Pour refaire son retard dans l’informatique quantique, Amazon Web Services (AWS), la branche du groupe spécialisée dans le cloud computing, a présenté lors de la conférence AWS re:Invent à Las Vegas son nouveau service : Amazon Braket.

L’offre, proposée à certains clients privilégiés, permet à des chercheurs et développeurs d’élaborer des algorithmes quantiques et de les tester sur des simulateurs quantiques. Les algorithmes peuvent également être utilisés sur de véritables calculateurs quantiques de trois entreprises : IonQ, Rigetti et D-Wave.


Pourquoi est-ce important ? Les ordinateurs quantiques permettent de faire des bonds exponentiels dans la puissance de traitement des données, grâce à certaines propriétés presque mystiques de la mécanique quantique. Le but de cette technologie est d’obtenir des avancées significatives dans un certain nombre de domaines, comme la création de médicaments ou l’intelligence artificielle, mais pour l’instant elle doit encore faire ses preuves. L’arrivée d’Amazon Web Services sur ce marché prouve cependant que le potentiel de l’informatique quantique est pris très au sérieux.

AWS a pourtant un train de retard en matière d’informatique quantique. La société IBM avait été la première à ouvrir la voie il y a plusieurs années, et depuis plusieurs entreprises ont suivi, proposant des offres de cloud computing (comme D-Wave et Rigetti, les partenaires d’Amazon). AWS n’est pas non plus le premier fournisseur de cloud à donner accès au matériel d’informatique quantique d’autres entreprises : Microsoft le fait déjà avec son offre de cloud Azure Quantum, présentée le mois dernier. Mais malgré son retard, AWS a plusieurs cartes en main qui devraient lui permettre de prendre l’avantage sur ses concurrents.

Reprenons tous les éléments dans l’ordre : si AWS est aujourd’hui un fournisseur de services de cloud computing, c’est parce que bon nombre de services que la division propose aujourd’hui ont été à l’origine développés pour le compte du vaste empire commercial d’Amazon, puis commercialisés. La même chose pourrait bien se produire avec l’informatique quantique.

Prenons un exemple concret. L’une des tâches pour lesquelles les calculateurs quantiques sont particulièrement efficaces est celle qui consiste à optimiser les trajets de livraison. AWS pourrait donc tester un service fonctionnant grâce à cette technologie afin de permettre à Amazon de tracer les meilleurs itinéraires pour ses véhicules de livraison. Les calculateurs pourraient également aider le groupe à optimiser le transport des marchandises dans son vaste réseau d’entrepôts. Une fois ces services testés au sein d’Amazon, AWS pourrait les commercialiser en démontrant leur efficacité grâce au témoignage de la maison-mère.

AWS apprécie aussi le recours à des esprits parmi les plus brillants dans des domaines en pleine effervescence, comme l’intelligence artificielle. Deux autres annonces faites lors de la conférence re:Invent semblent indiquer que la branche d’Amazon s’apprête à appliquer le même schéma sur la scène quantique :

  • AWS a annoncé travailler à la création d’un Center for Quantum Research, basé au California Institute of Technology, qui permettra de rassembler des chercheurs d’Amazon, de l’université et d’autres organismes, afin de mener des recherches visant à être appliquées à des problématiques réelles. Le centre formera également les clients d’AWS, pour se préparer à un futur où l’informatique quantique sera la norme.
  • AWS lance également le Amazon Quantum Solutions Lab, un programme qui mettra en contact les clients AWS avec des experts en informatique quantique d’Amazon, ainsi que des partenaires en conseil et en technologie.