Le nouveau système d’échappement Diesel du géant de l’ingénierie allemande, Bosch, pourrait être la solution miracle dont rêvent les constructeurs automobiles européens depuis que leurs ventes de véhicules Diesel s’effondrent. Cela pourrait également leur permettre de repousser leur transition, souvent très coûteuse, vers la production de véhicules électriques.

Selon un rapport de Fitch Ratings, la nouvelle technologie mise au point par Bosch, qui réduirait, soi-disant, considérablement les émissions d’oxyde d’azote des moteurs Diesel, a le potentiel nécessaire pour inverser la tendance du marché des véhicules Diesel. Mais les grands constructeurs automobiles doivent encore approuver la viabilité de ce système.


Les moteurs Diesel sont subventionnés par les gouvernements européens depuis de nombreux années. En effet, ils ont un rendement plus intéressant que les moteurs essence, ce qui aurait dû aider à lutter contre le réchauffement climatique causé par les émissions de CO2. Or, des organisations environnementales européennes ont récemment révélé que les émissions des voitures Diesel étaient la cause de nombreux décès. Elles demandent donc à ce que l’accès des villes soit interdit à ce genre de véhicules, ainsi que l’abandon des subventions dont bénéficie le gasoil.

Un procès s’est récemment tenu en Allemagne à ce sujet. Le jugement a donné son feu vert pour limiter les véhicules Diesel, et les ventes ont depuis considérablement chuté. L’industrie européenne comptait sur les moteurs Diesel pour répondre à des réglementations plus strictes en matière d’émissions et d’économie de carburants. Si elle n’atteint pas les objectifs fixés, elle fera alors l’objet de pénalités financières importantes.

Mercredi, dans un communiqué, Bosch expliquait que sa nouvelle technologie permettait de diminuer les émissions largement en-dessous de la limite légale qui prendra effet en 2020. Elle pourrait alors permettre aux constructeurs de contourner les interdictions de véhicules Diesel qui menacent de mettre un terme à cette technologie.

Bosch affirme que ce nouveau procédé optimise la gestion des températures d’échappement, réduisant ainsi les émissions d’oxyde d’azote à un dixième de la limite autorisée, et ne nécessite pas d’équipement supplémentaire. Le système permet d’obtenir des émissions stables même à basse température.

« Grâce à cette nouvelle technologie d’échappement, l’interdiction de circulation de certains véhicules dans les plus grandes villes du monde ne sera plus un problème. Pourquoi ? Parce que nous disposons actuellement de la technologie qui nous permettra de résoudre le problème des émissions d’oxyde d’azote », explique Volkmar Denner, le PDG de Bosch, selon Automotive News. Bosch n’a cependant pas indiqué le coût de ce système.

Jeudi, Fitch Ratings assurait que si ce système fonctionnait comme prévu, les constructeurs automobiles pourraient enfin respirer, car ils subiraient moins de pressions pour opérer leur transition vers la production de véhicules électriques.

« Si cette solution est aussi miraculeuse que Bosch le dit, elle pourrait permettre aux constructeurs de glisser plus progressivement vers l’adoption des véhicules électriques. Dans un de nos récents rapports, l’impopularité du Diesel était présentée comme l’un des éléments moteur de la réorientation des constructeurs vers la production de véhicules électriques », rappelle Fitch Ratings dans son rapport.

Selon Fitch, l’annonce de Bosch ralentira la transition vers les véhicules électriques, à condition que la technologie fonctionne et qu’elle soit adoptée par l’industrie.

En Allemagne, le plus gros marché européen, les ventes de Diesel en mars ne représentaient que 30 % du marché, contre 45,1 % en janvier 2017. Ce phénomène est visible dans toute l’Europe. En 2011, 55,7 % des voitures neuves étaient équipées de moteurs Diesel. On estime qu’en 2025, cette part pourrait se situer entre 15 et 25 %.