Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission Européenne, soutient une proposition française de création d’une banque européenne d’investissement exclusivement dédiée à la lutte contre le réchauffement climatique.

Ursula von der Leyen, à la tête de l’éxécutif européen a fait savoir lors d’une session parlementaire la semaine dernière à Renew Europe, groupe de centristes et de Libéraux proche d’Emmanuel Macron, qu’elle soutenait l’initiative de création d’une banque du climat et était prête à envisager de changer la mission de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) déjà existante.

 « Si nous abordons en priorité des sujets tels que le financement vert, les obligations vertes, si nous investissons massivement dans la recherche et les technologies associées, si nous en sommes les chefs de file, si nous transformons notre Banque Européenne d’Investissement en une banque européenne du climat, une banque verte, nous ferons alors figure d’exemple dans le monde entier, » a-t-elle déclaré.

Il n’est pas évident de savoir si von der Leyen suggérait de changer complètement les attributions de la banque, ou bien de lui donner un axe plus « vert ». La BEI a déjà pour mission de consacrer un certain montant de ses prêts à des investissements liés au climat, et elle est en effet le premier bailleur de fonds de l’Europe en ce qui concerne l’énergie renouvelable.

Les dirigeants de l’Union Européenne débattent actuellement de la nécessité de fixer un objectif d’émissions nettes nulles au bloc européen d’ici 2050, comme proposé par la Commission Européenne l’année dernière.

Emmanuel Macron avait déclaré durant la campagne pour les élections européennes de mai dernier que, pour que l’UE respecte les engagements pris lors des Accords de Paris en termes de réduction des émissions, elle devra mettre en place une « Banque Européenne du Climat » qui investirait uniquement dans des projets dédiés à la lutte contre le réchauffement climatique ou à l’adaptation à ses effets.

Von der Leyen se trouve à présent dans le combat de sa vie, après avoir été nommée lors d’une décision controversée du Conseil Européen des 28 premiers ministres et chefs de gouvernement il y a deux semaines. Les députés européens sont furieux que les leaders nationaux aient ignoré le système de « Spitzenkandidat » dans la sélection présidentielle, dans lequel chaque groupe politique met en avant un candidat à la présidence en amont des élections de mai.

Ce système, utilisé pour la première fois lors des dernières élections de 2014 et conçu pour renforcer la démocratie au sein de l’Union Européenne, a été rejeté par les gouvernements nationaux qui ne veulent pas perdre leur pouvoir de désigner le Président de la Commission par eux-mêmes. Von der Leyen, la ministre allemande de la défense, n’était pas candidate à l’élection et est apparue comme un compromis après 32 heures de négociations litigieuses à Bruxelles.

Les membres centre-gauche du groupe Socialistes & Démocrates au Parlement sont particulièrement mécontents, après ne s’être vu attribuer aucun « poste de haut niveau » dans le groupe de nominations annoncé le 2 juillet. La confirmation de von der Leyen semble incertaine tant que les députés S&D ne lui ont pas encore offert leur soutien.

Dans un effort de rallier les Libéraux et les Socialistes, von der Leyen a fait un certain nombre de promesses au sujet du changement climatique et des questions environnementales. Toutefois, ces promesses n’étaient pas suffisantes pour convaincre les Verts et les groupes d’extrême-gauche de la GUE (Gauche Unitaire Européenne), ces derniers ayant annoncé la semaine dernière qu’ils voteraient contre elle. Ils ont par ailleurs affirmé que ses promesses étaient trop vagues. Les Verts Européens avaient remporté un grand succès lors des élections de mai dernier et constituent désormais le quatrième groupe au Parlement.

Von der Leyen a déclaré aux députés européens de Renew Europe qu’elle « adhère pleinement » à la proposition de la Commission concernant les émissions nettes nulles à l’horizon 2050. « Je souhaite que l’Europe soit le premier continent à avoir un effet neutre sur le climat, et pour cela nous devrons être plus ambitieux dans nos objectifs climatiques pour 2030, » a-t-elle ajouté.