CLIMAT | Selon les conclusions annuelles publiées par le service Copernicus concernant le changement climatique (C3S), les sept dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées sur Terre. Ces dernières données soulignent l’urgence d’agir en faveur du climat, quelques mois après que la COP26 n’ait pas tenu ses promesses en matière de lutte contre la crise climatique.


 

Le C3S a constaté que les niveaux de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane, deux gaz à effet de serre (GES) qui sont les « principaux moteurs » du changement climatique, « continuent d’augmenter d’année en année et sans signe de ralentissement », selon Vincent-Henri Peuch, directeur du Service Copernicus de surveillance de l’atmosphère.

Plus précisément, les concentrations de méthane ont augmenté « très nettement », selon un communiqué de presse du C3S annonçant les résultats de l’étude. Cette augmentation est un signe inquiétant, car le méthane est bien plus toxique que le CO2, même s’il ne reste pas aussi longtemps dans l’atmosphère.

Sur les sept dernières années, l’année 2021 était la cinquième plus chaude, suivie de près par les années 2015 et 2018. Il s’agit là d’un « rappel de l’augmentation continue des températures mondiales et de la nécessité urgente d’agir », indique Mauro Facchini, chef du programme Copernicus à la direction générale de l’industrie de la défense et de l’espace (DG DEFIS) de la Commission européenne.

En 2021, l’Europe a connu l’été le plus chaud jamais enregistré. La saison estivale a été marquée par un certain nombre de phénomènes météorologiques extrêmes, notamment une vague de chaleur en Méditerranée et des inondations meurtrières en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas.

Le C3S a également signalé de « grandes anomalies de température » en Amérique du Nord, notamment le dévastateur Dixie Fire, le deuxième plus grand incendie de forêt de l’histoire de la Californie, qui a réduit la qualité de l’air « sur tout le continent ».

Par rapport aux niveaux préindustriels, la température moyenne en 2021 a augmenté de près de 1,2 °C.

L’augmentation continue des niveaux de CO2 et de méthane est particulièrement inquiétante, car le CO2 est de loin le principal responsable du changement climatique. Cependant, le méthane, bien qu’il reste moins longtemps dans l’atmosphère, piège la chaleur au moins 80 fois plus efficacement que le CO2. Selon Vox, le méthane « pourrait faire la différence entre une planète qui se réchauffe rapidement et qui change trop vite et trop radicalement pour que l’humanité puisse y faire face, et le gain de temps dont la planète a besoin pour s’attaquer au problème à long terme des combustibles fossiles et de la pollution par le carbone. »

Les conclusions du C3S interviennent près de deux mois après la clôture de la COP26 de Glasgow. La conférence était considérée comme le dernier espoir pour sauver le climat. Cependant, le Programme des Nations Unies pour l’environnement s’est fait l’écho de la déception de nombreux défenseurs du climat, décrivant la COP26 comme un échec après que les États aient opté pour « un accord de compromis. » Le texte final adopté est moins contraignant : les « efforts internationaux pour réduire progressivement l’utilisation du charbon » remplacent la nécessité de « supprimer progressivement » l’utilisation du charbon, la plus grande source d’émissions de GES.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Téa Kvetenadze

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