S’agit-il simplement d’une lassitude vis-à-vis de l’iOS et de l’iPhone, ou est-ce parce que je commence à soupirer après la flexibilité et les fonctionnalités de pointe des derniers portables Samsung et HTC ? Je ne suis pas sûr. Ce dont je suis certain, c’est que le dixième anniversaire de l’iPhone pourrait être pour moi l’occasion de dire au revoir au monde Apple, et de ne pas signer pour dix ans de plus.

Je ne suis d’ailleurs pas le seul : de nombreux détenteurs de l’iPhone ont exprimé une certaine frustration concernant le futur de la marque au-delà de l’iPhone 6S, en même temps que des préoccupations plus générales au sujet des produits Apple.

Je me souviens encore du jour où l’iPhone original est sorti. Au bureau, l’excitation régnait et à l’époque, personne ne savait que les smartphones changeraient tout comme ils l’ont fait, ni que l’iPhone deviendrait le succès tonitruant qu’il est depuis lors. Comme beaucoup d’autres, je pense que cela est dû au bruit habituel qui entoure les sorties Apple – une chose qui existait avant l’iPhone et qui, bien sûr, existe toujours aujourd’hui. Bien que j’aie en horreur cette tendance des fans d’Apple, je ne peux nier qu’à partir du 3GS, j’ai été moi aussi un grand fan.

Avant cela, j’ai utilisé les modèles de type Nokia Sat Nav puis, après un certain temps, je suis passé à l’abjection qu’était Windows Mobile sur un gargantuesque HTC tyTN II. Il m’a fallu du temps avant de rejoindre le club iPhone : j’avais beaucoup de mal à croire qu’un smartphone fonctionnant principalement par son écran tactile ne me mettrait pas hors de moi.

La suite est de l’histoire avec un grand H à présent, et la plupart d’entre nous considère n’importe quel smartphone présentant plus d’un ou deux boutons de navigation avec une certaine suspicion, tant le succès d’Apple est grand. L’OS Android moderne est, en terme d’apparence et de ressenti, sans aucun doute lié à l’iOS mais à la manière d’un produit dérivé, comme les nombreuses actions en justice entre Apple et d’autres marques de smartphone en attestent.

Je ne suis tout de même pas l’utilisateur classique d’iPhone. J’ai pratiqué de manière insatiable le débridage (jailbreaking) d’iOS (utilisant un outil permettant aux applications autres que celles d’Apple et aux fignolages d’OS d’être installés, améliorant grandement, selon moi, l’expérience iOS), car il m’apparaissait que beaucoup de caractéristiques y manquaient.

Le centre de contrôle en est une – une fonctionnalité ayant été introduite assez récemment dans l’histoire de l’iPhone, mais qui existait déjà dans le monde du jailbreaking ainsi que chez Android, pendant une durée presque égale à l’existence de l’iPhone. Ce n’est qu’avec l’iOS 11 que nous pourrons personnaliser le centre de contrôle, alors que les versions débridées pouvaient faire cela dès le début.

Il existe un grand nombre d’autres caractéristiques qu’Apple a copiées de la scène du jailbreaking, mais pour une raison ou une autre, bien que connaissant l’existence de ces caractéristiques, et sachant qu’elles sont des éléments qui, de toute évidence devraient être implémentés dans l’iOS standard, Apple a tout de même été incroyablement lent à se mettre à la page sur ce point.

Il en a été de même pour beaucoup de caractéristiques matérielles. Apple continue à proposer une excellente caméra et qualité vidéo, mais même des caractéristiques telles que la vidéo 4K étaient disponibles sur d’autres appareils bien avant qu’elles apparaissent sur l’iPhone. Je suis également un grand fan du rechargement sans fil, et j’ai justement opté pour une coque de rechargement sans fil pour mon iPhone 6 : je l’utilise chaque jour, à mon bureau, dans ma voiture, et l’adore absolument.

Le fait que ce ne soit que maintenant, avec l’arrivée imminente de l’iPhone 8, que nous entendons finalement parler d’un rechargement sans fil, me donne le sentiment d’avoir été négligé par Apple, principalement du fait de son obsession aveugle pour la fabrication de téléphones toujours plus fins.

Mon dernier point formule une autre plainte au sujet de l’iPhone : elle concerne la longévité de la batterie. Celle-ci a constamment été en-deça de mes besoins, à tel point que je garde constamment mon iPhone 6 dans sa coque de rechargement. Cela n’est même pas dû à l’âge de la batterie – je l’ai déjà remplacée deux fois – puisque chaque modèle iPhone que j’ai eu a été insatisfaisant sur ce point. Une fois de plus, l’iPhone 8 semble construit pour une batterie considérablement plus large, mais pour moi cela semble trop peu, trop tard, notamment au vu des batteries plus larges, plus rapidement rechargeables et souvent facilement remplaçables que l’on trouve dans d’autres smartphones.

Ainsi, une longévité de la batterie insuffisante, un manque de fonctionnalités comme le rechargement sans fil et une lente implémentation de caractéristiques pourtant utiles ne sont là que quelques-unes des raisons qui me poussent vers Android. Mon intérêt à prendre la sortie provient également du fait que, bien que m’étant régulièrement mis à jour en m’équipant d’à peu près une version sur deux de l’iPhone, j’ai décidé de ne pas en faire autant avec l’iPhone 7 : j’utilise toujours le 6.

L’absence de prise casque et le fait que l’on ne peut recharger le portable tout en écoutant de la musique avec un casque par le biais du port Lightning a été un tue-l’amour pour moi, tout comme le besoin insatisfait de pouvoir utiliser des écouteurs Bluetooth. Je suis déjà tombé sur des écouteurs Apple Airpod traînant dans le wagon d’un train : plus d’une fois, j’ai constaté que leur batterie était à plat. Je ne me vois pas non plus utiliser un seul des adaptateurs hideux.

En conséquence, à moins qu’on ne nous propose quelque brillant stratagème concernant le rechargement sans fil de l’iPhone, et que certaines des lacunes abordées plus haut ne soient résolues, ou encore que le nouveau modèle attendu pour septembre offre d’autres fonctionnalités épatantes, il se peut bien que je contemple le paysage Android cet automne et finisse donc par ne pas me pâmer devant l’iPhone 8.