Il est souvent difficile dans la routine quotidienne “boulot-métro-dodo” d’intégrer du temps pour lire. Ceci est d’autant plus valable pour les livres de développement personnel ou professionnel pourtant appréciés du lectorat. Alors que les ventes de livres ont reculé de 4% en 2018, les Français sont de plus en plus attachés aux formats vidéo et audio de courte durée. Alexandre Bruneau s’est alors penché sur le sujet pour faire émerger une application répondant à ce problème de temps et de format.

 


En Deux Mots. Pilules Digestes.

Koober est un service qui permet d’accéder directement aux idées des meilleurs livres de non-fiction grâce à des formats synthétiques écrits ou audio alors appelés “koob”. Les livres de non-fiction regroupent tous les ouvrages traitant du développement personnel, professionnel, d’actualités politiques ou de société. “Les koobs ne sont pas des résumés mais des documents courts, disponibles en format écrit ou audio, qui restituent les idées clés d’un document plus long. Les koobs ne remplacent pas la lecture des livres, ils donnent un aperçu des idées fortes d’un livre. Nous incitons nos utilisateurs à acheter les livres après avoir lu ou écouté des koobs”,  tient à préciser Alexandre.

Les koobs, synthétiques et digestes permettent alors de mettre en action dans la vie quotidienne les apprentissages issus de l’ouvrage, de la conférence ou des documentaires initiaux. Aussi, ils permettent de découvrir de nouveaux ouvrages et de les acheter en un clic via l’application mobile et le site web. Réponses à notre mode de vie accéléré, les koobs sont actuellement disponibles en version audio ou en lecture classique, par un abonnement à 7,99€/mois ou 79,99€/an, sur l’application ou le site.

 

Equipe. Une Passion Commune.

L’équipe fondatrice de Koober est composée d’Alexandre Bruneau, ancien Dauphinois, et d’Alexandre Mulliez, un de ses amis. Les deux bibliophiles se lancent alors ensemble dans l’aventure entrepreneuriale en 2015. Alexandre Mulliez alors directeur marketing direct chez Auchan Direct ne se consacre pas à temps plein au projet. De son côté, Alexandre, se met à 100% sur Koober ayant déjà une expérience en tant que intrapreneur chez PlayMedia pour la création d’une régie publicitaire.

L’internalisation de la partie Tech coule de source pour les deux associés, alors centrés sur le produit. “Il nous a fallu rapidement trouver une personnes très importante dans le projet, le CTO”. Pour ce faire, Alexandre écume les pages des événements dédiés aux CTO pour leur envoyer des mails et enfin trouver la perle rare. Aujourd’hui l’équipe s’est bien étoffée et compte 15 collaborateurs dont les deux co-fondateurs : 5 sur le contenu, 4 développeurs, 3 marketeurs et un product manager. D’autre part, Koober travaille en étroite relation avec 50 freelances, journalistes, experts, psychologues, actifs, qui écrivent le contenu des koobs. Ces derniers sont recrutés selon trois critères cumulatifs : l’esprit de synthèse, la bonne plume et l’expertise.

 

Idée. Une Nouvelle Façon D’Apprendre.

La naissance de Koober vient d’un constat personnel d’Alexandre. “J’ai beaucoup plus appris en lisant que sur les bancs de l’école. Ce que nous apprenons à l’école devient très rapidement obsolète car les techniques évoluent très vite”. Le manque de temps dans le quotidien de sa vie d’actif ne permet plus à Alexandre de lire autant qu’avant, ce qui devient frustrant pour lui qui se définit par ce qu’il lit. Il aimerait alors avoir une solution lui permettant de s’abreuver de toutes les idées développées dans les ouvrages ou du moins de l’aider à choisir quel livre acheter.

Alexandre part donc poser une seule et même question à une centaine de personnes : “Avez-vous assez de temps pour découvrir tous les livres que vous souhaiteriez lire ?”, pour 9 cas sur 10 la réponse est négative. Les livres prennent la poussière sur une étagère et ne sont jamais lus, et les lecteurs n’achètent plus de livres. Forts de ces constats, les deux Alexandre montent Koober en 2015, avec comme objectif : redonner goût à la lecture de livres.

 

Mise En Oeuvre. L’Oeuf Et La Poule.

Koober connaît dès son tout début un pivot. Développé initialement comme une place de marché collaborative où les utilisateurs écrivent eux-mêmes les résumés de livres, les deux associés changent de modèle 8 mois seulement après le début de l’aventure. Par souci de qualité et d’homogénéité des contenus, Koober internalise cette création de contenus alors au cœur de leur création de valeur. Ce changement implique donc un nouveau modèle économique, l’abonnement est alors retenu.

Une fois ce pivot effectué, les deux associés focalisent leurs actions sur la création de contenus afin d’attirer et de fidéliser les abonnés. L’intégration dans l’écosystème de l’édition littéraire se pose rapidement, et Koober a su démontrer aux maisons d’édition qu’ils peuvent les aider à vendre plus de livres. Aujourd’hui 20% des utilisateurs achètent un livre suite à sa découverte sur Koober, ce qui constitue un nouveau lectorat pour les maisons d’édition. Ces dernières deviennent donc une priorité. Alexandre est aujourd’hui en cours de signature de contrats avec plusieurs d’entre-elles.

 

En 2018, nouveau virage pour Koober, avec à la clé une structuration de l’équipe avec quelques départs mais surtout beaucoup d’arrivées. L’équipe désormais plus complète permet à Koober de se concentrer sur leurs utilisateurs. “En B2C, il est très important d’entretenir un dialogue avec les utilisateurs”, ajoute Alexandre. C’est pourquoi environ 3 entretiens entre l’équipe et les utilisateurs ont lieu par semaine. Un moyen direct de comprendre les besoins de ses abonnés et d’entretenir une relation de proximité.

Alexandre voit aujourd’hui grand et ne cache pas ses ambitions derrière sa vision. Il souhaite que “Koober soit une grosse entreprise avec une croissance rapide”, première des motivations pour s’internationaliser. Le choix s’est directement porté sur les Etat-Unis. Bien que nombreux acteurs y soient déjà présents, les américains constituent la cible parfaite pour Koober et ses koobs sur le développement personnel et professionnel. Un marché de taille pour des koobs synthétiques. Pour s’y implanter, l’équipe s’appuie sur son board ainsi que sur son savoir-faire en communication digitale.

 

Financement. Des Business Angels Fidèles.

Koober se lance très tôt dans un financement à hauteur de 200K€ en love money dans son aventure. “Un peu trop tôt même, je ne le referais pas”, confesse Alexandre. Dans le même temps, la jeune entreprise bénéficie de plusieurs dispositifs comme le PIA obtenu lors de son incubation à Paris Dauphine.

Pour poursuivre son développement, l’entreprise réalise un bridge de 120K€ en attendant sa future levée de fonds importante. Plusieurs Business Angels dont Kima, leur font confiance pour à hauteur de 1,2 millions d’euros. Cette levée de fonds est alors l’occasion pour Alexandre de constituer son conseil d’administration avec certains de ses investisseurs. Ces derniers se réunissent encore aujourd’hui toutes les 6 semaines. Un nouveau tour de table a été réalisé avec les mêmes Business Angels avant de se diriger vers une Série A. Avis aux investisseurs américains…

 

Chronique co-écrite par Florian BercaultAdèle Pasquier d’Estimeo et Jean Rognetta de Forbes.