A l’heure où les technologies sont en passe de franchir un palier potentiellement irréversible grâce à /à cause de l’intelligence artificielle, de nombreux domaines, ou plutôt marchés, pourraient en être bouleversés.

Les grands groupes (les GAFA, Walmart, etc…) officient déjà à plein régime, et même si ce secteur n’est pas le plus médiatisé (à tort), celui de la santé connait un virage vraiment enthousiasmant.

Entre les possibilités offertes par les imprimantes 3D (greffe de tissu, création de prothèses « personnalisées »…), les simulateurs (voir le Serious Gaming) et les drones, les changements seront radicaux. Attardons-nous sur le dernier cité et ses possibilités.

800 millions de personnes ont un accès (plus que) limité aux soins.

Au gré des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes (Haïti, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Etats-Unis…), et, plus régulièrement des besoins, parfois enclavées, de Monsieur ToutLeMonde, la notion de temps est toujours essentielle.

L’urgence n’a jamais aussi bien porté son nom et la technologie est une aubaine pour minimiser ces timings qui paraissent toujours… trop longs.

A titre d’exemple, car les applications sont nombreuses, les drones ont permis d’envoyer des kits de premiers secours suite au séisme en Haïti, d’envoyer des organes vers les patients nécessiteux (en Inde), voire même les prélèvements des patients vers les hôpitaux (dans le cas d’un risque de pandémie) ou encore de jouer aux ambulanciers (voir le projet d’Alec Momont).

Focus sur un pays : le Rwanda

En Afrique, des stations de drones sont même en préparation (via la société RedLine), et notamment au Rwanda. Afin de désenclaver certaines zones rurales, les drones sont plus fiables que les routes en mauvais état (seulement 1/8ème des routes sont pavées en Afrique).

Depuis ces stations, les drones pourront transporter près de 8 kilos de matériel, et ceci dans un rayon de 50 kilomètres. Grâce à une vitesse supérieure à 100 km/h, les collines, les vallées et les routes en lacets de cette région seront avalées en un rien de temps.

Que ce soit pour apporter des soins lors des accouchements (plus de 60 000 morts chaque année), pour secourir les accidentés de la route ou encore pour répondre aux soins « basiques », ces drones seront une bénédiction dans ce pays moins « complexe » que ces voisins (pays de taille plutôt petite). Ne perdons pas de vue que les drones ne seront qu’un complément, les premiers tests débuteront sous 18 mois.

L’Angola, le Congo ou encore l’Ethiopie pourraient être les prochains pays équipés. Toutefois, les besoins sont bien entendu mondiaux (Amérique du Sud, Moyen-Orient, Asie centrale…).

Focus sur une pratique : le drone « défibrillateur »

Au-delà des zones reculées et des catastrophes naturelles, certains besoins médicaux sont universels. C’est le cas lors d’une crise cardiaque. En la matière, la législation est très claire et l’équipement en défibrillateur est désormais obligatoire dans nos contrées.

A titre d’exemple, depuis le 1er janvier 2018, il y a eu près de 38 000 victimes d’arrêt cardiaque (hors hôpitaux) et moins de 2 000 ont pu survivre grâce à un défibrillateur posté non loin… Une réalité hexagonale plutôt glaçante. Les raisons entraînant une crise cardiaque sont nombreuses et malheureusement connues, cela peut aller de l’hypertension à une situation de surpoids en passant par l’hérédité ou encore le stress.

Cette première cause de mortalité (après le cancer) pourrait donc trouver une solide réponse grâce aux drones-défibrillateurs. Le gain de temps est prouvé puisque ces drones permettraient de gagner, en moyenne, plus de 16 minutes !

Ultra-rapides, très légers, résistants et d’une efficacité redoutable, les drones sont loin de provoquer un encéphalogramme plat dans le milieu médical et il n’est pas étonnant que tous les acteurs (gouvernements, instituts médicaux, fabricants, ONG, etc…) visent, une fois n’est pas coutume, les mêmes objectifs