Les entreprises américaines reçoivent beaucoup d’attention pour leur incursion dans l’Internet des objets (expression désignant l’extension d’Internet à des choses et à des lieux du monde physique), et ce pour de bonnes raisons: ces entreprises sont des noms connus de tous et des marques colossales, évoluant dans un marché à expansion rapide et dont la valeur est estimée à 470 milliards de dollars l’année. Pourtant, pour ce qui est de véritablement embrasser et assimiler la technologie, ce sont les firmes européennes qui sont en bonne voie dans le domaine et qui mènent la danse.

Cela va même au-delà d’entreprises comme Siemens et Schneider investissant dans l’internet des objets des sommes d’argent mirobolantes – plus de 8 milliards d’euros chacune – dans des acquisitions relatives à l’Internet des objets (IdO). Notre enquête, portant sur 500 cadres dans le monde, révèle que les Européens sont plus ambitieux et optimistes concernant leurs projets de déployer des solutions liées à l’IdO dans les prochaines années. De fait, 27% des cadres européens auxquels nous nous sommes adressés ont déclaré être déjà en train de mettre l’Internet des objets et des applications analytiques en oeuvre, comparé à seulement 18% de leurs homologues américains.


Des deux côtés de l’Atlantique, les entreprises utilisent l’IdO dans des buts différents. Par rapport aux américains, deux fois plus de cadres européens déclarent qu’utiliser l’IdO pour améliorer la qualité de produits existants est une priorité. Cependant, trois cadres américains sur quatre souhaitent utiliser l’IdO pour faire des économies et réduire le gaspillage, contre 35% des cadres en Europe ayant ce même objectif.

Les fabricants en Europe sont légitimement fiers de leur réputation mondiale pour la qualité supérieure de leurs produits: ils veulent que l’IdO les aide à exploiter cette renommée. Augmenter la surveillance au cours des procédures de développement peut aboutir sur des améliorations instantanées pendant la production, par exemple, quand un flux stable des données d’utilisation par le client peut aider à améliorer le développement produit.

Les Européens ont aussi de l’avance en matière de sécurité – un sujet crucial dans un monde hyper-connecté qui requerra, sans aucun doute possible, une régulation permettant une conformité en terme de vigilance.
Aux Etats-Unis, le traitement de données est plus ou moins sacré selon le type de données dont il s’agit (comme la prévalence des données médicales sur, par exemple, les historiques de navigation), alors que les pays européens ont pour habitude d’utiliser les législations afin de protéger les informations personnelles disponibles sur les téléphones portables et ordinateurs; de plus, l’UE semble prête à appliquer des règles similaires aux données de l’IdO. Alors que le nombre et la variété des appareils connectés continuent tous deux à monter en flèche, les entreprises européennes vont probablement plus facilement avancer sur les questions des nouvelles réglementations en matière de vie privée et de sécurité dans le monde – elles s’y appliquent depuis des années.

En substance, les entreprises européennes ont un peu d’avance dans l’IdO. Toutefois, même une avance monumentale au départ n’est pas une garantie de succès sur le long terme: il n’y a qu’à voir Nokia, dominant dans son secteur à un moment, pour finalement voir Apple conquérir le marché du smartphone.

Comment les cadres européens peuvent-ils donc maintenir leur avantage dans l’Internet des objets ? Il s’agit tout d’abord d’un travail de longue haleine. Les entreprises prospères devront retenir leurs leçons rapidement, puis passer à l’étape suivante sans attendre, au risque d’être rattrapées.
Plus précisément, les utilisateurs de la technologie IdO ne devraient pas perdre de temps à évaluer leur business entier et à chercher des solutions de l’IdO, que ce soit pour améliorer l’expérience client, pour réduire les dépenses, ou créer de tout nouveaux produits et services. Ces entreprises doivent également commencer la longue procédure de développement des talents internes et identifier des partenaires capables afin d’aider à capitaliser les opportunités de l’IdO lorsqu’elles apparaissent.

Aussi, les fournisseurs de technologie d’internet des objets ne doivent pas se laisser distraire par les nombreuses opportunités dont on entend parler dans ce marché d’une valeur de plusieurs milliards de dollars. Ils devraient plutôt explorer en premier lieu, puis maîtriser quelques marchés, et appliquer chaque leçon tirée de leur expérience. Les dirigeants précoces peuvent s’attendre à saisir une plus grande part de ce marché, afin que lorsque les entreprises ont résolu de manière effective le problème d’un client au moyen d’une solution de l’IdO, il leur soit alors possible de répéter le succès rapidement.