Le leader nord-coréen Kim Jong-un a déclaré qu’un « incident grave » pourrait menacer les « efforts de lutte contre la pandémie » de son pays, ont rapporté les médias d’État du pays, faisant allusion à une possible épidémie de Covid-19 dans l’un des pays les plus secrets et les plus fermés du monde.

 

Faits marquants

  • Selon l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, Kim Jong-un a présidé mardi une réunion du Parti des travailleurs au pouvoir, au cours de laquelle il a accusé les hauts fonctionnaires de négliger leurs devoirs dans la mise en œuvre des mesures nécessaires pour lutter contre la pandémie.
  • Le leader nord-coréen a ensuite noté que la négligence des responsables a provoqué un « incident grave qui engendre une crise énorme pour la sécurité de la nation et de son peuple », ajoute le rapport, qui attribue les citations du leader à l’Agence centrale de presse nord-coréenne (KNCA), contrôlée par l’État.
  • La KNCA n’a pas précisé en quoi consistait ce « grave incident », mais Bloomberg note que le rapport évoque probablement une sorte de défaillance de la quarantaine.
  • Exprimant sa colère face à l’incapacité et à l’irresponsabilité chroniques des hauts fonctionnaires, Kim Jong-un aurait appelé à une lutte à l’échelle du parti contre « les défauts idéologiques et toutes sortes de facteurs négatifs ».

 

Tangente

La Corée du Nord affirme n’avoir aucun cas de Covid-19, mais cette affirmation a été mise en doute par des responsables américains et japonais. Malgré cela, le pays a entrepris des contrôles stricts aux frontières et d’autres mesures de quarantaine qui ont aggravé les problèmes économiques du pays. En 2020, l’économie du pays a diminué d’environ 8,5 % – sa pire contraction depuis vingt ans – et l’on s’attend à peine à ce qu’elle progresse cette année. La crainte d’un virus a contraint la Corée du Nord à fermer ses frontières avec son principal partenaire commercial, la Chine, aggravant encore la situation.

 

Contexte

Le pays a récemment appelé à une « vigilance maximale » à l’égard de la Covid-19 dans un contexte d’inquiétude mondiale quant à la propagation du variant Delta, plus infectieux. La pandémie représente un risque considérable pour les infrastructures de santé publique du pays, qui sont vétustes et dont les experts craignent qu’elles ne soient facilement dépassées par une épidémie majeure. Par crainte du virus, le régime de Kim Jong-un a adopté plusieurs mesures extrêmes, dont le confinement de la ville frontalière de Kaesong, par peur qu’un transfuge sud-coréen ne soit porteur du virus. Des soldats nord-coréens ont également abattu et brûlé un fonctionnaire sud-coréen en mer, craignant qu’il ne soit porteur du virus. Le journaliste Chad O’Carroll, qui couvre la Corée du Nord, a suggéré que le « grave incident » évoqué par le dictateur nord-coréen pourrait indiquer que de hauts responsables ont fermé les yeux sur certaines activités frontalières illégales comme la contrebande ou le commerce. Cela pourrait avoir entraîné une exposition à la Covid-19.

 

À surveiller

Selon Bloomberg, la Corée du Nord n’a encore reçu aucune dose de vaccin Covid-19 dans le cadre du programme Covax de l’OMS. Le Royaume ermite était censé recevoir environ 1,7 million de doses du vaccin d’AstraZeneca à la fin du mois de mai, mais les livraisons ont été retardées car le régime du pays n’était pas disposé à accepter la surveillance du déploiement du vaccin. Le mois dernier, le journal d’État Rodong Sinmun a exprimé des doutes quant à l’efficacité des vaccins dans le contrôle de la pandémie et a noté que « la situation dans de nombreux pays prouve clairement que les vaccins sont efficaces mais ne sont pas une panacée ».

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Siladitya Ray

 

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