lumière pouvait donner la vie ? C’est exactement ce que Melanie Matheu vise à faire. De l’impression 3D par fusion laser d’éléments vasculaires à l’impression potentielle d’organes entiers (comme un rein ou un foie) et même des systèmes nerveux, il n’y a qu’un pas. L’idée a germé dans la tête de la jeune femme et s’inscrit décidément dans les problématiques technologiques du XXIe siècle. Elle explique faire chaque jour des progrès dans la réalisation de ce projet, qui permettra à terme d’assembler des organes artificiels dans des corps humains. La médecine devient alors un jeu, où la partie se gagne lorsque des vies sont sauvées. Tentez un instant d’imaginer comment cette prouesse scientifique pourrait révolutionner aussi bien notre rapport à la santé, notre système médical, le quotidien des médecins, mais aussi la gestion de crises sanitaires à grande échelle. Nous pourrions tous vivre plus longtemps, exercer diverses carrières et espérer connaître le siècle suivant.

Le plus gros défi dans ce projet est la mise au point d’une imprimante suffisamment précise pour être capable de reproduire des organes humains à l’identique. Aujourd’hui, l’imprimante la plus puissante utilisée pour la bio-impression (ou impression de tissus vivants) a une précision de 50 micromètres, ce qui est déjà très impressionnant puisque Melanie Matheu nous explique que cela correspond au diamètre d’un cheveu humain. Le problème ici est qu’il s’agit d’imprimer non pas des éléments pleins, mais des éléments creux, comme des vaisseaux sanguins, à une vitesse satisfaisante. À ce jour, avec la technologie la plus puissante qui existe en la matière, il faudrait plusieurs années pour produire une réplique exacte d’un organe humain. La scientifique précise qu’elle souhaite atteindre une vitesse d’impression par organe de 24 heures maximum.

Si votre anglais vous le permet, tentez d’écouter tout ce que Melanie Matheu a à nous dire (le podcast est disponible ici ou en haut de cet article), car cela risque bien de changer votre vision des choses. Un futur très différent de celui que nous pouvions imaginer il y a quelques années nous attend, et il pourrait devenir réalité bien plus vite que prévu.