La pandémie du coronavirus représente un défi unique pour les professionnels de la santé. À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement approuvé pour cette maladie, ni aucun vaccin. 

Cette situation met les grandes entreprises pharmaceutiques, les universités et les start-up de biotechnologie dans une position particulièrement difficile. Depuis l’apparition du SRAS en 2003, une autre variété de coronavirus mortel, des recherches sont faites sur les moyens de traiter les maladies pouvant être produites par cette famille de virus. Quand un type de coronavirus est capable d’infecter les humains, le virus attaque le système respiratoire, ce qui peut le rendre particulièrement mortel. 


Il faut généralement 10 à 15 ans pour mettre au point un vaccin. La bonne nouvelle est que les progrès technologiques, tels que la capacité de séquencer rapidement les génomes des virus et de créer des vaccins à partir d’ARN messager, accélèrent le processus de développement. Le développement de nouveaux traitements pharmaceutiques peut également prendre du temps, environ 10 ans, entre la découverte du traitement et sa commercialisation. Mais dans ce cas, la technologie donne un avantage. De nouveaux types de médicaments antiviraux et de traitements d’immunothérapie permettent de traiter un large spectre de maladies. Cela signifie que des médicaments déjà en cours de développement ou traitant déjà des maladies chez les patients pourraient être utiles pour lutter contre le Covid-19, réduisant ainsi le temps nécessaire à la fabrication d’un médicament efficace. 

Voici les dernières informations sur le développement de nouveaux traitements et vaccins pour lutter contre le Covid-19, de la recherche aux tests et à la mise sur le marché.

Gilead Sciences 

Depuis quelques années, la société Gilead, basée à Foster City, en Californie, développe le Remdesivir. C’est un antiviral qui a donné des résultats prometteurs lors d’études en laboratoire et sur des animaux contre le SRAS, le MERS, le virus Ebola et d’autres maladies contagieuses, dont le Covid-19. La société a lancé des essais cliniques aux États-Unis et en Chine pour voir si le médicament peut être efficace contre le nouveau coronavirus. Elle travaille également avec les gouvernements pour fournir le médicament comme traitement d’urgence en l’absence de toutes autres options. 

Statut : essais à grande échelle sur l’homme. 

À noter : une évaluation de l’Organisation mondiale de la Santé de février a décrit le Remdesivir comme le « candidat le plus prometteur » contre le Covid-19.

AbbVie 

AbbVie fabrique la co-formulation lopinavir/ritonavir, qui est utilisée pour traiter le sida. L’entreprise collabore actuellement avec les autorités sanitaires pour savoir s’il est possible d’utiliser cette formule contre le COVID-19, sur la base de rapports non confirmés en Chine, selon lesquels son utilisation était utile pour combattre le virus. La société a fourni le médicament à plusieurs pays, dont la Chine, à titre expérimental.

Statut : collaboration avec les autorités sanitaires telles que le CDC, l’OMS et les National Institutes of Health en ce qui concerne les tests.

Moderna 

La start-up biotechnologique Moderna, basée à Cambridge, a développé un vaccin potentiel ARN contre COVID-19. Le vaccin a été développé en collaboration avec des scientifiques du National Institute of Allergy and Infectious Diseases. Le vaccin fonctionne en amenant le système immunitaire à développer des anticorps contre une « protéine de pointe » présente dans le virus. Un lot de vaccin a été fabriqué et livré au NIAID pour une première série de tests.

Statut : première phase des tests. 

À noter : le vaccin a été développé, fabriqué et envoyé pour être testé 42 jours seulement après la première publication de la séquence d’ADN du coronavirus. 

Johnson & Johnson 

Le géant pharmaceutique, Johnson & Johnson, s’est associé avec la Biomedical Advanced Research and Development Authority, une agence fédérale qui aide à mettre au point des contre-mesures aux menaces biologiques, pour développer des vaccins et des traitements potentiels pour le Covid-19. L’entreprise travaille pour identifier des molécules dans sa bibliothèque, qui pourraient être efficaces contre la maladie. Elle exploite également les technologies qui ont été utilisées pour développer, avec succès, un vaccin contre Ebola, afin de trouver des candidats prometteurs.

Statut : investigation et développement. 

À noter : en plus d’étudier de nouvelles thérapies, Johnson & Johnson a envoyé des lots de son médicament anti-VIH darunavir/cobicistat en Chine pour tester son efficacité contre Covid-19.

Eli Lilly 

La société pharmaceutique Eli Lilly, basée à Indiana, a annoncé qu’elle s’associait avec la société de biotechnologie, AbCellera, basée à Vancouver, pour co-développer des traitements à base d’anticorps contre le Covid-19. Les entreprises ont déjà découvert des « centaines » d’anticorps qui pourraient être efficaces contre la maladie. L’étape suivante est de les sélectionner pour trouver le traitement le plus efficace. 

