On l’entend toujours plus de jour en jour : le perpétuel flot de nouvelles technologies dans nos vies et l’information que nous consommons tous les jours (ou « déluge de données ») rendent incroyablement difficile de nous « déconnecter » de nos appareils électroniques. 

Cette notion nous est si souvent racontée dans les médias de nos jours que c’est devenu un cliché. Malgré les avantages de la technologie, nous sommes maintenant au courant de l’impact négatif que cela peut avoir sur notre vie — prenons par exemple les réseaux sociaux et leur capacité à nous distraire et nous consommer —, on nous dit comment nous échapper de la réalité et comment nous donner du temps pour nous déconnecter.

Mais que signifie se déconnecter d’un monde dépendant de la technologie ? Cela s’appelle la « désintoxication digitale ». C’est une période durant laquelle une personne s’abstient d’utiliser des appareils électroniques, tels que des smartphones ou ordinateurs, période vue comme une opportunité de réduire le stress ou de se concentrer sur des interactions sociales dans le monde réel.

 
Une question encore plus importante est : pourquoi est-il important pour nous de faire cette désintoxication digitale ? Je suis quelqu’un qui dépend de la technologie pour mon gagne-pain, j’avais hâte d’apprendre pourquoi je devrais retirer ça de ma vie pour un certain moment, et quels bénéfices j’en tirerais (s’il y en a). J’ai donc fait une désintoxication digitale pour la première fois en début d’année — pas seulement pour voir si cela était possible — mais pour voir quels avantages cela aurait. J’ai réservé dans un centre spécialisé dans ce genre d’escapade ; en prenant par la suite ce que j’avais appris et testé dans les différents lieux du monde entier.

Avec cela, voici tout ce que j’ai appris de la désintoxication digitale : comment, où et pourquoi.

Comment partir en désintoxication digitale ?

La chose la plus difficile à propos d’une désintoxication digitale n’est pas nécessairement la désintoxication en soit, mais la planification, et décider comment, où et quand la faire. Il y a des tas de lieux qui sont spécialisés dans ce genre de voyage sans technologie. Alors que vous n’avez pas forcément besoin d’un voyage organisé pour le faire, cela aide à s’assurer que vous vous y tiendrez. Si la désintoxication est arrangée au préalable, que vous êtes mis dans le même bateau que d’autres personnes  vous aurez plus de chance de réussir. 

Donc, le meilleur conseil que je peux vous donner est de ne pas trop planifier. Si vous être frustré de la façon dont vous consommez la technologie, et que vous aimez l’idée de vous en échapper, la meilleure chose à faire une fois votre décision prise est de simplement vous lancer dans le grand bain. Évidemment, il est important de chercher des lieux qui sont spécialisés dans la désintoxication digitale pour votre première fois. Une simple recherche Google suffira. Tout ce dont vous avez besoin est une idée générale du style d’activités que vous aimeriez faire pendant votre séjour (yoga ? méditation ? randonnée ? etc) et où vous aimeriez la faire, ce qui m’amène à la prochaine partie…

Où faire une désintoxication digitale ?

Le meilleur endroit pour faire une désintoxication digitale est dans un lieu qui ne vous est pas familier, un lieu en dehors de votre zone de confort, là où vous ne serez pas susceptible de reprendre vos vieilles habitudes, comme par exemple vérifier votre téléphone et se demander ce que racontent vos amis sur Facebook. Vous pouvez faire une désintoxication digitale n’importe où de nos jours, comme je le disais précédemment, mieux vaut choisir un lieu spécialisé dans ce genre de séjour lorsque c’est la première fois. Lors de votre recherche du lieu, pensez à un endroit que vous avez toujours voulu visiter, mais où vous n’êtes jamais allé. Pas besoin d’aller à l’autre bout du monde, mais cela est important que ça soit un endroit neutre. Cela aide aussi si c’est dans la nature, pour pouvoir explorer. Il sera plus facile de se déconnecter du monde virtuel de cette façon-là.

J’ai fait la désintoxication digitale à Rincon, l’endroit le plus isolé de Puerto Rico  dans un centre de surf et de yoga qui s’appelle Samatahiti, spécialement équipé pour ce genre d’escapades. Dirigé par Renee Fussney, professeur de yoga et coach de surf, Samatahiti était le centre parfait pour moi, car en plus d’être isolé de tout, il fournit aux personnes là pour se désintoxiquer, des aventures mais aussi de la relaxation. Il y a aussi beaucoup de lieux d’explorations, comme des expériences culturelles, de la bonne nourriture, des personnes amicales et accessibles et, par-dessus tout, une belle et fiable météo. Pour moi, un centre qui offre cette gamme d’activités stimulantes est idéal lors d’une désintoxication digitale, car trop de relaxation peut parfois être ennuyeux, d’où l’envie d’utiliser son smartphone.

