Ancien chercheur, proclamé inventeur du Web dans les années 1990, Tim Berners-Lee veut mobiliser contre les fake news et en faveur de l’accès universel à Internet. La France et les principales plates-formes s’associent à l’initiative.

Lisbonne. Dans son discours inaugural pour le 8ème Web Summit à Lisbonne, Tim Berners-Lee devait présenter ce soir un Contrat pour Internet. Parmi les principaux soutiens annoncés, Google et Facebook, mais aussi la France, présentée comme le premier pays à adopter l’initiative.


Le but est de réunir les bonnes volontés afin de défendre le droit universel à l’accès au réseau, mais aussi de combattre la censure aussi bien que les dérives qui ont émergé ces dernières années.

Alors que le point médian, où la moitié de la population mondiale se connecte à Internet, devrait être atteint l’an prochain, le taux d’adoption ralentit et pourrait descendre en-dessous des 100 millions de nouveaux utilisateurs chaque année. Pour être statistiquement normal, ce phénomène ne menace pas moins d’exclure du numérique un homme sur deux (un homme qui sera sans doute, et malheureusement, souvent une femme). Le Contrat prévoit donc que les pays s’engagent à assurer le droit de chacun à accéder à Internet – reconnu en 2015 comme un droit fondamental par les Nations-Unies. Pour leur part, les opérateurs privés devront proposer cet accès à un prix contenu, que chacun pourra se permettre.

Quant aux « fake news » et autres dérives, le Contrat demande à ce que gouvernements et sociétés technologiques s’engagent à respecter la vie privée des internautes. Le projet fait appel aux citoyens pour qu’ils « construisent des communautés fortes, qui respectent la dignité humaine » – un vœu pieux, sans doute, face à la déferlante des manipulations et des populismes, mais qui se veut un point de départ dans la mobilisation des opinions.

L’écriture précise du contrat fera l’objet de négociations entre toutes les parties qui se joindront à l’initiative dans les semaines qui viennent. Le projet devait être présenté demain au secrétaire général de l’ONU, dans le cadre du Web Summit mais le processus devrait être géré par la World Wide Web Foundation, créée en 2009 par Tim Berners-Lee. « Le comité de pilotage doit être ouvert : aucun gouvernement, aucun peuple, aucune entreprise ne peut réussir sans le Web » explique Nenna Nwakanma, l’une des porte-parole de la fondation.

En septembre, Tim Berners-Lee a également lancé une start-up, Inrupt, qui se propose rien moins que de reconstruire le Web en mettant au centre le propriétaire des données, individu ou entreprise. Quand on a inventé le Web dans vie, l’envie peut vous prendre de recommencer.