Statut : sélection des anticorps candidats pour passer à l’étape du test. 

À noter : « En 11 jours, nous avons découvert des centaines d’anticorps contre le virus du SRAS-CoV-2, responsable de l’épidémie actuelle », a déclaré Carl Hansen, PDG d’AbCellera, dans un communiqué. 

Pfizer 

Au début du mois, Pfizer a annoncé qu’elle avait découvert plusieurs molécules antivirales prometteuses qui empêchent le virus du SRAS-CoV-2 de se reproduire dans les cellules en laboratoire. Les candidats sont actuellement examinés afin d’identifier les meilleurs candidats pour passer dans la filière de développement. Le directeur scientifique de la société, Mikael Dolsten, a indiqué que l’entreprise pourrait également envisager d’explorer la combinaison de ces molécules avec des traitements antiviraux développés par d’autres entreprises.

 Statut : début du développement. 

À noter : vendredi, la société a annoncé qu’une partie de son plan de lutte contre le Covid-19 consisterait à partager son expertise avec de plus petites entreprises de biotechnologies et s’est engagée à utiliser sa capacité de production excédentaire pour développer toute thérapie ou vaccin approuvé.

GlaxoSmithKline

GSK a déjà développé une plateforme d’adjuvants pour les pandémies, un système qui aide à améliorer les vaccins en renforçant la réponse immunitaire chez les patients qui en bénéficient. En février, l’entreprise a annoncé sa collaboration avec la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations, afin d’utiliser cette plateforme pour améliorer les vaccins potentiels contre le nouveau coronavirus. Dans le cadre de cette collaboration, elle a signé un accord avec l’Université du Queensland, en Australie, qui développe un vaccin potentiel. GSK s’est également associé à la société pharmaceutique chinoise Clover pour utiliser sa plateforme d’adjuvants avec le candidat vaccin Covid-19 de cette société. 

Statut : les vaccins sont encore en phase de test précoce.

Regeneron Pharmaceuticals 

La société de biotechnologie, basée à New York, étend sa collaboration avec le Department of Health and Human Services, qui a déjà abouti à un traitement potentiel contre Ebola. Dans le cadre de cette collaboration, la société cherche à identifier des thérapies potentielles à base d’anticorps qui pourraient être utiles contre le Covid-19.

Statut : stade précoce. 

À noter : le sarilumab, un traitement de la polyarthrite rhumatoïde que Regeneron a développé avec Sanofi, serait en voie d’être testé comme traitement potentiel pour le Covid-19. 

Inovio Pharmaceuticals 

La société pharmaceutique Inovio Pharmaceuticals, basée en Pennsylvanie, a annoncé qu’elle avait accéléré le développement de son futur vaccin INO-4800. La société a déjà développé un vaccin pour le MERS qui est en phase de test. Elle a également reçu une bourse de 5 millions de dollars pour développer le dispositif électronique qu’elle prévoit d’utiliser pour l’administration du vaccin. Selon un communiqué, le PDG de la société a déclaré qu’il pourrait commencer à tester le vaccin sur des humains en avril. 

Statut : en cours de développement, avec des tests qui vont bientôt commencer. 

Vir Biotechnology

Vir Biotechnology, basée à San Francisco, a annoncé le 12 mars qu’elle allait collaborer avec BioGen pour fabriquer des anticorps susceptibles de traiter le Covid-19. L’entreprise a identifié des anticorps provenant de personnes qui se sont remises du SRAS, et étudie s’ils peuvent être efficaces contre le nouveau coronavirus, car les deux virus sont très similaires. Vir travaille également avec des agences fédérales pour faire progresser ses recherches contre d’autres coronavirus. 

Statut : stade précoce. 

À noter : en février, Vir a annoncé qu’il travaillait également avec la firme pharmaceutique chinoise WuXi Biologics sur cette recherche.

Sanofi 

La société pharmaceutique française Sanofi a annoncé qu’elle collaborait avec BARDA pour accélérer la mise au point d’un vaccin pour lutter contre le Covid-19, en s’appuyant sur la technologie déjà utilisée pour le développement d’un vaccin contre le SRAS. La société affirme qu’elle utilisera sa technologie d’ADN recombinant dans le but de trouver une correspondance génétique exacte avec les protéines de surface du virus.

Statut : le vaccin est en cours de développement. 

À noter : le sarilumab, un traitement de la polyarthrite rhumatoïde que Sanofi a développé avec Regeneron, serait en voie d’être testé comme traitement potentiel de COVID-19.

 

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