Si l’innovation est très présente dans le discours des entreprises et des politiques publiques, les résultats sont encore discrets. 6e puissance économique mondiale, la France reste derrière les autres économies de taille comparable : le Royaume-Uni est 4e et l’Allemagne est 9e selon l’indice international GII pour 2020. Pour y remédier, il faut que tous les acteurs de l’écosystème développent leurs collaborations.

Au delà de la communication et des discours ! 

Alors que la filière industrielle française a des difficultés à peser sur la scène internationale, l’innovation, notamment dans les universités, demeure un concept stratégique, vecteur essentiel de productivité et de croissance économique. Hackathons, soutiens aux start-up, lancement d’applications… l’innovation est trop souvent un objet de communication jusqu’à être parfois vidée de son sens. Pourtant dans un monde complexe où tout s’accélère de manière ultra-violente (crise sanitaire, changement climatique, rupture numérique, inégalités sociales…), il est essentiel d’accompagner les organisations, privées et publiques, dans leur transformation en concevant un futur plus durable et désirable grâce aux innovations techniques mais également technologiques, organisationnelles et sociales développées par les chercheurs tricolores.

L’innovation dépasse les aspects technologiques

L’innovation va bien au-delà de la recherche et développement (R&D) et ne se limite pas aux laboratoires. Comme le souligne l’OCDE, son champ « englobe l’ensemble des utilisateurs, des fournisseurs et des consommateurs – que ce soit dans les administrations publiques, les entreprises ou les organismes à but non lucratif – et elle transcende les frontières entre pays, secteurs et institutions ». Concrètement, l’innovation peut être représentée comme un processus débutant par une idée ou une découverte issue de la recherche fondamentale, qui sera ensuite développée puis testée en vue d’une éventuelle exploitation. Pour incarner cette démarche, notre pays doit construire un écosystème susceptible d’encourager son émergence. Il s’agit donc de rapprocher les entreprises et les chercheurs dans un environnement propice, où ils pourront trouver les soutiens nécessaires à leur réussite, sur les plans administratifs, scientifiques et financiers. Trop souvent, l’investissement autour de l’innovation est perçu uniquement comme un coût, du fait d’une vision de court terme des dépenses de recherche. Il s’agit, au contraire, d’un investissement sur le long terme triplement bénéfique pour les entreprises, l’emploi ainsi que pour le système universitaire.

Booster la coopération

Les facteurs qui contribuent à maintenir la France derrière ses voisins européens sont à rechercher du côté des lourdeurs administratives et des contraintes sociales. Notre système hypercentralisé qui valorise uniquement l’innovation technique nous handicape. L’une des clés pour encourager l’innovation en France réside incontestablement dans l’innovation sociale en favorisant la coopération entre les entreprises, les universités et les centres de recherche. Si certains groupes internationaux, les Gafam en tête, comme Microsoft ou Facebook, ont construit des centres d’innovation et noué des liens avec des établissements d’enseignement supérieur, la grande majorité du tissu économique français reste relativement imperméable aux centres de recherches universitaires. L’immense potentiel que représentent les chercheurs français doit être mieux valorisé en permettant à un maximum d’entreprises de s’y intéresser. Pour soutenir cette coopération croisée, les entreprises doivent s’intéresser non seulement aux résultats des activités de recherche grâce aux sociétés de transfert de technologie mais aussi à l’expertise des chercheurs qui peuvent contribuer à renouveler les organisations de l’intérieur. Pour créer ces nouvelles connexion, de nouveaux acteurs émergent, comme Okay Doc pour accompagner tous les acteurs de l’écosystème à valoriser sous des formats innovants les résultats de recherche. 


Il y a une citation de Antoine Riboud (Fondateur de Danone) que résume bien la feuille de route qui devrait être celle de la France : “L’innovation est une alliance entre recherche, marketing, instinct, imagination, produit et courage industriel”.