Comme je l’ai dit précédemment, vous n’avez pas besoin d’aller dans un lieu spécialement conçu pour la désintoxication digitale, mais cela aide  spécialement si vous ne l’avez jamais fait auparavant. Vous aurez un meilleur soutien, et serez guidé par un mentor encourageant et expérimenté qui vous aidera à vous souvenir que les expériences physiques triomphent sur les expériences virtuelles. Une fois que vous apprendrez à vous submerger dans l’inconnu et à oublier vos obligations digitales, il sera plus facile de le faire vous-même et d’organiser vos propres pauses.

Autres lieux où j’ai réussi à intégrer la désintoxication digitale lors de mes voyages et que je recommande : le Myanmar, l’endroit le moins touristique et le moins spirituel que j’ai visité en Asie du Sud Est, le sud de l’Espagne dans des endroits plus reculés en dehors des grandes villes comme Valence, et aussi au parc national du Yosemite en Californie, endroit où vous êtes submergé de beauté naturelle, de paix et de tranquillité. 

Mais la grande question est : pourquoi faire une désintoxication digitale ? 

Pourquoi faire une désintoxication digitale ?

Avant de commencer vos recherches, il est important tout d’abord de connaître les réels bénéfices de la désintoxication digitale. 
L’élément moteur derrière ma décision est venu des réseaux sociaux. J’étais épuisé de me sentir obligé de documenter tout ce que je faisais sur les diverses plateformes de réseaux sociaux, et cela était devenu comme une obligation, une pression que je me mettais, « je dois poster une photo de moi dans ce sublime endroit ! » , et moins comme une envie de vouloir partager mes expériences avec une jolie photo. Je ne savais même pas pourquoi je faisais cela. 

Pourquoi, quand quelque chose de génial se passe dans notre vie, la première chose que nous faisons est de prendre notre téléphone pour capturer le moment ? Beaucoup d’entre nous ne savent même plus pourquoi nous postons nos activités en ligne, et la plupart du temps, nous sommes à la recherche d’une validation à travers les réactions des gens  commentaires ou likes par exemple. C’est un sujet déjà grandement discuté et vu avec la génération Y et la génération Z. Pour ceux pour qui le bonheur se fonde sur le nombre de likes qu’ils reçoivent sur les réseaux sociaux, la vie peut rapidement être inintéressante, à moins que cela soit constamment documenté ou montré au monde virtuel. 

C’est ce que la désintoxication digitale entreprend de résoudre. Que vous vous sentiez perdu dans le déluge de données, ou que vous ne soyez plus vous-même à cause de l’abus de réseaux sociaux — comme toute désintoxication — une pause loin de la vie digitale est le meilleur moyen de cesser cette habitude. Et vous vous retrouverez bientôt à vous demander d’où vous est venue cette envie de poster toutes vos activités en ligne. 

Mais vous savez quoi : cela est bien plus facile que vous ne le pensez.

Ma première expérience de désintoxication digitale

Après avoir atterri à Puerto Rico, j’ai passé quelques jours à San Juan avant d’embarquer pour un tout petit avion vers le centre de Samatahiti à Rincon. J’étais tant submergé par la beauté de la capitale de cette île tropicale que j’ai tout de suite eu envie de poster tout ce que je voyais sur les réseaux sociaux. Je me souviens que ce sentiment était un stress subtil sur mes épaules, semblable au sentiment d’avoir un devoir à rendre que vous n’avez toujours pas commencé à écrire malgré la date butoir imminente.

Je n’avais pas activé les données à l’étranger sur mon portable, donc j’étais plus coupé du monde que d’habitude. Mais c’est en constatant que je ne pourrais pas avoir le Wi-Fi que j’ai réalisé que j’étais plus accro que je ne le pensais. Je cherchais désespérément une connexion internet, que j’ai commencé à chercher des alternatives pour y parvenir. Une pensée m’a traversé l’esprit : « cela en vaut-il la peine de payer une somme exorbitante pour avoir internet ? ». Quelque chose que je n’aurais jamais pris en considération avant. Il est devenu évident que la raison derrière ma visite à Puerto Rico était plus grande que ce que je pensais.

Ce n’est qu’après mon arrivée au centre de Smatahiti à Rincon deux jours plus tard, quand j’ai abandonné mes appareils électroniques, que j’ai commencé à voir combien je comptais sur les réseaux sociaux et la légitimité que cela m’apportait dans ma vie de tous les jours. Mon voyage a duré cinq jours. Je dormais dans une cabane dans la jungle, entouré par la faune et la flore, et mon emploi du temps comprenait un large choix d’activités extérieures spécialement conçues pour les « accros à l’adrénaline », comme par exemple le surf, la randonnée, la spéléologie, mais aussi la méditation et le yoga en bonne mesure. (Pour moi, ce voyage était plutôt une échappée du monde connecté  et je voulais être capable de documenter quelques-unes de mes expériences pour cet article. J’ai donc laissé un appareil photo waterproof au fond de mon sac et me suis promis de seulement le prendre lorsque c’était nécessaire.)

