Alors que la grand-messe des télécoms, le Mobile World Congress, bat son plein à Barcelone, la capitale catalane se distingue en ouvrant la première maison close européenne n’employant que des… poupées. Mais déjà, une start-up californienne promet de remplacer ces sex dolls par des robots dotés d’intelligence artificielle.

Second Life, les sex toys connectés, la réalité virtuelle et les robots préparent-ils une révolution des mœurs ? C’est le pari de Lumi Dolls, qui se veut « la première agence de poupées sexuelles », préfigurant l’avenir des maisons closes. S’inspirant de pratiques asiatiques, elle propose quatre modèles de poupées en silicone à la large poitrine et au prix de quelques 5 000 euros pièce. Egalement disponibles en location, ces poupées promettent aux maris un plaisir suffisamment solitaire pour, assure-t-on, leur «éviter d’être infidèles».  

Ces poupées ont beau être, selon Lumi Dolls, « totalement réalistes dans leurs articulations et au toucher», on est encore très loin des robots proches de la conscience humaine de WestWorld, la série de Jonathan Nolan et Lisa Joy. Mais la californienne RealDoll, dont les poupées se seraient vendues à plus de 5000 exemplaires en 20 ans, prépare pour la fin de l’année un robot doté d’intelligence artificielle, baptisé Harmony. «Nos clients pourront parler à leurs poupées et Harmony apprendra au fil du temps et des interactions, créant ainsi une forme alternative de relation» prévoit le PDG de l’entreprise Matt McMullen, qui assure au site Digital Trends que «la portée des conversations possibles avec l’intelligence est très diversifiée, et ne se limite pas au plan sexuel.» Son robot assimilerait plus de 12 traits de personnalité humaine, y compris la bonté, la timidité, la naïveté, l’intelligence, l’esprit et la sensualité.

Ces progrès suffisent à éveiller les fantasmes… des futurologues en mal de popularité. Voyant plus loin que Ray Kurzweil et le transhumanisme, le britannique Ian Pearson soutient que «entre 2050 et 2065, selon leurs ressources, les gens pourront utiliser un androïde comme leur propre corps (…) pour retrouver leur jeunesse ou changer de sexe». Il prévoit l’émergence d’une nouvelle espèce, qu’il baptise «Homo Optimus» à l’usage des lecteurs du Daily Mail et de la presse à sensation.   

Le congrès international Love and Sex With Robots a tenu en décembre dernier sa deuxième édition à l’Université de Londres. La troisième édition se promet, cet automne, de faire rêver tous ceux qui tiennent à se protéger de la réalité et tentent d’oublier leurs corps. Ou le Brexit.