La startup Arrivo, basée à Los Angeles, a un projet de métro mêlant des éléments du projet Hyperloop d’Elon Musk et de voies à grande vitesse.

Arrivo est la dernière concurrente en place dans une course qui fera de l’Hyperloop un système de transport fonctionnel. Il a déclaré avoir le soutien de l’État du Colorado pour commencer un projet de réseau de trains qui pourrait transporter les voitures individuelles ou les marchandises autour de Denver d’ici cinq ans.

Cette jeune pousse, dirigée par Brogan BamBrogan, ancien ingénieur de SpaceX et co-fondateur de Hyperloop One, a expliqué avoir conclu un partenariat public-privé avec le ministère des transports du Colorado et l’agence en charge de l’autoroute publique E-470 pour mener à bien ce projet, qui débute par une étude de faisabilité qui s’achèvera en 2018. Si le rapport coûts/bénéfices est conforme aux attentes de Arrivo, la construction d’un premier segment de ce réseau « rapide » pourrait commencer dès 2019.

« Cette étude devrait durer cinq à six mois, nous a expliqué M. Brambrogan, et sera appuyée par des études d’ingénierie poussées. Nous pensons pouvoir commencer les travaux en 2019, travailler à la certification et aux tests en 2020, ce qui prend généralement un peu plus d’un an, pour être opérationnels en 2021 ».

Avec les voitures autonomes et les taxis volants, ces Hyperloops futuristiques représentent la nouvelle génération de moyens de transports et attirent l’intérêt des investisseurs de manière surprenante ces dernières années. Mais contrairement à l’idée originale de M. Musk et à l’approche des anciens employeurs de M. BramBrogan, Arrivo est plus modeste. Il vise un train à une vitesse et à un prix abordables.

Le projet de Elon Musk est le suivant : créer des tubes à basse pression pour y déplacer des capsules contenant des passagers ou des cargaisons d’une ville à une autre, sur des centaines de kilomètres et jusqu’à 1 200 km/h.

Au lieu de cela, Arrivo imagine des traîneaux lévitant au-dessus de rails magnétiques et transportant des voitures individuelles, des palettes de marchandises, ou des passagers dans des espaces aménagés, sur moins de 50 km et à une vitesse avoisinant les 260 km/h. Ce serait là un moyen de transport moins cher et plus pratique. Certaines sections du réseau pourraient être surélevées, tandis que d’autres pourraient être placées sur des voies d’autoroute isolées pour déplacer jusqu’à trois fois plus de véhicules par heure. L’objectif est également de réduire les bouchons et de se connecter aux réseaux de transport existants aux routes et aux aéroports, a expliqué M. BamBrogan.

« Si vous voulez voyager très vite dans un environnement basse pression et dans un tube de métal d’une ville à une autre, je vous recommande l’avion, a-t-il déclaré. Nous nous concentrons sur des distances plus courtes, d’une dizaine à une cinquantaine de kilomètres, sur lesquelles développer un vrai réseau. On prévoit de desservir les aéroports et les stations de métro locales pour mieux relier les territoires un peu éloignés ».

Le projet d’Arrivo au Colorado comprend également une opération d’ingénierie à Aurora, dans la banlieue de Denver, avec un investissement final proche de 13 millions d’euros et de nombreux emplois à la clé d’ici 2020. Aecom, géant de la construction, participe également à l’étude de faisabilité, a indiqué M. BamBrogan.

« La forte croissance de population et l’économie en expansion du Colorado en font le lieu idéal pour développer le projet de Arrivo, » a déclaré le gouverneur John Hickenlooper.

Arrivo compte actuellement une quarantaine d’ingénieurs dans ses bureaux de Los Angeles. M. BamBrogan l’a fondée en février 2017 après un procès en 2016 avec Hyperloop One, rebaptisé Virgin Hyperloop One depuis octobre avec l’arrivée de nouveaux investisseurs. Il n’a pas voulu révéler combien de fonds son entreprise avait levés jusqu’à présent, mais il semble qu’elle soit très bien notée à l’approche de 2018.

En plus de Virgin Hyperloop One, qui a levé plus de 210 millions d’euros pour ses projets, et de Hyperloop Transportation Technologies, tous deux basés à Los Angeles, Elon Musk lui-même semble vouloir créer son propre projet de Hyperloop, avec SpaceX et sa nouvelle entreprise de tunnels, Boring Co.

En juillet, le patron de Tesla a tweeté qu’il avait obtenu un accord « verbal » du gouvernement pour son projet de ligne souterraine grande vitesse reliant New-York, Philadelphie, Baltimore et Washington D.C. D’après lui, cette ligne pourrait transporter des passagers de New-York à Washington en une demi-heure. L’entreprise Boring Co. serait chargée de construire ce système de transport d’un centre-ville à un autre, avec des stations « équipées d’au moins une dizaine d’ascenseurs dans chaque ville ».

L’idée initiale d’Elon Musk pour l’Hyperloop remonte à un projet dévoilé en 2013, et même s’il a d’abord dit qu’il laisserait à d’autres le soin de mettre au point ce système, SpaceX a sponsorisé des concours d’ingénieurs l’année dernière pour développer une technologie viable capable de faire basculer ce rêve dans la réalité.