Facebook, Instagram, en 48H près de 40 milliards de capitalisation boursière se sont envolés. Les prémices d’un effondrement d’Internet ? Certainement pas, mais dans les causes de ce phénomène semble apparaître une prise de conscience générale ne connaissant pas de frontière.

La globalisation avec un accès quasi universel à l’environnement digital étant relativement récente il paraît évident que des évolutions restent à venir avant d’atteindre un certain état d’équilibre.


Internet est né d’une volonté de centraliser des données en vue d’en favoriser l’accès. Aux origines même de la création de l’outil l’ultime but était la transmission instantanée d’informations quelques soient les facteurs temps et espace.

Ce formidable moyen de communication a connu une croissance exponentielle. Les encyclopédies Universalis ont rapidement pris la poussière, nos CD ROM ont trouvé place dans les arbres pour faire peur aux oiseaux et les lycéens sont passés maîtres dans l’art du copier-coller. Une vision légère, voire nostalgique, qui ne doit pas nous faire passer pour des rétrogrades mais bel et bien pour des personnes admirant la puissance de l’outil. 

Comme tout vecteur d’information, le danger réside dans trois points que sont le nombre de récepteurs potentiels, la qualité du sourcing et les intentions de l’émetteur. Nous ne pouvons nier les tristes trajectoires qu’a parfois pris cet univers numérique.  Un réel décalage générationnel entre les créateurs de cette méga structure et les membres des organes qui auraient dû en édicter légalement les règles a ouvert une brèche rapidement devenue gouffre.

Tout utilisateur perçoit trop souvent leur écran comme une muraille les séparant de cet univers déréglementé, or loin d’être infranchissable c’est bel et bien une porte grande ouverte à travers laquelle l’on peut circuler dans les deux sens. D’ailleurs la doctrine parle d’environnement digital et non plus de monde virtuel. Cette nuance nous met en garde sur la réalité de ce qu’il se passe sur la toile et les responsabilités que cela implique. Ne plus faire de distinguo entre son soit et son avatar sera l’un des combats éducatifs à mener. Les cours de récréation nous exposent à une terrible dualité, une même personne peut être foncièrement gentille de chaire et d’os mais causer des dégâts irréversibles se rendant coupable d’une réelle cruauté digitale. 

Il serait simpliste de seulement condamner l’utilisateur pour les dérives comportementales dont nous sommes témoins en ligne. Des personnes morales mettent d’importants moyens en jeu depuis les débuts de l’aventure .COM. 

Les objectifs à but lucratif n’ont pas échappé à la règle et ont donné lieu à l’usage de biais qui, bien que longtemps légaux par manque de législation, furent dès le départ éthiquement bancales. A tout espace de grande liberté découle un abus de cette dite liberté. Collecte de données personnelles, détournement des historiques de navigation, etc. Finalement combien de temps sommes nous restés libres et respectés dans notre intégrité sur internet ; bien moins longtemps que nous le pensons.

Une course est lancée par les législateurs et la réglementation RGPD en est le plus bel exemple. Mais tout à chacun a un rôle important à jouer. Nous nous étonnons d’un constat : si l’industrie a vu naître la notion d’éco responsabilité nous n’avons jamais lu d’auteur parlant de DIGI RESPONSABILITE. 

Nous évoquions en début d’article les pertes boursières de deux géants d’internet. Et bien nous sommes convaincus que loin d’être une crise cela s’avère n’être qu’une sanction naturelle. Un réveil non seulement public mais aussi populaire est d’actualité. Les différents scandales des dernières années nous ont mis personnellement au cœur du problème. S’ils savent tout de ces millions de personnes quand est-il de moi ?  Une sanction n’est pas gratuite et l’on en attend en guise de fruit des actions correctrices. Oui, il faut améliorer la situation, il ne s’agit pas de museler les choses mais juste de les rendre éthiquement et humainement acceptables. 

Si je dois utiliser internet en ayant conscience que chaque clic engage ma personne physique il en va de même pour toute organisation qui cherche à générer du profit sur ces activités en ligne. L’époque du Far West 2.0 touche à sa fin. Les mines d’or ont été découvertes comme tout autre gisement, pour les exploiter sereinement des règles doivent être édictées. Créer un cadre légal prend du temps, bien des actions peuvent être menées pour anticiper ce dernier. Les labels ont été créés pour informer et rassurer. Espérons qu’un logo DIGI Responsable apparaîtra à l’avenir, et que le cahier des charges à respecter permettant de l’obtenir soit suffisamment clair pour que nos navigations puissent se faire dans la confiance et la transparence. Nos ordinateurs, smartphones et autres tablettes ne doivent pas être le point d’accès à mon monde parallèle dérégulé mais un pont vers un prolongement du monde physique au sein duquel tout à chacun peut enrichir ses connaissances, s’ouvrir aux autres et améliorer son quotidien. Loin d’être pessimistes nous sommes tout le contraire. Les opportunités de réflexions et d’initiatives à mener pour façonner un environnement digital sein pour toutes et tous va permettre de voir sortir de la brume des acteurs du marché digital qui seront respectueuses des individus au-delà de ce que l’on leur impose.