Si la révolution numérique est porteuse d’opportunités sociales et professionnelles nouvelles, a contrario elle est un facteur d’inégalités sociales auprès des personnes « en difficulté ». L’ouverture de centres sociaux connectés pilotes de la région Hauts-de-France est un premier pas encourageant pour lutter contre la fracture numérique.

Des mots tels qu’«illectronisme» et « tiers-lieu » que nous entendons depuis peu s’imposent déjà comme des notions-clés de notre quotidien. Pourtant si on assiste aujourd’hui à la dématérialisation du service public, elle va de pair avec un nombre croissant d’« éloignés » du numérique parmi les familles en difficulté, les SDF, les travailleurs pauvres, ou encore les personnes âgées isolées : l’exclusion numérique renforce l’exclusion sociale. Selon les chiffres de l’ESS* le constat est sans appel avec 5 millions de Français qui cumulent fragilité numérique et fragilité sociale et dont 41% des ménages à bas revenus (moins de 1500 euros par mois) s’estiment « déconnectés », et parmi ceux qui n’utilisent pas Internet 78% ont plus de 60 ans… Pour lutter contre la fracture numérique, les quartiers prioritaires de la région Hauts-de-France ont ouvert des centres sociaux pilotes autour d’une nouvelle expérimentation : les Centres Sociaux Connectés. Avec l’aide financière de l’Etat, de la CAF et de la Fédération Nationale des Centres Sociaux, ce projet expérimental d’inclusion numérique sur la métropole lilloise arrive au terme de sa phase expérimentale de 3 ans.

Le rôle des Centres Sociaux Connectés qui était de transformer ce facteur d’exclusion en levier d’insertion s’est organisé autour de ses grands enjeux actuels comme l’e-administration, la montée en compétence des habitants (mais également des professionnels et des bénévoles), le développement durable ou encore la démocratie participative. Une expérimentation qui a rencontré un vrai succès avec plus de 895 personnes (58,5% des femmes et 41,5% d’hommes) qui ont été concernées par l’ensemble des actions menées sur les territoires sur l’année 2018. Si aujourd’hui l’expérience concerne huit centres sociaux (Lille Sud, Faches-Thumesnil, Roubaix et Tourcoing), le projet a pour ambition d’être essaimé dans plus de 60 structures d’ici la fin de l’année 2019 sur l’ensemble de la région Hauts-de-France. L’égalité des chances sera l’un des principaux défis du numérique.

 

 

*L’Economie Sociale et Solidaire 2017