Pendant les deux premiers jours, à chaque fois que je voyais quelque chose de cool, comme un iguane dans les arbres, ou que je mangeais quelque chose qui était beau, comme un gros bol d’Acai congelés, je ressentais le besoin de le prendre en photo et de le poster en ligne pour que tout le monde le voit, mais j’ai dû me résonner. J’étais aussi anxieux de ne pas pouvoir communiquer avec des amis instantanément  juste le fait de savoir que la messagerie instantanée ou envoyer des sms n’étaient pas une option, était étrangement énervant. Je suis rapidement devenu conscient que cette anxiété était déclenchée par ma dépendance à la connectivité et une compulsion de tout partager.

Néanmoins, ma première leçon de surf le deuxième jour était difficile mais vraiment gratifiante. Malgré ma peur de l’océan, cela m’a vraiment aidé à apprécier les joies des expériences physiques. Le sentiment d’accomplissement d’avoir fait quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant a de loin été plus important que mes élans à regarder mon téléphone pour voir ce qu’il se passait sur les réseaux sociaux.
Au milieu de mon séjour, le troisième jour  mon addiction digitale était devenue plus contrôlable. Le besoin de vérifier mon téléphone et sentir s’il était toujours dans mes poches toutes les cinq minutes avaient diminué. En effet, à la fin de la journée, je n’avais pas beaucoup pensé à internet et j’étais heureux, je profitais des expériences dans des lieux frais comme camper sur la plage, se réveiller sur un hamac entre deux palmiers au son des vagues en dessous de moi. Néanmoins, j’étais tout de même un petit peu anxieux de ne pas pouvoir contacter mes amis sur Whatsapp – mais pas au point où ce n’était pas contrôlable.

Au quatrième jour, j’étais beaucoup plus à l’aise sans mon téléphone. Je me fichais pas mal de prendre des photos de tout ce que je voyais, et lorsque je prenais des photos, ma raison était plutôt « oh, ça fera une belle photo », contrairement à « ça attirera du monde sur Instagram ». J’ai pris une deuxième leçon de surf le matin, et – à ma grande surprise – j’ai réussi à me tenir debout sur la planche pendant quelques secondes avant de tomber inévitablement. Mon succès sur les vagues m’a donné une bonne distraction du digital – mais en même temps – une pensée m’est venue, j’ai eu envie écrire un message à mes amis à propos de cela. Toutefois, du yoga et de la méditation au bord de l’eau ce soir-là, m’ont aidé à retourner cette pensée-là d’où elle venait. 

Le dernier jour de ce séjour de yoga et de surf, j’ai fait de la randonnée et j’ai visité Cueva del Viento (cave du vent) dans la forêt de Guajataca, avant de repartir à l’aéroport. Je ne suis pas fan des endroits confinés dans le noir avec des chauves-souris, mais j’étais étonnement relaxé – probablement parce que j’étais maintenant plus connecté à la nature qu’avant. Mon esprit était plus limpide qu’il ne l’a jamais été, et je me suis senti calme. 

Lorsque mon voyage s’est terminé et que j’étais de retour à Puerto Rico (aéroport de San Juan), j’étais conscient que je devrais télécharger quelques-uns de mes exploits de ces cinq derniers jours, ou au moins dire au monde que j’étais de retour en ligne, que j’avais survécu à ma pause à rallonge de tous réseaux sociaux. Mais en même temps, cela m’importait peu. Je me suis senti moins obligé de prendre mon téléphone et j’ai senti qu’il n’y avait aucune urgence concernant mes obligations en ligne. J’ai même perdu de l’intérêt pour les différentes plateformes sociales. Je pense que sortir de ma zone de confort durant ma désintoxication digitale m’a aidé à mieux me connecter avec la nature et les gens, et par conséquent assister à l’affaiblissement de mes liens avec la technologie et le monde digital.

Réserver votre voyage

Maintenant que vous avez une idée de ce à quoi une désintoxication digitale ressemble, il est temps de la faire pour vous. Les Caraïbes étaient un bon choix de lieu pour ma désintoxication digitale, car il y a beaucoup d’activités proposées, toutes m’ayant aidé à me distraire de mon addiction au monde connecté. La météo, la population et la profonde connexion avec la nature l’ont aussi rendue encore plus plaisante, ce qui est très important à prendre en considération. Le lieu de votre désintoxication digitale ne doit pas seulement offrir des expériences uniques, il doit aussi être un endroit que vous apprécierez, là où vous ferez quelque chose dont vous serez satisfait. Vous ne voulez pas de quelque chose qui vous restreint ou qui vous punit, sinon cela ne fonctionnera pas.

Cinq jours, c’est aussi une bonne durée pour une désintoxication digitale, car vous ne vous sentirez pas non plus exclu de la vie de tous les jours pour longtemps. Mais c’est aussi assez long pour que vous puissiez appuyer sur ce « bouton reset » et vous donner une pause du stress de tous les jours et du constant flux de données et d’informations que nous recevons, nous aidant à reconsidérer ce qui compte vraiment dans la vie. Mais rappelez vous, n’importe quel voyage peut être une désintoxication digitale. Éteignez simplement votre téléphone, laissez votre ordinateur portable et votre tablette chez vous et allez expérimenter le monde réel dans toute sa splendeur.